INSECTES
Mille-pieds^ Arachnides et Phytereides, — 11 existe au Cambodge des mille-pieds de différentes grosseurs et la plupart très venimeux.
Le khia-tomrey (scorpion éléphant) est un grand scorpion noir qui se tient dans les champs.
Les khtuoi est un petit scorpion qui habite les maisons
Une énorme araignée dont on mange les œufs et quelquefois la bête elle-même.
Différentes autres espèces d'araignées et notamment le teliphone à
queue, qui est une araignée absolument noire exhalant une odeur désagréable.
Plusieurs espèces de mygales, dont une de grande taille à morsure dangereuse.
Enfin, un scolopendre gigantea,
Nérroptêres. — Le kanlom-merui est un libellule ; le aumal est une grosse espèce de guêpe ; le chke nheang est une autre espèce de guêpe.
Hyménoptères. — On compte en Indo-Chine une foule d'espèces de fourmis. La plus connue, et celle que Ton redoute le plus, est le termite, ou fourmi blanche, qui vit en sociétés innombrables. Le corps de ces insectes est diaphane et très mou; mais son museau est armé de mandibules puissantes à Faide desquelles ils percent rapidement les bois d'essences molles, les livres, les étoffes ...
Les abeilles sont plus petites que celles d'Europe ; elles étabhssent leurs rayons dans des troncs d'arbre creux. — Il y a une fourmi rouge énorme qui est considérée parles indigènes comme utile à la conservation des orangers» parce que^ sans doute, elle se nourrit d'insectes nuisibles à cette plante.
Coléoptères^ — Sans entreprendre une étude approfondie des coléoptères découverts jusqu'à ce jour dans le sud de Tlndo-Chine, nous nous étendrons cependant un peu plus longuement sur cet ordre si important, car c'est assurément celui qui renferme le plus de sujets curieux et intéressants.
Disons d'abord que c'est principalement sous la forme de larves que les coléoptères font le plus de tort à l'agriculture et à l'industrie. Le temps que les larves des coléoptères mettent à croître depuis leur sortie de l'œuf jusqu*à leur transformation en nymphe est plus ou moins long suivant le genre de leur nourriture. On a remarqué que celles qui se nourrissent de feuilles atteignent toute leur taille au bout d'un mois ou six semaines, tandis que celles qui vivent de racines^ ou dans l'intérieur du tronc des arbres, n'y arrivent qu'au bout d'un ou deux ans. Une haute température est favorable à leur croissance. Ces nymphes sont privées de mouvement et ne prennent aucune nourriture chez la plupart des insectes : c'est un moment de torpeur et d'engourdissement pendant lequel il se passe des phénomènes physiologiques très remarquables, et qui sert de passage de l'état de larve à celui d'insecte parfait.
Certains coéloptères sont aquatiques et \iveut dans les eaux dor-
mantes; les autres^ en bien plus grand nombre, sont terrestres et ont des habitudes très variées . Les uns sont diurnes et les autres nocturnes. 11 est à remarquer qu'on ne trouve aucun insecte venimeux parmi les coléoptères, pas un n'est armé d'aiguillons pour blesser, comme on le voit chez beaucoup d'hyménoptères.
Les carabiques, la première des grandes familles de coléoptères, se partagent en deux grandes tribus : la tribu des cicindeletes et celle des carabiques proprement dits. Celte famille, composée en grande partie de carnassiers, qui ne se nourrissent que d'insectes vivants, possède en Indo-Chine des sujets remarquables et des genres qui sont propres au pays.
Dans les cicindeletles, nous trouvons les genres coUyris, tricondyla et thérates, dont toutes les espèces appartiennent à la faune de l'Asie orientale et de la Malaisie. Les espèces propres au Cambodge sont dans les coUyris: ainsi, la collyris imprestfrons, la c. fasciata, la c. mouhotia, trouvée parMouhot dans le Laos.
Dans les tricondylas, la tricondyla gibba.
Dans les thérates, la thérate schaumi.
Dans le genre cicindele proprement dit, l'Indo-Chine a quelques espèces remarquables, telles que la cicindeladuponté, qui est une belle variété de lacicindela aurulenta que l'on trouve en Chine et dans l'Inde anglaise ; la cicindela lineifrons et cicindela flavonieata^ toutes deux propres au Cambodge.
Parmi les carabiques innombrables qui peuplent partout la surface de la terre, l'Indo-Cbine, et les îles qui en sont voisines, possèdent certainement les espèces les plus curieuses que l'on connaisse. Parmi ceux-ci, il faut citer le genre Mormolyce, dont trois espèces seulement ont été découvertes jusqu^à ce jour : la mormolyce castelnandi, originaire desMalouines; la mormolyce phyllodes, de Java, et la mormolyce hagenbachi, de Sumatra. Ces insectes, les plus extraordinaires de leur ordre, tant par leur taille que par la structure des élytres qui sont très élargies, aplanies et réticulées, ressemblent à de larges feuilles sèches aussi bien par la couleur que par la forme.
L'autre genre de carabique, qui ne possède qu'une espèce, comme la mouhotia gloriosa, est bien remarquable par sa taille et surtout par sa beauté. Ce bel insecte ne s'écarte pourtant pas, pair la forme, de beaucoup d'autres espèces de genres très voisins . Il a été découvert par le naturaliste Mouhot dans le Laos. Deux fois plus grand par la taille que
toutes les espèces connues de carabiques, dans les mêmes genres, la mouliotia se distingue par ses larges bandes d'or rouge et de feu qui entourent ses élytres et son corselet, tous deux d'un beau noir d'ébène.
La famille la plus importante parmi les autres carnassiers, faisant suite auxcarabiques, est la famille des hydrocantliares, divisés en dytiscides, hydrophilides et gyrinides. Ces insectes, comme leur nom l'indique, vivent dans l'eau, surtout dans les eaux douces et tranquilles. Ils nagent avec autant de vitesse que de facilité et volent très bien au besoin. C'est ordinairement à l'approche delà nuit qu'ils sortent de l'eau pour se transporter, à l'aide de leurs ailes, d'un marais ou d'un étang à un autre.
Les principales espèces de dytiscides propres à l'Indo-Chine sont : le cybîster duoanceli; le cybister bengalensis, que l'on trouve aussi dans l'Inde anglaise; le trogus tripuvetalus, qui est une espèce très répandue dans le pays.
Je passe sous silence beaucoup de petites familles peu intéressantes pour les personnes qui ne s'occupent pas spécialement d'entomologie. Ces familles ne renferment que de petites espèces peu marquantes et peu variées de formes, et j'arrive à la belle famille des lucanides, appelés vulgairement cerfs-volants. Les mâles ofTrent des développements de cornes de toute beauté. Les espèces propres à l'Indo-Chine sont : leprosopocœlus approximatus, l'odontolabis mouhoti, trouvé par Mouhot dans le Cambodge, l'odontolabis cuvera, Theterocthes brachypterus, TaBgus chelifer et le figulus cambodgiensis.
