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LA CHÊVE DES COUTURIÈRES ET TAILLEUR

Mais, par un Unir d'esprit bien fér ne vendent que la Fronde.

Voici toul justement un mons affaire avec l'une d'elles.

— C'est bien d'aujourd'hui, au 1

— Oh ! oui, monsieur 1 Voyez Et l'enfant, regardant la mancl

— Oh ! la drôle de date !S1 sch

— Oui, je sais, dit le monsi calendrier Israélite I

Pendant que, sur le tremplin di petits faits se déroulent, les orale dent à la tribune. On les compren accentn'est pas étranger à cela. Let de la veille font défaut.

Le citoyen Viviani était venu jo vibrato habituel. Mais un grévis moins écoutés, ayant déclaré à 1; la grève ne devait pas être la pro ciens socialistes, ces derniers se si Les moineaux ne grapillent pas stériles.

300 Lff ROYAUME SOCIALISTE

Le seul incident de la réunion, compréhensible en français, a été de conspuer la maison Perdoux.

Quoi qu'en disent les journaux socialistes, l'auditoire, qui comprenait peut-être trois mille personnes, n était pas composé de femmes en majorité. Elles étaient tout au plus six cents massées au centre.

Pour le reste, la salle était pleine de gens appartenant à des syndicats étrangers aux arts du vêtement.

Statistique.

Non ! en vérité, ce n'est pas là une grève monstre.

Pour en avoir une preuve irréfutable, je suis allé consulter le bureau de statistique que le docteur Bertillon dirige à l'Hôtel de Ville.

Voici des chiffres.

Il y a à Paris, vivant du métier de tailleur, 19.861 ouvriers etouvrières, dont7.8l6femmes.

I) y a, vivant de la couture, 133.948 ouvriers et ouvrières, dont \ 32.323 femmes.

Hélas ! ce n'est que trop vrai pour les « petites mains » paresseuses. Mais combien de milliers de couturières en chambre veillent chez elles sur une robe pressée, sur un ouvrage attendu, dont le salaire aidera à faire bouillir la marmite du foyer !

Celles-là ne connaissent qu'une loi, la loi du labeur acharné. Elles la respectent sans se plaindre.

Paris, 17 février 1901*

syndical qui n'est pas marinier. Nous l'avons cependant admis à la réunion ; mais à une condition, c'est qu'il ne prendrait pas la parole. Plusieurs des capitaines présents nous ont déclaré qu'ils ne connaissaient pas ce syndiqué pour appartenir à la corporation II nous a pourtant paru que ce nouveau venu avait sur nos mariniers une certaine influence.

Pour la bonne marche des choses, la Compagnie a fait toutes les concessions désirables. Je n'ai pas le temps matériel pour entrer dans le détail des différents salaires dont on nous demande le relèvement. Aujourd'hui, on nous apporte de nouvelles propositions ; nous répondons par d'autres propositions qui comportent encore, de notre part, de nouvelles concessions. Les délégués, venus à trente cependant, nous déclarent ne pas avoir mission pour accepter ou refuser. Ils vont prendre encore une fois des ordres à Rouen.

Que puis-je vous dire de plus ? ajoute mon interlocuteur. Nous avons fait et nous faisons

LA GRAVE DES HAiUMK

encore de la conciliation. Ma Attendons et espérons !

Attente et espoir courent g déçus si l'on en juge par ce visles.

Plusieurs d'entre eux ton ting, en plein air, place Si xerrois.

Quand on a vu les débarde Dunkerque, on éprouve qui ceux-ci. Chefs mariniers, es queur, patrons de vapeur, gras, rougeauds et réjouis.

— Hé là ! leur dis-je, alor

— C'est la Compagnie qu

— Alors vous repartez poi

— Non!

— Alors, à quand des noi

— Demain. Il y ace soiru à neuf heures. Nous avons velles propositions de la Cou décidera.

— Pour nous, me déclare

' ROTAIIHK SOCIALISTE

e mine franche, nous voudrions e travail. Mais nous ne sommes Il y a les six cents qui sont à eux qui commandent.

, leur dis-je, il y a une chose îst que votre inaction va entraisur les ports de Paris. Vingtsonnes, qui vivent du décharateaux, vont être sans ou

lomrae nous : ils se mettront en

le roulage et le camionnage qui re-coup.

aussi comme nous, comme les letlronl en grève.

•pz pas la prophétie très gaie, ot. Mais, enfin, il y a vousiges de Rouen à Paris, ce séjour , ça coûte ! Vous devez dépence robuste homme de mer me ) sa main rude et calleuse. Et

Opinion de grévistes.

