‹ Le rythme de la vieChapitre 62 sur 85 · CHARLES DICKENS · texte numérisé non relu

CHARLES DICKENS

Vivre. Cueillir des fleurs, des baisers, des caresses, Respirer des parfums, aimer, s'épanouir.

Poursuivre la beauté craintive qui veut fuir ; Vouloir des femmes pour esclaves, pour maîtresses;

Savourer le nectar idéal des tendresses

Et boire l'ambroisie exquise du plaisir ;

Adorer à l'égal de l'or et du saphir

L'azur des yeux et les reflets des blondes tresses,

iiOO DESTINEE

Tel est le songe bref que réserve à nos sens, A notre esprit, à nos caprices frémissants La bonne terre qui fleurit et fructifie ;

On va, on vient, on sent la tiédeur du soleil

Qui dore le matin clair et le soir vermeil ;

On est heureux, on est plein d'espoir. C'est la vie.

Et puis, on se sent pris comme d'un lourd sommeil; Cliaque heure est un fardeavi ; chaque aurore est suivie D'un brouillard précurseur de la nuit sans réveil ;

On voudrait s'arrêter sur la pente gravie.

Et goûter, après un beau jour, un jour pareil :

Espérance illusoire et décevante envie !

Un spectre ricanant nargue notre désir Au milieu de la fête où tremble notre ivresse La désolation d'une sombre détresse Annonce à nos terreurs l'heure qui va venir

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