Quelques mots maintenant sur la famille des scarabéides. Les scarabéides ont tous, comme les lucanides, avec lesquels ils forment la grande famille des lamellicornes^ des antennes terminées en massue feuilletée et plicatile dans la plupart, composée dansles autres d'articles emboilés, soit en forme de cône renversé, soit presque globuleux. Ils se divisent en grandes sections, et la première que l'on trouve est celle des coprophages. Ainsi que l'indique leur nom, ces insectes se nourrissent de matières excrémentielles et on les trouve principalement dans la bouse des animaux herbivores. C'est également dans ces excréments qu'ils déposent leurs œufs. L'insecte roule ses œufs dans une boule de bouse jusqu'à ce que celle-ci ait acquis une certaine consistance, alors il la pousse jusqu'au Mrou qu'il a creusé avec ses pattes antérieures; elle sert à la fois d'habitation et de nourriture aux larves qui naissent des œufs qu'elle renferme.
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Le genre heliocopris, remarquable par ses insectes de grande taille, est représenté en Asie orientale par quelques sujets très intéressants. L'espèce la plus répandue est rheliocopris bucephalus; les autres sont rheliocopris midos, variété de celui qu'on trouve en Cafrerie, en Egypte, en Arabie... et rheliocopris-mac-leagi, espèce très rare et propre aux Indes-Orientales.
Le genre catharsius, très répandu en Afrique, a quelquesbelles espèces en Indo-Chine : ce sont les catharsius molossus, que Ton retrouve en Chine et dans Flndoustan, le catharsius sabacus et le catharsius capucinus.
Le genre copris a une espèce propre à Tlndo-Chine, c'est le copris diadema.
Le genre onthophagus, très nombreux en espèces remarquables par leurs armures et leurs grandes cornes, quoique de petite taille relativement, possède en Indo-Chine de belles petites espèces, ainsi: Fonthophagus sagittorius, Tonthophagus senlculus, Tonthophagus angulatus, Tonthophagus bifasciatus, Tonthophagus dama, Tonthophagus quadricornis ..
Les genres aphodius et onilicellus ont quelques espèces propres à la faune asiatique, mais elles n'offrent rien de bien remarquable.
L'autre section des scarabéides, possédant des sujets en Asie orientale, est la section des melolonlhides. Ces insectes, dont le hanneton de France est un type connu de tout le monde, se multiplient en Indo-Chine d'une manière funeste pour les jardins. Les larves vivent en terre et y passent plusieurs années avant de se transformer; elles sont redoutées pour les dégâts qu'elles causent aux plantes, qu'elles coupent par la racine avec leurs fortes mandibules.
Le premier beau genre de melolonthides, propre à l'Asie orientale, est le genre lepidiota, dont les espèces bimaculata, stigma, crenulata, mansueta et pruinosa, sont les plus remarquables.
Legenrecyphochiluspossèdele cyphochilus tricolor. Le genre leucophohs possède les espèces cretacea et nummicudens, qui sont également propres àl'lndo-Chine.
Dans le genre lachnosterna, renfermant surtout des espèces américaines, on peut citer pourtant de belles espèces asiatiques parmi lesquelles on remarque les lachnosterna impressa, longipennis et serrata.
Le genre melolontha proprement dit a quelques espèces asiatiques, dont la principale est la serrulata.
Arrive maintenant le beau genre euchirus, dont on ne connatt actuellement que cinq espèces. On n'en a pas encore trouvé en Indo-Chine, mais il est à peu près certain, d'après le cercle habité parles espèces connues (Turquie-d'Asie, Chine, les Philippines), que l'Indo-Chine doit avoir également son euchirus.
La section suivante comprend les rutelides, ou scarabéides, dont les élytres offrent généralement un reflet métallique. Le genre anomala a quelques espèces de Cochinchine : l'anomala-cupripes en est la plus remarquable, avec une nouvelle espèce très voisine delà veridisde Chine, mais différente cependant. Cette espèce, qui n'est pas encore décrite, est d'un beau vert olive à l'éclat métallique.
Le genre mimela possède aussi quelques sujets propres à l'indo- Chine, tels sont : le mimela chrysoprasa etle mimela princeps.
Dans les papilia, les espèces connues de l'Indo-Chine sont propres à toute FAsie orientale et se retrouvent dans Tlndoustan et dans quelques lies de la Sonde.
La section des dynastides comprend tous les scarabéides xylophiles, qui vivent dans le tan et dans les bois morts. Presque tous sont très gros et offrent chez les mâles des armatures remarquables comme grandeur et comme variété de structure. Le oryctes rhinocéros, que l'on retrouve dansl'lndoustan, est le plus répandu et le plus vulgaire des dynastides.
Le genre trichogomphus offre deux belles espèces de l'Indo-Chine : le trichogomphus bronchus etle trichogomphus martabani.
Le stypotrupes ayax est une jolie petite espèce aussi très répandue en Indo-Chine.
Le chalcosoma atlas est, sans contredit, le plus beau dynastide que l'on trouve en Asie orientale, et chaque localité a sa variété qui lui est propre ; celle de l'Indo-Chine a des cornes moins élargies et moins arrondies.
L'acidosoma siamensis n'a encore été trouvée qu'en Indo-Chine.
La dernière section des scarabéides est celle des cetouides. Ce groupe renferme une quantité de beaux et jolis insectes vivant tous sur les fleurs et les plantes et présentant, pour la plupart, les couleurs les plus vives et les plus variées*
La coryphocera lacla est la plus répandue de Tlnde et sa variété ratidissiina est propre ùrindo-Chine.
Les coryphocera malayana, nutrata et nigrotestacéa viennent du Cambodge.
Le genre clinteria renferme quelques sujets de Tlnde et la clinteria malayensis se trouve en Indo-Chine.
Le beau genre lomaptera nous donne les lomaptera agni, cambodiensis^ pulla, comme appartenant au Cambodge .
Dans le genre macronoia, qui ne le cède en rien comme beauté au genre lomaptera, je trouve, comme venant du Cambodge, les macronata-aunac-antemata, corticalis, moulioti et variegata.
Le genre glycyphana possède les glycyphana-aspera, cineta, modesta, penanga et raya.
Dans le genre celonia proprement dit, il y a encore quelques espèces de rinde et la cetonia crossipes est la plus connue de Tlndo-Chine.
Toutes ces belles cétoines, appartenant au groupe que je viens d'indiquer, ont presque toutes été découvertes et décrites par le célèbre voyageur naturaliste Wallon lorsqu'il fit son voyage dans Tlndo-Chine et surtout dans le Cambodge.