Comme je me trouvais à la Basse-Vieille- Tour, très antique monument où la chambre syndicale des mariniers a élu son siège, j'appris de la bouche même des grévistes que l'arbitrage réclamé par eux était une fois de plus reculé aux calendes grecques. .

— Vous ne voulez plus d'arbitrage ?

— Non ! pas pour le moment, me répond un marinier dont le costume flambant neuf fait merveille.

— Pourquoi ?

— Mais parce que nous espérons que les Compagnies vont nous donner raison.

— Alors c'est la guerre ! La lutte sans trêve, la grève sans fin !

— Sans doute ! Vous comprenez bien, ajoute mon orateur, que ce n'est pas à nous à céder.

El, tout à la file, mon marinier me conta tout son système. Oh ! très simple et très radical ! Plus de directeurs généraux ! Plus d'immeubles ! Plus d'actionnaires !

LA (IBÈVE DES MARLMERS Dfc RC

J'aurais pu tout aussi bien lourn ce it révolutionnaire » ; mais, grévis sentait l'opinion du milieu,, l'oph grève. Je l'écoutai, et,- quand il eut harangue, je lui dis :

— Qui remplacera tout cela?

— Nous, monsieur, si on veut. 1 fera tout le -travail, sous une lente, i sapin pour bureau.

Et ils sont des centaines qui peu qui parlent de même. Qui donc les i cet espoir fou ?

J'ai vu, à la Compagnie, le dit homme du métier, M. Cardin.

Nous parlons tout d'abord de 1; d'arbitrage.

— Nous refusons tout arbilrag M. Cardin. La Compagnie ne peut f sacrifices supérieurs à ceux qu'el actuellement. Les revendications de nous causeraient un surcroit de dép moins trente pour cent. Nous payoi un million de gages. C'est 300,000 fi

nous demande de perdre par an. Nous ne le pouvons pas. Quand noua disons cela aux grévistes, ils nous répondent : Augmentez les tarifs du fret. Gela est impossible avec la concurrence voisine des Compagnies de chemins de fer.

Non, voyez-vous, dans tout cela il y a une manœuvre inexplicable. Nos mariniers ne sont pas dans la misère. Ils vivent bien.

ses souvenirs d'en-

ïuiers. il y a vingt quels étaient leurs )r, maintenant, ils arante pour cent de

rs encore actuelleos chalands demeol et déchargement rinier est libre sur tondre sur les avan- >is pouvoir dire que s est mauvaise. Ce .lors que le travail

pas parties et revenues, ce sera jun déficit considérable dont le commerce fluvial de Rouen sera frappé.

// septembre.

Le remède au mal des grèves.

Les mariniers affirment que la grève durera encore un grand mois.

Si pareille chose arrivait, nous n'aurions

plus affaire qu'à une grève partielle. Il est probable, en effet, que le personnel de la Compagnie Fréligny va d'ici peu reprendre le travail.

Les mariniers de cette entreprise ont fait cause commune avec ceux de la Seine, c'est vrai ; mais ils ont fait précéder leur acte d'une déclaration qui démontre une fois de plus les exigences tyranniques de la doctrine socialiste.

L'entreprise Fréligny existe depuis de longues années Le personnel a été élevé, pour ainsi dire, par les chefs de la maison.

Patrons et ouvriers sont donc liés par de mutuels souvenirs. Aussi est-ce respectueuse-

OPINION DE M. CLAMAGERAN.

M. Clamageran dirige, à Rouen, une importante entreprise de transports maritimes. Ses relations commerciales sont surtout établies avec l'étranger.

A l'heure où je me présente à son bureau, — une ruche en travail, — M. Clamageran dépouille son courrier.

— Ma foi, monsieur, vous venez à propos, me dit-il dès que je lui expose le but de ma visite. Voyez, voici des lettres qui m'arrivent du Midi. Nous avons deux gros transports immobilisés par suite de la grève d'Oran. Et ce n'est pas fini 1... ce mouvement va gagner tous les ports... nous en sommes malheureusement sûrs.

— Les intérêts du commerce rouennais vontils être lésés dans une grande proportion ?

— Ils le sont déjà !

— Et si la grève dure un mois encore?

— Ce serait un désastre. Voici pourquoi. Le

port est encombré, pas au point, louleft nous obliger à suspendre les arrivages.

dans une dizaine de jours, il en sera autre

Nous nous verrons forcés de refuser l teaux, qui s'en iront vers le Havre 01 Dieppe. C'est autant que perdra Rouen. S y a d'autres perles à craindre.

