LA GREVE DES DÉBARDEURS DE DUNKERQ
A DUNKERQUE Les débardeurs socialistes.
Les malheureux, solidaires par peur de demeurent inactifs el muets. Bonnes ge de même, doux comme des moutons ! i moutons de Panarge, qui peuvent dever gés. Ils ont faim et n'ont pas de caisse de : Chacun cherche sa vie et la trouve où comme il peut, quand il peut.
Ils ne se plaignent guère. L'espoir qi luire à leurs yeux est si vif, si doré, si largesses futures que les voilà hypnoti
Mais cependant des exemples récents 1 blenl et leur mettent au cœur un désir i sans merci.
Je leur parle de M. Oumonl, dont 1 ville proclame la bonté. Les grévistes a je vanle, à mon tour par ouï-dire, sa médiatrice, n'ont qu'un cri : c'est un reproche.
— H. Dumonl ! en voilà un qui n'est pas i ! parlez-nous du maire de Marseille I brave homme. Celui-là, au moins, il 20,000 francs aux grévistes. Biais n\, lui, pour ici, pas un sou.
siste pas sur la beauté du geste de ières. J'en tirerai cette simple concluces exemples-là sont des semences de ïtées dans un terrain qui n'est que are pour tes recevoir et les faire pro-
ins cette foule d'ouvriers des ports, majorité d'hommes robustes, décidés, lent toutes choses, lois et conventions lu niveau de leur force musculaire, à ace dp leurs besoins immédiats, s, disais-je à l'un deux, si celte situaolonge, la famine va devenir terrible, un petit bonhomme, minable, résigné, rès doucement.
! oui, monsieur, fort heureusement Islandais sont revenus, ces jours ci.
nil donné leurs restes de biscuits.
310 LE ROÏAUBE SOCIALISTE
grévistes accusaient, à tort, d'avoir fait venir des ouvriers d'Angleterre.
Cette bagarre de la rue du Collège a été sur In point de dégénérer en émeute.
Presque l'émaoto .
M. de Baecker m'a conté la chose. Il en est encore tout surpris.
— On sonne, me dît-il, mon fils va ouvrir. Il y avait devant la porte 1.200 hommes qui vociféraient. Mon fils, le plus jeune, prend peur. Il repousse la porte qui se referme fort heureusement. La troupe arrive, le général en tète. On les insulta. On les excita. J'ai vu un homme ouvrir sa chemise et dire à un gendarme, en offrant sa poitrine nue : ■ Mais frappez donc ! tas de lâches ! » Enfin, je dois vous dire que la troupe a montré là un sang-froid auquel je ne rendrai jamais assez hommage. La moindre imprudence aurait eu les plus graves résultats. Enfin, le maire est arrivé.
— Mais, demandai-je à M. de Baecker, qui avait fait venir les ouvriers anglais.
la recherche de Gérard. Il est, me dit-on, à la Chambre de commerce, en conférence avec les autorités. Pour le joindre, il faut passer les ponls : je les passe. Me voici en plein bivouac. Les soldats d'infanterie, abrilés médiocrement sous des bâches, organisent, des feux pour cuire le rata. La bise est froide, le sol est détrempé. Les soldats grelottent ; ce sont, pour la plupart — détail attristant — des réservistes de Dunkerque.
J'avise un gréviste. C'est justement un membre du comité de la grève. Nous causons des récents événements dont la demeure de M. de Baecker a été le théâtre.
— C'est égal, dis-je, si la troupe n'avait pas eu ce sang froid ?..,
Mon gréviste hausse les épaules.
— Qu'est-ce qu'ils auraient pu faire avec leurs chevaux et leurs hommes. Est-ce que vous croyez que nous n'avions pas pris nos précautions? Il y avait des gens de chez nous qui portaient des lignes toutes préparées pour entourer les chevaux. Un cheval ainsi lié, on se serait
mis à dix pour le h qu'aux bassins.
Il maugréa.
— C'est bêle de noi pes. C'est bien la p ministère pour qu'il soldats.
— Je vous trouve dis-je à mon gréviste.
— Faut pas rire a' sentencieusement.
Entre temps, mon listes d'adhésion au 33
— Nous serons trc l'on verra ! déclare le grève.
Sur les marches de la chambre de comn mentent.
Mon compagnon s'a
— Gérard est-il là?
— Voilà !dit unevi El je vois un homi
roulant vers moi. Il me Icnd une main rude à laquelle il manque un doigt.
— Ah ! c'est pour la « presse » ! me dit-il. Eh bien, je vais vous donner des renseignements ; mais ne restons pas ici, c'est plein d'espions !
— Comment! on vous espionne ?
— C'est ainsi ! j'ai toute la journée des agents de la Sûreté à mes trousses. Ou me fait suivre.
— Qui ça !... le gouvernement ? Millerand ?
— Mais oui ! sans doute ! ça n'empêche pas que nous arriverons à nos fins.
— Lesquelles?
— Je vais vous dire ça 1 tënlrons au cabaret. Le cabaretjoue toujours dans les grèves un
rôle prépondérant. Suivi par quelques grévistes, nous entrons dans un petit bar anglais. La barmaid, un peu surprise, nous sert des chopes.
Gérard me présente ses deux compagnons.
— Les deux vice-présidents de la grève, Jean Valois et le citoyen Pierre Ancel.
Gérard a dit le mol « citoyen » avec quelque timidité ; manque d'habitude sans doute.