J'ai fini de parler de la famille des scarabéides et je vais maintenant dire quelques mots des buprestides, c'est-à-dire des coléoptères de la famille des sternoxes, remarquables, pour la plupart, par l'éclat de leur couleur métallique. C'est, sans contredit, l'Inde qui fournit les plus beaux buprestides connus et je vais parcourir rapidement les beaux genres, en ne citant que les espèces propres à Tlndo-Chine.
Le genre sternocera nous donne de belles espèces acquisignata; tous sont d'un vert émeraude à l'éclat métallique, ou couleur d'azur se détachant sur un fond d'or.
Le genre catoxantha possède une belle variété de catox bicolor ; cette variété/ d'un beau violet foncé, est remarquable par l'uniformité de sa couleur.
Le catox purpurea est aussi une espèce très belle, au corselet d'un rouge feu très éclatant et aux élytres d'un beau violet.
Le catox mouhotii vient du Laos et se rapproche du bicolor comme couleur et comme taches.
Le beau genre chrysochroa renferme les plus beaux sujets de la famille des buprestides et Tlndo-Chine en possède de remarquables parmi lesquels je citerai le rugicoUis, le murszechii. le saundertii et le similis.
Dans le genre irîdotœnia, je trouve les iridotœnia sumptuosa, igniceps, mirabilis et obscura.
Le genre psiloptera^ qui est surtout abondant en Amérique et en
Afrique, poss^lle quelques belles espèces en Indo-Chine; ce sont les psiloptera aflinis et vîniiicuprea.
Le oanliaspis uiouhotii vient du Laos.
Dans le genre l»eliomota, il y a de belles espèces à citer. Ce sont : les beliomota gigaulea. prasina et fallaciosa.
In joli genre, dont les espèces sont de petite taille, est le genre chrysobollu'is. Les espèces propres ùrindo-Chine sont : les chr^sob. longula, oyanesiens, disceJens et iusolata. Les genres qui suivent ne renferment plus que de petites espèces peu intéressantes.
La famille deselalerides. comme grande famille, vient après ceUe des buprestiJes. Les elaterides qui ont pour tj-pe le genre elater de lismé (^laupiu en iVan^^ais , voient bien, mais avec beaucoup moins de facilité que les bupi^esUdes : ils niareheul difticileuient et ne se retournent qu'a>ec peine lorsijuo par hasard ils sont renversêssurle dos. Llnd«>Chine a quelques espèces remarquai'les : je citerai d'abord, dans le genre agrjpnus. Tugi-vj^nus maia\euî>isqui est très répandu et qui. lorsqu'il est bien frais, est Jfun beau gris foncé et le agrvpnus gilous.
Le genre alaus retrlViuie de très belles espèces, parmi lesquelles je trouve les alaus anguis et lophura.
Dans le genre oauipsosleruus. genre qui renferme des espèces toutes à éclats uit lalliques. je trouve comme belles espèces de ce pays. les camjjs. duponli. leacbi et uialaistamus.
Le genre sphen«.»nieruspossède Jeux espèces du Cambodge : le brun- !icuset le uiouboli.
Je pas>e sous silence quelcjues petites lauiilles peu interes4?autes* et je JiivU scultuitMil queU[ucs mois de îa tumille «les tenebrionides. qui oiHv jicu Je sujets marquants et dignes J ftit? cites. Ces insectes vivent priucipaleuiciU sur les sables cl Jans !cs endiiiits arides.
L eihascariuaius est une pelite boic a^^e^ tnteirssaiile et très répandue en Indo-Clnuc.
Le {»5<*uJublap> ui>ana ^ est uiscsi 1res alKmaout. 11 \ a plusieurs hopairum pvU'mi lesquels je citerai, le clougatuiu. ! jblongum. le strigartuui -i 'C ^aguin.
Le l>Ms*i\ cuuv>3^i>. CNpccc t.v^cz ouitcMse, appartteut à TludcH
Cbàiie .
Le triLh^iuim îèirugiiicuLii. viuc \ -^i louvo . u liuropt, ^ ^si «.\caIeaieot
ab^»ndani.
Le ;;em*e uiouia uoUci^ Joauc le^ c^pCv c^^ .aapc^^ vï siriuia. \ leiii ensuite
le genre cossyphus parmi letiuel je Irouve le rossyphus depressus et edwardsi.
Le genre nyclobatcs, un des benux jrenres de celle ramille peu riche en belles espèces, possède en Indo-Chine quelques espèces qui ne sont pas encore décrites.
Le pkiycrcpis opacas est aussi une espèce assez rc5pandue. La famille des caiitharides, quoique n'offrant pas d'espèces bien lemaïquables,
TroU Itakiie ou Br.iliuu'-i.
est surtout curieuse par la propriété vésicaiile de la plupai't des sujets, aussi s'en sert-un au Cambodge en pharmacie.
Le genre nijlahris possède en Indo-Uiine les espèces allernala, baltcala, macilenla, orieufalis, ragali, rutilipubes et Irigoualis.
Dans le genre caniharis proprcmeni dit, il y a quelques espèces parmi lesquelles je puis citer llâvipennis, pieta et teuuicoUis.
Je passe à la famille des curculionidcs, famille considérable et renformant une foule de beaux sujets tant par la forme que par la variété des couleurs et des dessins. Les curculionidcs, ou charançons, se
distinguent des autres coléoptères tetrameres par leur tête plus ou moins prolongée en une sorte de bec ou museau-trompe. Tous ces insectes se nourrissent de végétaux auxquels plusieurs sont très nuisibles, surtout à l'état de larves.
Le premier genre intéressant, dont beaucoup d'espèces font partie de la faune asiatique, est le genre hypomeces. Les deux espèces rusticus et squamosus viennent de Tlndo-Chine et la dernière est remarquable par sa belle teinte verdâtre pailletée d'or.
Le genre episomus, composé d'espèces qui peuplent les Indes et les lies, a des sujets qui se retrouvent en Indo-Chine; ce sont les nubeculo- 8US, stellio et arrogans.
Dans les cleonus et ses subdivisions, nous trouvons les neocleonus hypocrita et bimaculatus, ainsi que le xanthochelus faunus.
Le genre lixus, très répandu en Europe, en Afrique et en Asie, possède comme espèces de l'Indo-Chine les lixus vetula et truncatulus. Dans le genre apôderus, composé d'espèces remarquables par leur forme élégante et bizarre à la fois, je puis citer comme venant de l'Indo- Chine les apôderus bistrimaculatus, echinatus, flavotuberosus longicoUis, notatus et scutellaris.
Dans les alcides, je trouve les alcides auritus, abundans, discedens, magicus et saunderti.
Le desmidophorus morosus est une belle petite espèce que Ton trouve dans le Cambodge.
Comme autres genres spéciaux au Cambodge, je citerai : le tâlantlia phalangium, Tagametis deleta, Todoacis grallarius et le chyrosetes pectorosus.
Un des beaux genres de curculionides est le genre cyrlotrachclus, qui possède le cyrtot-rufus venant du Cambodge.
