W' «---^sr
devant l'hôtel Seraet, ont montré leur courage « d'armée du travail aux fainéants du capital ».
Il y a, à Chalon, beaucoup de ces fainéants- |
là, qui voudraient bien avoir la journée de huit 1
heures.
$3 février.
I GRAVE Dti PORT DE
IV état major du citoyen Flaissièrei du. commerce. — La puissance dei
L'iispecl de la ville ne souffre p de grévistes. C'est toujours la m mée et joyeuse, Anglais en parla petits cireurs minables et gravoi au chignon ouvragé, mendian camelots bavards. Pour avoir une cette grève encore inexplicable, coté de la Jolielle, de l'immcn:
grands navires endormis, aux feu dent qu'on les allège de leur car Toutefois, dès mon arrivée, j'; sur la grève une pittoresque imp à la gare. Un pauvre bonhomme laine d'années s'offre à mou servi
— Votre valise, monsieur.
— Oui... tout de même.
Comme je veux aller directement à la Joliette, Tidéo me vient de faire partir mon bagage à destination sans raccompagner.
— Voire médaille, mon brave?
Très confus, le bonhomme pose la valise à terre.
— Bounndié, bon mossieu, je n'en ai pas !
— Tiens !
— Eh ! oui... Je fais ça parce que les travaux du port, ils ne sont pas repris.
— Ah ! je comprends, vous êtes eu grèvesyndiqué ?
— Que non ! Mais que faire... travailler ?... pour être f...lanqué à la mer... Ce n'est pas d'urgensse... non!
Et le bonhomme continue son antienne :
— C'est qu'ils ne sont pas bons, savez-vous?
ces bougres ! Vendredi, ils en ont jeté huit à la mer... C'était un capitaine, maître d'un petit caboteur !... Il fait la côte... Il avait un petit chargement pour Nice...
Alors il dit à ses matelots — des gens libres quoi ! — c Mes braves, chargeons ça nous-
LA MYSTÉRIEUSE GRÈVE Ut PORT DE MARSEILLE 237
qui, depuis la dernière grève, onL bien digéré les 20.000 francs de la municipalité marseillaise, espèrent bien que la majorité socialiste, une fois encore, écornera le budget a leur profit. Cet espoir est si légitime que, dès le lendemain de la grève, le conseil général se voyait saisir d'une demande de crédit de 10.000 francs pour subvenir aux misères qui en résulteraient.
A Marseille, la misère va vile, comme on voit. Et c'estvraimenl une chose extraordinaire, sous ce doux ciel, par celte molle température, dans cette ville où les haillons encadrent des visages souriants. Ce coup de la majorité socialiste du conseil général indique assez, je pense, que ces citoyens savaient à quoi s'en tenir sur cette grève inattendue, sur celle grève mystérieuse pour tout le monde... excepté pour eux.
Si, à ce jeu, le maire de Marseille garde la confiance et l'estime des enroués de la sociale, il n'est pas sur qu'il soit en même posture auprès de ses administrés.
Est-il nécessaire de redire une fois de plus les désastres de la grève de l'an dernier? Ils ne
238 LE ROYAUME SOClAlîSÎfe
font que trop prévoir les ruines prochaines.
Il y a à Marseille une société pour la défense du commerce marseillais. Cela n'étonnera personne, car s'il est une ville actuellement — avec Montceau, Dunlterque, le Havre, Calais, Rouen, etc., etc., — où le commerce ait besoin d'être défendu, c'est bien Marseille. La Société de défense du commerce marseillais possède comme membres six cent et quelques commerçants, chefs d'usine, etc., tout ce que l'industrie méridionale de la région compte de grandes industries qui emploient et font vivre des centaines de mille d'ouvriers.
Quelques-uns de ces messieurs, et des plus notables, ont bien voulu me recevoir au siège même de la société.
— Pas de noms, m'ont-ils dit, pas de noms livrés à la publicité pour l'instant. Le préfet a reçu notre bureau. Il y a échange de vues. Ne mettons pas, pour l'instant, en doute, les bonnes intentions du gouvernement.
— Bien que, sur ce point, ajoute un interlocuteur avec mélancolie, bien que, sur ce point,
ports ne reprend pas a brève échéance, c'esl une série de chômages, dont les suites comportent d'incalculables dangers. Les bateaux ne venant pas ici, ou n'étant pas déchargés, c'esl bientôt la matière première qui manquera aux huileries, savonneries, etc.. soit 80 à 100.000 ouvriers jetés sur le pavé par la faute de ceux qui, le pouvant, ne peuvent pas faire respecter la liberté du travail.
Un mot de Flalaaiéw.
— Notre maire, ajoute un autre, a sur ce sujet des idées aussi nettes que nouvelles. L'an dernier, lors des grèves de la corporation des transports, je fus te trouver pour lui dire qu'il était intolérable pour un chef d'industrie de voir à chaque instant des voilures renversées par des grévistes en mal de révolution... Savezvous ce que me répondit M. Flaissières : « Oh 1 qu'est-ce que cela?... Pour ma part, j'aime
mieux voir culbuter quelques charrettes, couper quelques courroies, que de mettre en conflit la j population avec la force armée. »
S mars.