GRÈVE AU CREUSOT
sur la pierre chauffée par le soleil du jour, des noctambules affalés à terre maugréent.
International! sme.
— Ce n'a pas élé cette fois un mouvement gréviste, déclare M. le docteur Robillard, maire du Creusot. Nous nous sommes trouvés en face d'une tentative révolutionnaire. Le mot d'ordre a dû venir de Genève. Il n'y avait aucune raison pour que la grève éclatât. Depuis l'arbitrage de l'an dernier, on a souvent renvoyé des ouvriers pour le même délit que cette fois. 11 n'y a rien eu alors. Pourquoi cette révolte aujourd'hui, alors que même les délégués du syndical n'avaient pas fait la démarche préliminaire prévue dans les conventions ? Non, c'était bel et bien une attaque contre l'usine. Nous avons trouvé" des hommes qui avaient dans leurs poches des sacs pleins de boulons et des lance-pierres pour les transformer en projectiles. D'autres avaient à la main des limes emmanchées en guise d'arme. Sûrs de l'appui
ministériel, ils allaient de l'avant. Mais, celle fois, nous avons eu affaire a un préfet énergique. Les députés socialistes n'ont pas pesé lourd ici. C'est alors que les rouges, voyant que leurs députés s'en allaient et que la troupe venait, ont été frappés de stupeur. — « On nous a changé notre Millerand ! » disaient-ils.
Charleux se désole.
Charleux a, au Creusol, la situation que Basly avait jadis à Anzin, avant d'êlre député.
En quittant M. le maire, j'ai été au cabaret de Charleux. Le président du syndicat n" 1, du syndicat rouge, Charleux, servait de rares consommations à de non moins rares consommateurs.
Ii n'a qu'une phrase qu'il répète constamment. La voici :
— Le ministère vous lâche. Mes amis, faites en sorte qu'on vous reprenne à l'usine ou quittez le Creusot. Mais rien à faire en ce moment. Il faut attendre des jours plus favorables.
Oh I la bonne Ame !