Le genre protocerius, qui ne le cède en rien au précédent, renferme la belle espèce colossus, qui se retrouve aussi dans les lies de la Sonde. Les rhynchophocus, qui sont aussi abondants en Asie orientale et eo Indo-Chine, possèdent les rhynchop* ferrugiuens et serriroslris.
Dans le genre sphenophorus il y a de petites espèces du Cambodge , telles sont : les glabricoUis et striatus. L'oxyrrhynchus lateratis est unebelle espèce de l'Indo-Chine. La famille des brenthides est une famille peu nombreuse, mais elle est fort intéressante en ce que les brenthides font le passage entre la famille des curculionides et celle des longicornes.
Le cerobales sexuliatos est une jolie petite espèce du Cambodge.
La faniille des anthothribides, qui précède celle des longi^rnes, possède quelques beaux groupes asiatiques. Dans le Cambodge on remarque : le mecocerus allectus, le cedus tuberculatus et le xylinades nodicornisqui se retrouve à Sumatra.
J'aborde maintenant la famille des longicornes. Ce sont les plus grands etles plus gracieux des coléoptères. Leurs couleurs sont variées et quelquefois très vives. Ces insectes se divisent en trois grandes tribus : les prioniens, les cerambycins et les lamiaires.
Les prioniens sont pour la plupart crépusculaires ou nocturnes ; ils perforent les racines des vieux arbres.
Les cerambycins sont généralement de grande taille, à formes élancées, à très longues antennes et à pattes proportionnées pour la longueur aux dimensions du corps, d'où résulte dans la structure de ces insectes une harmonie de proportions qui plaît h Tœil, indépendamment des couleurs vives et brillantes dont la plupart sont ornés. A Tétat de larves, ces insectes font beaucoup de tort h certains arbres.
Les lamiaires varient infiniment pour la taille. Leurs couleurs vives sont très tranchées.
Citons maintenant les belles espèces qui, dans ces trois tribus, peuplent rindo-Chine. Dans les prioniens, nous avons: les cyrtognathus indiens et weltreri, les plus remarquables du genre ; Facanthophorus serraticornis, qui est une des espèces les plus grandes et les plus belles de rinde.
Il y a deux espèces nouvelles du genre prionomma qui ne sont pas encore décrites.
Le genre' aegosoma possède les espèces ornaticoUeet sulcipenne.
Dans les cerambycins, les plus remarquables sont: le neocerambyx argentatus, qui est une espèce très belle et très répandue ; elle est remarquable par ses élytres moirées, brunes et nacrées. Les phocederus obesus et corpulentus sont aussi très abondants dans le pays. Le rhytidodera grandis est un superbe insecte du Laos. — Le stromatium orientale est propre au Cambodge et au Siam.
Le genre pachyteria a quelques belles espèces, telles que la fasciata et la voluptuosa.
Le genre polyzonus possède quelques espèces du Cambodge : le bîpustulatus, le polyzonoides et le venereus.
Dans le genre clytus^ il y a des espèces intéressantes de Tlndo-Chine^
parmi lesquelles il faut citer : les clytus agnatus, alboscutellatus, annularis, annulatus, apcr, balgi, donei, malculicoUis, moestus, nigerrimus, quadripes, siameusis, leslaceus et vicinus. Beaucoup de ces espèces se retrouvent dans Flndoustan.
L'eurycephalus maxillosus est un bel insecte d'un rouge carmin très éclalant, qui se retrouve dans les îles Philippines et aux Moluques et qui varie comme taches noires sur le corselet et à l'extrémité des élytres selon la localité qu'il habite. Celui de la Cochinchine n'a pas de taches noires sur le corselet.
Parmi les lamiaires, il y a quelques espèces dans le Cambodge, parmi lesquelles on remarque : les leprodera cordifera et equeslris.
Le genre monoharamus possède comme espèces remarquables de rindo-Chine les monoh. adamitus, defector, conspersus, griscipennis, nicolcti, rotator, subluscus et tarsalis.
Les aristobia sont très remarquables par les petites touffes de poils noirs qu'elles ont aux antennes.
Les cœlosterna sont aussi de jolies espèces, dont les principales sont les maculosa et la scabrata.
Le cratobragus cinnabarinus est une belle espèce du Cambodge.
Le genre ereis, dont on ne connaît que trois espèces, en possède deux qui sont propres au Cambodge : ce senties ereis annulicornis et ventralis.
Le beau genre batocera, qui renferme de grandes et belles espèces, toutes très fortes et aux antennes robustes, a quelques sujets remarquables en Indo-Chine, parmi lesquels nous remarquons : les batoc albofasciata, helenaet rubus.
La Ihrenetica lacrymans est une belle espèce du Laos ; elle a des élytres d'un beau noir d'ébène, ornées de grandeset belles taches blanches.
Les himantocera, autres jolies espèces à petites touffes de poils aux antennes, sont assez répandues en Indo-Chine ; les plus remarquables sont les himantocera arenosa et ohvieri.
Dans les agelasla, genre assez nombreux et assez répandu en Indo- Chine, je trouve comme appartenant au Cambodge les agelasta catenata et mouhoti.
L'helixoea rupta et Tanamera albogultota sont deux espèces propres au Cambodge et au Laos.
Les coptops olfrent aussi d'assez jolies espèces, telles que la petechniahs, la vomicosa et la casteluaudi.
La belle calothyrza margaritifera est un splendide longicorne aux élytres blanches et marron, offrant des dessins du plus bel effet.
La xylorrhiza venosa est une espèce très répandue dans toute Tlnde est très remarquable par sa ressemblance avec un morceau de bois Yeiné, mort et desséché.
L'olenecamptus fabricii, très élégante comme forme, se trouve dans le royaume de Siam.
Je passe sous silence une quantité de petits genres et dirai seulement quelques mots du genre glenea, qui est très nombreux et 1res répandu dans rinde et les lies de l'archipel Indien. En Indo-Chine, on trouve le glenea alysson, anona, argus, cancellata, coris, discoidalis, janthe, irène,mouhoti, nigromaculata, palliata,'sulphurea, vesta et voluptuosa.
La dernière famille des coléoptères, dont ie vais dire quelques mots, est la famille des chrysomelides.
Les chrysomelides vivent en agrégation et demeurent, dans le jour, en repos fixés aux feuilles, aux tiges des plantes qu'elles préfèrent, et elles ne s'agitent que la nuit pour prendre leur nourriture. Leur démarche est lente et mal assurée; quand on les saisit, un grand nombre de ces insectes rendent par la bouche une hqueur roussâtre abondante.
Les genres sont nombreux dans cette famille et les espèces bien abondantes. Je me bornerai à citer les principaux genres en indiquant les espèces les plus saillantes.
