LA TRISTESSE DES YEUX SOMBRES
Tes beaux yeux sont voilés de tristesse. Pourquoi Ce silence rêveur, ce souci, cette crainte, Et ce frisson qui fait qu'en une brusque clrcinle Ta main frêle a tremblé d'un fugitif émoi ?
Ah ! sans doute, en ton cœur trop fragile et trop tendre Une secrète plaie a lentement pleuré ; En toi frémit l'appel d'un souvenir sacré, Murmure douloureux que nul ne jJcut entendre.
LA TRISTKSSK Di:S YEUX SOMBRES 219
Qui sait ? Dans la splendeur d'un paradis perdu. Sans doute tu vois fuir quelque l'orme d'archange ; Et l'univers trompeur, où tout passe et tout chanyc, T'a pris ton idéal et ne t'a rien rendu.
Hélas ! Ta joue en Heur sera hop Lui fanée. Ta lèvre rouge aura perdu son incarnat ; Ton âme, qu'un amour impossible entraîna. Sera sans joie avant la fin de la journée.
0 cœur trop pur, épris d'un bonheur incirable, Cœur charmant, où chantait l'écho d'un mot divin ; Tu souffres de sentir que ton rêve était vain, Et que l'amour n'était que chimère et que fable.
L'ombi'e des jours, en ton regard, jadis vermeil, Assombrit le reflet des consolants mirages, Et tes yeux désolés ont des lueurs d'orages. Comme l'horizon triste où s'éteint le soleil.
Qu'est-ce qu'aimer et s'en plaindre souvent?
Vent !
Que suis-je donc lorsque mon cœur en fend ?
Enfant!