‹ Le royaume socialiste: choses vuesChapitre 14 sur 41 · MON MAUVAIS QUART D'HEURR · texte numérisé non relu

MON MAUVAIS QUART D'HEURR

Voilà deux mois que les bandes à triques sillonnent la ville et la campagne. On a souvent nié leur existence. J'en apporte aujourd'hui une

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jugent nécessaire. M. Bouveri me blâme vertement et déclare ne jamais répondre aux journalistes. C'est peut-être un tort, mais c'est un droit que M. Bouveri possède absolument.

En somme, rien de bien grave jusque-là.

Toutefois, étant donnée la situation particulière qui m'était faite depuis deux ou trois jours, depuis surtout l'algarade de la veille où, rue des Chênes, aux Alouettes, signalé par le susdit X..., je fus menacé, avec deux de mes confrères, entouré par près de trois cents manifestants dont deux ou trois levèrent leurs nerfs de bœuf sur ma tète, j'avais cru devoir avertir le préfet. Bien m'en a pris.

11 était midi. Toujours filé, toujours menacé, j'achète un revolver. C'est la première fois de ma vie que je faisais emplette d'une arme, mais celte fois c'était nécessaire, car, sachant qu'un jour ou l'autre le travail devait reprendre aux puits Magny, au bois du Verne, ou dans des centres importants, je savais qu'en allant la nuit au-devant d'un spectacle inédit j'allais un peu au danger.

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