Le genre sagra, le plus beau de la famille, possède de superbes espèces de Tlndo-Chine; elles ont des effets métalliques de toute beauté. Les espèces les plus intéressantes sont les sagra mutabihs, IongicoUis, mouhoti et peteU. Il y en a une très jolie espèce d'un beau bleu qui n'est pas encore décrite.
Le genre crioceris nous donne les criocerîs dehaani et impressa. La Clytra palliata est une grande et belle espèce de ce genre.
Les adorium ont comme espèces remarquables et abondantes les sublomisphericum et bipumtatum.
L'agetoceraethitei est un insecte très remarquable par ses antennes de forme extraordinaire.
Le genre basiprionata renferme quelques sujets intéressants parmi lesquels on dislingue les basiprionata westermani et octomaculata.
Les cassides sont très abondantes dans l'Indo-Chine et les principales espèces sont :lesdeloyala militaris, similata, mulinotata et les cassida chlatrata et cruenta.
Orthoptères. — Le grillon, vulgairement appelé en France cri-cri^ est commun en Iiulo-Chine, ainsi que le grillon-laupe, ou courlillère, qui sont Tunet Taulre des tléaux pour les jardins.
La sauterelle est relativement rare au Cambodge, mais il en arrive parfois des bandes innombrables du Laos.
U y a au Cambodge plusieurs espèces de blattes et nous avons remarqué celle qui est connue des marins sous le nom de cancrelat, qui est une béte dégoûtante et fatale pour les livres et pour les habits.
Hémiptères. — La cigale existe au Cambodge^ où elle est connue sous
le nom de rev.
Le belostona indicum existe aussi dans le pays ; c'est le plus grand des hémiptères et les ludo-Chinois le mangent frit dans la graisse.
La famille des pucerons est représentée au Cambodge par un grand nombi^ d'espèces, mais nous ne sommes pas en mesure d'en donner la nomenclature.
Lépidoptères, — Le plus connu et le plus utile des lépidoptères est le bombyx à soie, ou ver à soie^ le seul que les indigènes connaissent et élèvent avec assez de soin.
Nous devons à Tobligeance de M. Germain la liste suivante de lépidoptères, recueillis par lui en Cochiuchiue et ensuite déterminés au laboratoire d'entomologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris :
Papilio memuom, P. pammon, P. epius.
Pieris descombesi, P. nerrissa, P. pauliua. P. Judith, P. albina.
Erouia valeria.
Theslias pirene.
Callidryas hilaria, C. pyrantha.
Terias hecabe, T. radamauthus, T. burmesteri, T. douei, T. godartii, T. swainsonii.
Danaïs reichei^ D. gramiuica, D. hegesippus, D. plexippus. D. chrysippus.
Mossaras phalanta.
Junonia iphita, J. lemouia, J. œnoue, J. hierta, J. orythia, J. asteria.
Minetra gambrisius.
Limenilis lencolhoc, L. procris.
DiaJema liria, D. alcilhoc, D. assimilis.
Adolias adonia, A. lubenlina, A. acanthéa.
Amathusia phidippus.
Cyllo banksia.
Debis europa. ^
Satyras hesione, S. baldus.
Thecla anysia, T. erylus.
Lycena rosimon.
Chœrocampa teseus.
Agannaïs slrigala.
Diptères. — Les mouches sont peut-être plus rares en Indo-Chine qu'en Europe, mais les moucherons et surtout les moustiques y pullulent comme dans tous les pays chauds et humides.
Aptères. — Les mites sont représentées par des espèces nombreuses»
La tique existe en Indo-Chine où elle s'attache, à l'aide de son suçoir, sur tous les animaux et surtout sur les chiens.
Les puces et les pous ne manquent pas non plus.
La punaise des lits est assez rare ; mais la punaise des bois, qui répand également une odeur fétide et nauséabonde, est assez commune. A certains moments de Tannée les villages sont envahis par ces insectes, qui se précipitent la nuit sur les lumières, qu'ils finissent par éteindre. La punaise des bois a des ailes et des élytres ; elle est beaucoup plus grosse que la punaise ordinaire et nous pensons qu'elle appartient à l'ordre des coléoptères.
Crustacés. — On trouve dans le sud de l'Indo-Chine plusieurs espèces de chevrettes : une grande, qui est excellente, et plusieurs autres de moindre grandeur, également comestibles. Il en existe une espèce de très petile dimension qui entre dans la fabrication de la saumure de poisson appelée par les Annamites nuoc-mam.
Il y a plusieurs espèces de crabes, tous très bons à manger. L'un de ces animaux est terrestre et les Cambodgiens le désignent sous le nom de kdam-thma (le crabe (^s pierres). Ce dernier 'est tout petit.
Mollusques, — L'Indo-Chine est riche en coquilles marines et terrestres, et nous regrettons de ne pouvoir donner à leur égard une note de quelque intérêt.
Parmi les coquilles d'eau douce dont les Cambodgiens fabriquent leur chaux, il y en a d'univalves et de bivalves. Les univalves rentrent dans le genre palunida et les bivalves dans les genres mulette (unio) et corbicula.
Nous avons recueilli nous-môme au fond du lac Tonly-Sap plusieurs coquillages qui ne sont pas encore déterminés.
Dans les environs du cap Saint-Jacques, on trouve de toutes petites huîtres assez bonnes. Enfin, surlescôles de Flndo-Cliine, au nord du cap Saint-Jacques, on pêche deux espèces de coquilles univalves très remarquables par la beauté et le brillant de leur nacre.
Les coquilles terrestres ne manquent pas non plus ; elles sont plus particuHèrement recherchées par les collectionneurs et les savants.
Annélides. — On a trouvé dans les marais et certains cours d'eau du Cambodge deux ou trois espèces de sangsues que les Cambodgiens ne distinguent pas et qu'ils désignent sous le nom de chlunij. Ils appellent cependant quelquefois la plus grosse espèce chlung-crebey (la sangsue buffle). Il y a une espèce de sangsue de terre que les habitants connaissent sous le nom de téeh.
Les poissons entrent pour une grande part dans Falimentation des Indo-Chinois, qui ont^ inventé une foule de systèmes plus ou moins ingénieux pour s'en emparer. La nature a d'ailleurs tellement peuplé les fleuves , les rivières et les lacs de cette contrée que l'on peut les considérer comme des réservoirs poissonneux inépuisables.
Les engins de pêche des indigènes sont d'une grande simplicité pour la plupart. Dans les rizières, ils font de véritables tendues de petites lignes fichées sur le talus, et cette pêche est presque toujours productive. Ils y tendent de petites nasses fort originales, faites d'un seul morceau de gros bambous immergé par une extrémité à laquelle est adapté un petit entonnoir en brindille, qui permet au poisson, tenté par le rayon de lumière qui arrive dans le tube, de s'introduire en dedans.