Et M. Clamageran, très au courant de; ses dont il parle, m'assure, en un langag précis, que le port rouennais court, pour nir, un très réel danger.

— Rouen, me dit-il, est un port do cal dont l'élément principal est le transit médi néen. On vous a déjà montré le péril de 1 currence des voies ferrées. Pour l'Ouei péril n'est pas à craindre. Cette Compag laquelle nous n'avons recours que penda fortes crues, n'a pas de matériel. Hais il y ligne qui pourrait nous enlever noire lr C'est le P.-L.-M. Notre grand trafic d'Orie concurrencé par des combinaisons de chi de fer entre Paris et les ports médilerrai Tout l'Orient — et les affaires y sont nom

ses — aboutit à Alger et Marseille. Jusqu'à ce jour, nous avons la préférence, et la ligne fluviale Alger-Rouen-Paris ne souffre pas dé la concurrence par voie ferrée de la ligne Alger- Marseille-Lyon- Paris. Mais si la grève des mariniers met les Compagnies de transports dans la nécessité d'augmenter le prix du fret, l'aspect des choses changera. Actuellement, l'écart des prix entre le transport fluvial et le transport par voie ferrée est tel que la concurrence est impossible. Mais qu'il n'y ait entre les deux qu'une minime différence de trois ou quatre francs la tonne, la voie ferrée méridionale, avec la vitesse qu'elle peut offrir, aura de grandes chances d'hériter de notre trafic.

C'est pourquoi, voyez- vous, il est d'une incontestable nécessité d'étudier de très près cette question de salaire. Il faut en finir une bonne fois. Je vis parmi les mariniers. Je sais combien ils subissent de mauvaises influences. Mais tous ne sont pas des malandrins. Et la plupart, si ce n'était- la peur des meneurs, continueraient à travailler. Hélas 1 je dois reconnaître que le

M. Clamageran, qu'ils unissent leur force morale ; cette unité des intelligences directrices assurera l'activité commerciale, l'activité continue sans laquelle on ne saurait assurer la prospérité durable d'une nation.

12 septembre.

ppssw

LE SECRET DES GRÈVES

LE SECRET DES GRÈVE

Enquête au Havre. — Interview d député. — Les déboires de H. Mari Havre. — L'oubli des lois.

Les négociants lésés par les gi Dunkerque, soit à Rouen, affirment vcment gréviste pouvait être ci réduit au Havre, garantissant ains lagion les autres ports français.

L'enquête à laquelle je viens de Havre donne non seulement à cette grande force de vérité, mais elle di le gouvernement a toléré les troubl quand il n'était pas lui-même l'insf rect ou direct de ces désordres.

M. Rispal, député du Havre et i métaux, est un laborieux. Pendant parlementaires, il se consacre à soi C'est là que je l'ai rencontré, paru:

les fontes. Sur sa table de travail

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commerciales voisinent avec les projets de loi. " M. Rispal est donc merveilleusement placé pour donner son avis sur nn mouvement ouvrier qui l'intéresse à un double point de vue économique et politique.

— Ceux-là ont raison, me dit-il, qui prétendent que toutes ces grèves ont pour point de départ celle du Havre. On a été, dans toute cette affaire, d'une mollesse dangereuse. Mais l'origine du mouvement gréviste remonte à la première grève des terrassiers, voilà tantôt deux mois. Ne reparlons pas des détails, n'est-ce pas? Le seul grief à relever contre les pouvoirs publics, c'est, dès le début, l'inaction voulue ou commandée, c'est la persistance à ne pas appliquer les lois existantes : le ministère protégeait les meneurs.

Comment ! dès le premier jour, on fait arrêter le principal agitateur des terrassiers, un nommé Laville, voilier de son état. Ce Laville . est relâché : par ordre de qui ? Bref, le soir même de sa mise en liberté, on Ta vu dinant avec M. Nicolle, le commissaire de police spécial.

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faire de l'agitation quotidienne. Il court au Havre, sur sa vie et sur ses ressources, des histoires extraordinaires. Sou internationalisme estpatenl.il peut tout. A son appel, les ouvriers, médusés, se soulèvent. Et lui, au mépris des lois, demeure toujours indemne.

