LA GREVE DES DEBARDEI
— Nous avons pour ain La grève va être terminée
— Bon I mais alors, d pourquoi elle acommencé, coup, en bloc, sans prépai
— Moi ! que voulez-voi Tout ce que je sais, c'et nous nous sommes dit à se mettre en grève I El, nous étions quatre mille,
— Tout de go ! Sans pr
— Dam!
— Hum ! C'est bien exl
— Ah I mais, vous ce vice-président, il y avait de Marseille.
Gérard reprend la parole
— Tu permets, citoyei citoyen journaliste les rais Nous crevions de faim. Il salaire.
— Alors, dis-je, ce n'esl tique que- vous poursuive
— Ah ! mais si ! Et vous pouvez le dire en mon nom ! En organisant les ouvriers du port de Dunkerque pour leur défense, j'ai fait œuvre de socialisme. Eux, les Flamands, ils ne savent pas ce que c'est que la politique.
— Vous 1... vous savez?
— Oh ! oui, me répond Gérard.
Et, spontanément, il me conte ceci :
— Vous rappelez-vous les luttes du Casino de Paris?... Gérard de Lille, dont on parlait tant... c'était moi ! Ah! j'en ai eu, du succès... J'ai, chez moi, des articles que je ne donnerais pas pour tout l'or du monde.
— Bon 1 mais revenons à nos moutons, c'està-dire aux grévistes. Vous allez faire un syndicat ?
— Oui ! car nos revendications étant jus-
ItîS. . .
— Pour tout le monde?
— Oui, pour tout le monde ! La meilleure preuve, c'est que les négociants nous accordent ce que nous demandons sans rien retrancher, ce qui prouve que nous avions raison.
LE KOTAUME SOCIALISTE
h ! lui répondisse, mais il se pourrait i patrons n'aienl cédé que pour empê- 1 conflit sanglant entre les grévistes et la
jul cas, ajoutai-je, si vous voulez préveemenl les directeurs de la Petite Répttvous feriez bien de télégraphier à Dieppe, loy eus-directeurs, Dejean et Géraulld y sont en ce moment, dviendra-t-il de tout ceci?
ain, un syndicat des ouvriers du port va institué.
s assisterons à de nouveaux conflits.
yndi.cat des négociants aura à se défendre le syndicat des ouvriers. La force synmaniée par des débardeurs, pourra être de troubles perpétuels, surtout si le syn- ,e décore de l'églantine socialiste, ce qui >eu près sur.
ée de former un syndicat a été lancée, à •rque, par M. Salambier, ancien maire sle de Calais. Une délégation de grévistes, I en tête, portant tous l'églantine rouge
M. Salambier. Ce nouveau venu a discours socialiste dont. toutes les conisaient l'expropriation capital is meilleur remède aux misères actuel!
deurs. Ces paroles creuses ont su macs creux des grévistes. M. Si reparti pour Calais, laissant den théories toutes faites à l'usage d'esprit.
Quoi qu'il en soit, il se connrm< vail reprendra demain ou après-dei tard. Voici pour le présent. Poui calme n'est pas assuré. Quinze jours dans un port comme Duukerqi désastre.
En veut-on une preuve? Il est t le mois d'août 1900, quatre-vingten moins, que pendant le mois d'a<
Voilà qui est significatif ! Et qua que le chef des grévistes nous < œuvre politique, on ne peut que politique qui paralyse ainsi le com
nal. Les craintes de l'avenir justifient celte parole d'une personnalité considérable de Dunkerque, laquelle me disait :
— Ah ! il sérail heureux que ce ministère tombât le plus vite possible.
Les grévistes, moins courtois, disent :
— Ab ! nous en avons assez de Millerand, de son ministère et de ses soldats gardeschiourme !
C'est déjà, sur un point, l'accord du capital el du travail contre un gouvernement qui soutient les divisions dans l'espoir d'assurer son règne.
4 sept. 1900.
leversé le peu de nature véritable que la Société du Creusot réservait pour ses collaborateurs. Le calme des jours enfuis reviendra-t-il ? Les habitants de la grande cité industrielle sout partagés eu deux camps, deux syndicats. Le syndical numéro un, socialiste, composé des rouges, le syndicat numéro deux, simplement ouvrier, mutualiste, composé des jaunes. Voilà toute la querelle. Les rouges ne veulent pas que les jaunes travaillent. Les jaunes, trouvant la vie bonne au Creusot, veulent travailler en paix. Cette scission a des résultats malheureux. Les familles sont séparées ; des fils renient leur père ; des frères sont ennemis. Croit-on que les générations qui vont suivre seront plus liées ? Dé trompez- vous. Sur le tertre qui fut le square du Guide, j'interpellai des enfants ramasseurs d'écorce.
Un petit gars auquel je m'adressai me dit, en me désignant une fillette qui rodait autour de nous :
— Vous voyez la fille qui est là... Eh bien ! c'est une sale jaune.
VUE GRÈVE àtl CREUSOT ot(H
— Et toi, qu'est-ce que lu es ?
— Je suis un rouge, comme papa.
— Qu'est-ce que c'est que çà, qu'un
— Les rouges?C'estceuxqui auront sot pour eux, un jour.
Cet enfant traduisait, en termes ej rêve agité devant les masses simpli Creusot par les orateurs socialistes de de 1899.
— Ne détruisez pas cette mine, let M. Maxence Roldes, car bientôt elle vou tiendra.
La terreur socialiste .
Chaque malin, dans les faubourgs q ron rient le Creusot, tes ouvriers ne se r l'usine qu'accompagnés par deux pelc chasseurs à cheval.
C'est un triste spectacle que celui hommes laborieux terrorisés par des c de malandrins qui comprennent singuli la liberté du travail. Sur le seuil de:
maisons que la Société du Creusot loi
ouvriers, chaque locataire guette le groupe des parlants pour l'usine, et ce n'est que lorsque la colonne passe devant sa porte qu'il s'y joint. Pour rien au monde, il ne voudrait partir seul.
— Pourquoi ? demandai-je à l'un deux.
— Vous ne savez pas, me répondit-il, que les rouges nous attaquent en nombre, et quand nous sommes seuls. Si la troupe n'était pas là, je n'irais pas à l'usine. Je gagne 4 francs par jour, je chômerais bien huit jours en attendant que ces histoires là finissent. Ma peau vaut mieux que 32 francs.
Des hommes désireux de vivre sagement de leur labeur sont obligés de marcher comme une chiourme gardée par des cavaliers. A l'ouvrage, des soldats d'infanterie les protègent. Rentrés chez eux, ils doivent subir les avanies de voisins qui pensent différemment. On s'insulte de porte à porte. Le soir, quand les hauts fourneaux incendient le ciel d'une lueur rouge intermittente, on a des visions d'enfer. Des voix coléreuses hurlent dans l'ombre. Dans les ruelles,