Ils se servent dans les mares peu profondes, et aussi dansles rizières, d'un panier évasé, largement ouverren bas et dont l'ouverture supérieure permet juste l'introduction du bras. Ils le poussent à plat dans l'eau, presque au fond; et quand ils rencontrent un poisson, celui-ci se fait prendre en essayant de fuir par en haut.
Ils barrent le lit des petits cours d'eau, qui se vident et assèchent à marée basse, à laide de claies en bambous posées en travers à marée haute. Tout le poisson qui a pénétré en dedans pendant le flot reste à sec sur la vase molle qui constitue le fond de ces rivières et il n'y a plus qu'à aller le prendre à la main en se traînant sur la boue jusqu'au ventre.
Oq établit des pêcheries fort bien entendues qui barrent les petites rivières par deux rampes se réunissant en biseau et à la jonction desquelles se trouve un grand panier cylindrique vertical. On se sert surtout de ces barrages pour la pêche aux crevettes d'eau douce. Les crevettes suivent le cours de Teau et s'accumulent dans le panier dont l'ouverture est obhque du côté du courant. Les pêcheurs les recueillent successivement avec un petit panier.
Il existe aussi des pêcheries mobiles formées de grandes barques, ou de grands radeaux de bambous, sur lesquels est monté un appareil à balancier portant un très grand filet carré, qui s'immerge parTeffort d'un seul homme pesant de tout son poids sur le bras de levier portant le filet et que Ton relève par la manœuvre inverse.
On se sert aussi de l'épervier et d'un grand (îlet traîné au large, espèce de trémail où le poisson s'engage. On prend avec ce dernier filet, outre le poisson, des crabes et des mollusques affublés d'un casque assez volumineux dont la coquille sert à plomber les filets.
Enfin, on pêche en Indo-Chine à la ligne à canne et à la ligne de fond, au harpon, avec des nasses de toutes formes et dimensions . Mais la grande pêche se fait avec le filet connu en France sous le nom de senne.
Nous terminerons cette note par quelques renseignements sur la pêche dans le grand lac du Cambodge, car c'est là une industrie déjà très importante et qui est, en outre, susceptible de prendre plus d'extension et de devenir une source de beaux revenus pour les particuliers et aussi pour l'État.
Le poisson péché dans le Tomly-Sap (lac d'eau douce), qui est salé et séché sur place, est très connu sur les marchés de la Chine, de l'Annam et de Siam, où il est vendu avec avantage sur les produits similaires provenant des Qeuves de ces différents pays.
Les indigènes qui se livrent à cette pêche sont les Khmers, les Malais, quelques Chinois et un très grand nombres d'Annamites du Cambodge et de la Cochinchine française. Le nombre d'individus qui s'établissent sur les bords de ce lac pour toute la durée de la saison de la pêche ne s'élève pas à moins de douze à quatorze mille, femmes et enfants compris .
Tous les ans, vers le milieu du mois de novembre, les pêcheurs se rendent de tous les points des pays voisins dans les forêts qui bordent le Tonly-Sap^ pour y couper les bois et les bambous nécessaires à leur
installation. Ils apportent, toutes préparées, les pailles destinées à couvrir les maisons provisoires ou qui doivent entrer dans rétablissement des cloisons. Les pêcheurs vont ensuite en barques sur le lieu où ils ont rintention de s'établir pour la durée de la pêche. Là, afin de gagner du temps, et bien que les eaux soient encore hautes et qu il y ail quatre ou cinq mètres de fond sur des points qui découvriront presque aux basses eaux, ils enfoncent à coups de masse de grands pieux placés suivant des espacements réguhers et réglés. Us affleurent tous ces supports à même hauteur; ils les rehent par des traverses sur lesquelles on établit un plancher, mais plus généralement un clayonnage en coupures de bambous, sur lequel la maison d'habitation et les magasins sont élevés . Ces maisons et ces magasins sont faits avec des matériaux légers et peu coûteux: il y entre des bambous, des petits rondins de bois, des nattes communes et, enfin, des feuilles de palmier faufilées entre elles, que Ton superpose comme des lames d'ardoise et qui constituent une bonne toiture dans les pays chauds. Tout cela est lié sohdement au moyen de rotins que Ton apporte tout fendus et prêts à être utilisés.
Les séchoirs sont étabhs en avant et de plein pied avec la maison, de manière à pouvoir aisément passer de Fun à l'autre. Ces installations se composent de plates-formes horizontales faites avec des coupures de bambous tressées en claies et supportées par des pieux.
En avant, plus au large, et dans un endroit où les barques peuvent toujours accoster, s'élèvent de grandes palissades solides sur lesquelles on suspend les filets pour les faire sécher après chaque journée de pêche.
Chaque chef de pêcherie a sa maison pour sa famille et son personnel, ses magasins, son séchoir et son porte-filet, étabhs de la même manière à très peu près sur tous les points du lac. Dans le même endroit, les maisons sont d'ordinaire sur une même hgne, les séchoirs suivant une autre hgne parallèle à la première et, enfin, les porte-filets, qui sont plus avancés et qui s'étendent fort loin à droite et à gauche du village, constituent une troisième hgne parallèle aux autres. Ces divers établissements de pêche ne se touchent point; et à moins qu'ils ne soient associés, les pêcheurs laissent entre leurs demeures un intervalle suffisant pour que la circulation des barques et la surveillance soient possibles.
Nulle part les pêcheurs sont isolés. L'agglomération leur procure des
avantages depuis longtemps reconnus : réunis, ils sont à l'abri des coups de main des flibustiers , qui vont chaque année dans le lac chercher fortune ailleurs que dans Tindustrie honnête, mais pénible de la pêche; ensuite, dans les moments où le poisson abonde et où il est nécessaire de mettre en œuvre, et avec ordre, un grand nombre de filets à la fois, ils sont à portée d'agir en commun et de partager proportionnellement à l'apport de chacun et suivant des règles traditionnelles et spéciales au Tonly-Sap. Ce système d'association entre pêcheurs est très pratiqué; il donne de bons résultats et presque jamais il n'entraîne des contestations et des conflits.
La formation des villages sur des points déterminés, les mêmes chaque année pour les mêmes habitants, provient aussi de ce que le poisson, le noir surtout qui est le plus estimé, abonde plus dans certains endroits que dans d'autres. Ainsi, par exemple, les embouchures des affluents de ce vaste bassin sont réputées pour donner asile aux meilleures espèces.
Les villages s'établissent le plus près possible de terre ; mais presque partout on est forcé de s'éloigner plus ou moins du rivage, afin que les barques des commerçants, qui ont bien près d'un mètre de tirant d'eau, puissent accoster et faire leur chargement de poisson salé.