Marck et Laville (.itèrent donc le pouls au pouvoir. Ce dernier les laissant faire, ils pouvaient marcher. La grève des soutiers aurait pu être arrêtée par l'application de la loi contre les ouvriers inscrits, lesquels sont sous la discipline du Code maritime. Cinquante- deux condamnations avaient été prononcées par le tribunal maritime. M. Lefiambe, commissaire de l'inscription maritime, qui, requis, avait appliqué la loi, a été déplacé, envoyé à Brest. Et les condamnations, par ordre ministériel, considérées comme nulles. Voilà les résultats !

Las actes de M. Marais.

Le cabinet officiel de M. le maire du Havre est une salle splendide. Lui, M. Marais, est d'une

modestie ch homme pais:

ment. C'est u chez lui, dep qu'aux bouclt idéaliste de i de notre cou rer qu'il était

— Je le s dis-je. Aussi de votre bien' Je remonte à ment...

— Bien, je Or, ce mouvt une traînée d vient tout sirr

Lorsque M publics, Ht et tion les chant blia qu'une c vriers la difféi qui venaient d

et soixante centimes l'heure, ne voulurent pas travailler à trente-cinq centimes.

— Oui, monsieur le maire, mais cela ne justifie en rien les violences dont votre ville a été le théâtre.

— Certes ! mais moi, voyez-vous, j'ai fait mon devoir. J'ai été en permanence à la mairie. J'ai, chaque fois que cela a été nécessaire, protégé ou fait protéger la liberté du travail.

Et, tenez ! que je vous montre un document.

Ici, M. Marais tire d'un carton une double feuille de papier administratif. Le titre, en belle bâtarde, est ainsi libellé : Liste des arrestations opérées, etc., etc.

— Voici, continue M. Marais, la liste de tous les ouvriers qui, à mon avis, ont été coupables d'un délit pour atteinte à la liberté du travail. Il y en a un peu plus de 70.

— Et combien de condamnations.

— Pas tout à fait vingt-cinq.

Ma mission consiste à signaler le délit, à requérir l'arrestation. Le reste est besogne de procureur.

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— Tenez, ajoute M. Marais, il y en avait un, un terrassier du Midi, nommé Carcanade. Il était venu de Paris ; ce fut lui, avec Laville, qui cria le plus fort. Il fit si bien qu'il fut nommé délégué. Bref, quand tout fut arrangé, quand lui, Carcanade, avait l'assurance de toucher le salaire désiré, il disparut du Havre le surlendemain de l'arrangement.

— El cela ne vous a pas paru étrange, comme le cas de Laville, de Marck, etc., etc.. ?

— Je réservé mon opinion là-dessus. Je me borne à regretter que les autorités supérieures de la République manquent ainsi de courage civique. Voilà de longues, de très longues années que je suis dans l'administration municipale. J'assiste maintenante de douloureux spectacles. Pour un radical, c'est dur !

La trame.

Le mouvement vient de Paris ! La vérité,- c'est qu'une bande d'agitateurs opère depuis de longs mois en province. Marck,

LE SECRET DES GRÈVES

depuis un an, fomente des g\ Quand l'ouvrage abonde, il fai un orateur socialiste.

A ce propos, une anecdote Dès le début de la grève Havre, M. Fribourg vint fair rences socialistes. On connaît nons pas. Quelques semaines bitrage est accepté de part et ( maire du Havre, va un ma où l'attend M. Baudin, min publics.

Les ouvriers terrassiers s côté. Tout le monde se retrou du ministre, lequel prend ses bitrage.

Tout à coup, on frappe à la nière s'ouvre et le citoyen M. Baudin tend sa main mil veau venu et lui dit :

— Bonjour, mon cher Frib La loi sur l'arbitrage n'a\ cas-là.

Une autre fois, les négociants du Havre ont une entrevue avec les délégués grévistes, Marck en tèle. Pendant tout le temps de la réunion, H. Catbala, le sous-préfet, n'appelait pas le meneur autrement que : « Mon cher Marck 1 » A ce point qu'un assistant, interpellant très haut M. Cathala, lui dit :

— Alors, monsieur le sous-préfet, c'est nous qui sommes les voyous !

Ni au Havre ni à Rouen, le parquet n'a fait son devoir.

A Rouen, quand les mariniers décrétèrent la grève, comment firent-ils pour arrêter, en cours de route, les bateaux sur le fleuve ? Us télégraphièrent tout simplement l'ordre du syndicat. Les mariniers, payés par la Compagnie, cessaient le travail sur l'injonction d'un tiers. Ce tiers commettait ainsi une atteinte à la liberté du travail. Le parquet de Rouen a vu les dépêches, il a entrevu le délit et il est resté inactif. Sans nul doute, le parquet de Rouen, comme celui du Havre, avait, par ordre, les yeux fermés.

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