L'ÉMEUTE DE CHALON
Tentative révolutionnaire, — Le drapeau ronge. — Cinquante arrestations.
Les troubles qui s'étaient manifestés à Chalon-sur-Saône sont allés en augmentant. A l'heure actuelle, la ville est, pour ainsi dire, gardée militairement, et cinquante arrestations ont été faites.
Mais, avant d'entrer dans les détails de ce gros incident qui pourrait bien changer la face des choses et la face des grèves, même à Montceau, faisons, d'après les renseignements particuliers que nous possédons, l'historique de celle tentative révolutionnaire.
Vers la fin de janvier, un ouvrier, M. Bénasse, demanda à M. Juillet, directeur d'une usine de ferblanterie à Chalon-sur-Saône, un relèvement de salaire.
Il refusait le travail, alléguant que, étant payé
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aux pièces, il ne pouvait paa gagner plus de 2 fr. 85 par jour.
M. Juillet refusa tout arrangement. Bénasse, gagnant ses camarades à sa cause, les décida à se mettre en grève. Celle-ci fut d'abord partielle, puis complète. M. Juillet ferma l'usine eu déclarant qu'un livret d'embauchage était à la disposition des ouvriers désireux de reprendre le travail.
Entre temps, M. Juillet donnait aux grévistes quelques explications sur les revendications de Bénasse.
De ces explications il résultait que Bénasse avait travaillé en 1900 48 semaines, qu'il avait gagné à l'usine Juillet 4.446 fr. 75, soit une moyenne de 30 fr. 15 par semaine, 5 francs par journée de oeuf heures.
Ces explications contentèrent-elles la majorité des grévistes? Il faut le croire, puisque, le 12 février 1900, l'usine Juillet affichait l'avis cidessous :
« Les ouvriers et ouvrières employés à l'usine « de ferblanterie qui ont signé dans nos bureaux
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" leur adhésion pour la reprise du « en majorité et leur nombre su « notre nouveau genre de fabrii « prévenus que l'atelier leur sera « 14 courant à partir de 7 heures i
L'administrateur-