Les filets en usage pour cette grande pêche sont confectionnés en fils bien tordus d'ortie de Chine; ils sont faits sur le patron de nos sennes, mais ils ont des proportions beaucoup plus considérables et se composent de plusieurs pièces que l'on distingue par l'ouverture variable des mailles. Ces divers fragments d'un môme réseau sont disposés de telle sorte que l'on peut aisément et rapidement les réunir bout à bout au moyen de simples amarrages . Une seiine ordinaire est formée d'abord d'un bout de filet placé au centre et appelé par les Khmers méa (l'oncle). C'est la partie la plus résistante ; celle qui sert à envelopper et à contenir tous les poissons ramassés à chaque opération. Sa longueur est de douze mètres et la grandeur de sa maille de quarante-cinq millimètres. De chaque côté du méa sont quarante autres fractions de l'engin ayant des mailles de soixante millimètres ; enfin, au bout de celles-ci, viennent s'ajouter, de chaque côté, deux fragments de soixante-quinze centimètres de grandeur de maille.
La longueur totale d'un filet ordinaire est de huit cents brasses, ou seize cents mètres. Lorsque dans certains cas donnés il devient nécessaire d'allonger encore ce filet, ce n'est pas seulement aux extrémités
que Ton fixe des bouts à grandes mailles, mais on en intercale aussi au centre, et dans les parties intermédiaires, ayant les mailles d'une dimension correspondante à la position qu'on veut leur faire occuper. Il n'est pas rare de voir des appareils de pêche ainsi conditionnés mesurer plus de deux mille mètres.
La largeur, ou hauteur de ces filets est de 1™80. Ces sennes sont terminées à chaque bout par un fort bâton portant une patte d'oie en filin, sur laquelle est frappée une aussière servant à haler les extrémités du filet et à les ramener vers le rivage, ou vers un réduit établi en plein lac et dont j'aurai à parler plus tard.
Les filets sont chargés à leur partie inférieure de diverses manières : avec des pierres ou briques cuites ficelées sur la bordure du fond qui est le plus souvent plombée. Les Cambodgiens, eux, donnent h ce filin de bordure inférieure un fort diamètre, de manière à le faire agir par son propre poids. La partie supérieure est allégée au moyen de flotteurs en bois fixés sohdement sur la ralingue.
On peut pêcher dans tous les endroits où le fond est moindre ou égal à la hauteur du filet, qui est, ainsi que nous Tavons dit, de l'^SO. Or, comme la plus grande sonde du lac est de un mètre pendant les cinq sixièmes de la durée de la saison de la pèche, il en résulte que cet appareil, tel qu il est, convient très bien pour la localité. Néanmoins, certains pêcheure commencent à travailler avant la baisse complète des eaux et ils continuent lorsque Tinondation est commencée et que la crue, ajoutée au niveau normal du lac, ne dépasse pas le double de la hauteur des sennes, c'est-à-dire 3"^60. Dans ces conditions, on superpose deux filets semblables que Ton réunit au moyeu de solides amarrages. Si Ton n'a pas deux sennes à sa disposition, et que Ton ne puisse trouver un associé, on double eu hauteur Tunique engin que Ion a, mais Ton perd alors nécessairement la moitié de la longueur, ce qui est fâcheux.
Quelquefois on pêche par de plus giniuds fonds dans les eaux calmes, comme dans le lac lorsqu'il ue vente pas, en triplaut la hauteur des filets, mais aloi^ les difficultés sout considérables et le rapport assez minime.
Géuémlemeut, les espèces de poissons ^nJohées dans le Tonly-Sap vivent ag^loméî'ées et voyagent en troupes considérables. De près, il est facile de l'econnaltiv la présence de ces bandes par l'innombrable quantité de bulles d'air» pivduites par la chaleur corporelle des poissons qui développe une certaine quautité de vapt^ur d'eau, et qui \ienuent crever successivement à la surface, ou s\ maintenir quelquetois assez long-
temps à Tétai hémisphérique. Ces poissons se meuvent et jouent avec une extrême lenteur; ils ne sautent guère au-dessus de Teau, comme certaines espèces, à moins qu'ils ne soient traqués et serrés dans un étroit espace, auquel cas ils cherchent à s'échapper et ils y parviennent quelquefois.
Lorsqu'un banc de ces animaux est signalé par les pirogues légères envoyées en observation, les pêcheurs se rendent aussitôt sur les heux avec leurs filets embarqués et lovés de manière à pouvoir être vite déve- . loppés au moment voulu. Chaque seiine est, à cet effet, divisée en deux parties égales, chacune placée dans un bateau spécial, o\x sont embarqués les plus vigoureux et les plus agiles matelots de l'entreprise. Trois quatre ou cinq autres barques, le plus possible, accompagnent les deux premières; celles-ci sont destinées à recevoir le résultat de la pêche et sont armées par des hommes qui prêtent la main à tendre et à fermer ensuite le filet.
Il faut en moyenne de vingt-cinq à trente hommes pour que l'opération puisse être menée convenablement.
Lorsqu'un banc de poissons a été découvert, la règle veut que ce soit celui qui Ta signalé d'abord qui ait la priorité pour le premier coup de filet. Les camarades, s'il s'en trouve dans les environs, ne tendent les leurs que lorsqu'ils s'aperçoivent que celui-ci est fermé.
