‹ Le royaume socialiste: choses vuesChapitre 15 sur 41 · S- MINE · texte numérisé non relu

S- MINE

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compagnons.

lits. Pendant

ce temps, l'arrivée de ma voilure, mes stations en plein air avaient attiré une foule assez considérable. La rue des Puits est sombre et noire. Nous nous y engageâmes, suivis par une bande de cinquante à soixante individus. A peine étions-nous au milieu de la rue, moi marchant tranquille auprès d'un des chefs de poste, qu'un individu, une trique à la main, passe près de moi et me dit :

— Tu viens pour chercher des renseignements?

— Oui, dis-je, je remplis mon devoir professionnel.

Le chef de poste, me voyant pris à partie, se tient à l'écart. L'homme avance, et sans provocations de ma part, me bouscule. Des cris s'élèvent. Une canne s'abat. Je romps en disant :

Laissez-moi ! laissez-moi ! ou je me défends !

— Ah! ah ! ton revolver nous nous en f... tons! Je continue à rompre, voulant à tout prix éviter un malheur. Je prends de l'avance. Mais, sur le point d e^e cerné, je m'arrête et dis :

— Retires-vous |

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étendu au long d'un wagon. Ils sont en haut, les autres, et j'entends.

« Jetles-y une pierre ! » La pierre est lancée, elle ricoche sur le wagon et m'atteint à l'épaule. Vais-je mourir là? J'appelle aux armes I et, tout en criant, les yeux aveuglés de sang, titubant, le revolver au poing, je monte péniblement vers des soldats qui m'appellent. Peu après le major me faisait un pansement et l'ingénieur divisionnaire m'offrait un matelas dans un coin de bureau.

Le général de la Pommeraye offrait d'envoyer une voiture et une escorte. J'ai refusé, pensant que cela troublerait le pays et nuirait à la reprise tranquille du travail. M. l'ingénieur divisionnaire était de mon avis. Ah ! bien ! je n'ai pas eu le bénéfice de mon désintéressement. Le matin, bien qu'une voiture commandée et payée par moi fût à proximité, j'ai failli partir sans escorte ; ceux qui étaient chargés de ma défense m'ont simplement dit : Il y a un peloton de gendarmes à pied qui retourne à Montceau. Suivez-les ! C'est tout ce que nous pouvons faire pour vous ! »

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