Voici, enfin, comment on manœuvre ces énormes engins : Si Ton est à portée d'un rivage à pente douce, et que Ton n'ait point de courant, on porte le filet sur un point choisi de la rive et l'on fixe là une de ses extrémités à un fort pieu solidement enfoncé et qu'un homme maintient d'ailleurs en place pendant la durée de l'opération ; ensuite, on marie les deux moitiés de l'engin entre elles, et alors les deux barques qui les portent s'éloignent du rivage en décrivant une grande courbe et en jetant à l'eau à mesure despHsdu filet. Lorsque Tune des barques est débarrassée de sa moitié, elle s'écarte afin de laisser l'autre plus libre de sa manœuvre et alors le trajet à parcourir est bien vite franchi. Lorsque la courbe est à moitié décrite, et au moment ou le porte-filet commence à revenir insensiblement vers le point de départ, toujours en arrondissant, un signal est donné parle patron à l'aide d'un pavillon, et les autres barques, restées jusque-là immobiles, partent. d'une grande distance en aval du point fixe et se dirigent de front du côté où le filet est encore ouvert. Les hommes fouettent l'eau avec leurs avirons et, s'aidant de la voix, d'instruments de cuivre, ^e tambours, ils font un
grand vararmo dans lo but d'effrayer les poissons el de les pousser dans lo ^^duil pn^t h c>tro form6. Lorsqu'on peut avoir pied, on débarque les tSjuipagos (|ui s'éparpilItMil comme des tirailleurs, [ou plutôt des rabat- It^urs Taisant lo plus do bruit possible en marchant du côté des pêcheurs. Lorsquo lo lilot est fermé, il n'y a plus qu'à haler sur les deux extrémités o( tous s'n omploient do manière à ramener le plus \ite à terre ce qui a ôlô ramassé,
l.oi^iqu'on ost dans un endroit où il faut compter avec le courant, sur lo Méoong, i>ar oxemplo, on procède de la même manière, mais il est indisponsalUo do planter le point tixe de Tune des extrémités du filet de inanièrt^ ^^ a^ur lo courant favorable pour le développer. Lopération ne |HunM\ùt jamais roussir si les barques portant la senne avaient à refouler un coumut. quoique faihio qu'il (ùL
Ka |>)oiu lai\ oolto |KVho est un peu moins facile, mais on est parvenu à vaincra iuvroiiieusemout les difficultés. Là. les pêcheurs embarquent une s\>r(o do IroiUa^o p^^r<atif. pouvant se réduire en on grand rouleau^ v\HU|KV^' de Ulto;^ de Uuubous asseoiUêes entre elle:> solidement, doot U Ivn^ueur e^i^t dVuvirvm ItJ mètres et la hauteur ^ 50. On forme ^v w ce tivdli;!^ (docê verticaletuettt dau$ Teaii. et consolide au moyen de l^icuv ^ur les |KÙul:si fiùWes. ime st^rte de petit panr ayant la fc^rme rvc t>iy^ul'jùte *vec uue porte ouverte en eutoimoîr s;ir ua des petits
Ce ^'a."C t»eui. 'Hre e<d)U ri^itfcemeut. m potat ^ooiu. juste aa mciment où te liiec est bieu développe. Wnci coouueut ju s\ prend poar ramener ■e ivtS2a,>it àiiJicît c\" rvduU les deux jort^r-dlets parr»*iifc se^L^. ïdn ^er^ la JiVâX' e^ 1 ^uîvv >c<"s îii idacbte de t iiisï^illuttua dijuc lous ▼eaoos Je uai\c»'. oi jKiiii' uc |jas^ciliv,i>cr le iK<i:>(^u v^ui se frja^e iims I^f s ea'ïirC'OS. ïisicoi^ciu eUvK'Us.» utte iiitttteu;$v cvurW pour *eujr se rvuxur ^iîs-si-^fcî' ei •« •'•• iv 'iilvMcJu; au •»Mrv.
^f* lut IV ^iv . ,ii»*lV» A»ui ;%* Nt' illKÀi ^''^^^«atti. l a ifUlUllÙi*. lïi Jà^LT . -^Uw \t au i»\ ^<%t%t\%t: v.^ v'%ii\«l«i. »u '•*Uit V >^ ':\iïkU>»vUi Ufc e 'jius- 3«iS^
hommes marchant dans I^eau, cl faisant grand bruit, rejettent le poisson vers rouverturc et s'efforcent de faire obstacle à la fuite de ceux qui sont compris dans Tespace embrassé. -^
Ici^ les hommes se rangent, en nombre égal, h droite et à gauche du réduit; et prenant les aussières frappées sur les extrémités du filet, ils les engagent dans des sortes de conduits formés par des pieux solidement enfoncés de chaque côté de la porte d'entrée du parc. Le reste de l'opération est facile à saisir; on haie avec force sur les aussières de manière à réduire d'instant à instant l'espace embrassé par la Senne et à coller finalement le cenlre du méa sur la bouche de l'entonnoir, où on l'assujettit au moyen de forts amarrages. Le poisson est alors tout accumulé dans le parc. Pour Fen sortir, on accoste d'abord une barque sur chacune des deux grandes faces du parc, et Ton descend dans celui-ci au moyen d'échelles qui s'apphquent dans le fond et sur les bords des barques. C'est alors à la main que les poissons sont saisis et lancés par-dessus les barrières dans les barques. Les pécheurs du Tonly- Sap sont tellement exercés à reconnaître les bonnes espèces, celles du moins qui sont propres à la salaison, qu'ils ne s'y trompent guère au toucher. Les autres poissons sont remis en liberté.
Immédiatement après chaque pêche on décapite les poissons pris et on jette le plus généralement les têtes k l'eau, au heu de les réserver pour les faire bouillir et en extraire l'huile qu'elles contiennent, opération qui peut se faire à pende frais puisque le bois ne coûte rien et qu'il n'y a qu'a le couper.
Rendus au village, les poissons sont ouverts longitudinalemeat, vidés et lavés avec soin ; on les saupoudre de sel sur tout le corps et on les arrime dans un coin du magasin, les uns sur les autres, jusqu'à ce que tous ceux qui ont été pris dans la journée soient également nettoyés et salés. Ensuite, on les expose tous au soleil, tantôt sur le ventre et tantôt sur le dos; on laisse les petits quatre jours sur les séchoirs et les plus gros de six à sept jours. La pêche ayant lieu pendant la saison sèche, les grains de pluie sont excessivement rares et l'on n'a aucune inquiétude de ce côté. Dès que les poissons sont secs, on les rentre ou on les vend quelquefois aussitôt aux commercjants.
L'espèce la plus abondante, appelée trey-prà, n'est pas traitée de la même manière : on les décapite tout d'abord comme les autres, mais avant de les vider on les dépose, tels quels, dans un parc noyé où on les laisse jusqu'au moment où ils reparaissent flottant à la surface, ce qui
Mi KOVAI ME DU CAMBODGE
|iri:iiil iMiviroii vjii^l lirun'h. Alor» KC'ulemenl on les vide, on lés sale et «uiliii MM li'a boiiiiirl à Ifi iiii'Hii* |)iYq)ara(iori que les autres.
l*iiiiil<iMl liMij II* li'iii|»hqu<* les poisKoiis restent exposés au soleil, une IriMiitn (iiMirr iVuwt^ liniKho U*h Tnille do temps à autre pour faire tomlu»! Irn prlilb MTH c|u'j di'»pos(Mit, au dire des pêcheurs, de grosses luiuh liTM unit OH hi'h rnmniuiioH dans h^ lac àcette époque.
I 0 |ih)h ^loh piiiNhon, lrovi'<^<^^'li (1^' poisson royal), est le seul qui ne ^\\\\ pUM bidiNrhlior: on loctuipo on tranches que Ton expose au soleil \\\w U\\i^ mIoosi un pou phiA K^^t^rcmont que les autres espèces .
I 0 hol lo phiii ciihiuo pour h salaison du [moisson est celui qui provient slo U \ \\s hou hino lV<ioc^iiMV H ost \oudu dans le lac à raison de quatre U*i\^Uov> , * IV ^^^ ^o^ lis kilo^rauune$«
\^^ >>Uo vo^î^l osjM'^ots do poiss\\n^ dun^ le Toulj-Sap. Certains de ces ^Kss*,>^sv^^^ ^U^*o^o\ï^^ co \xutî\^. %;e Thuiîo t\tnùte ^îo> îfîes et de la colle
v^'.>s\«> V- sv\; hV >0><V i^vv V jvvvw.;: iîç I £î;£»^ <5i jic^r k Eultre et
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