VIRGILE
L'humanité, de siècle en siècle rajeunie,
Marche, à travers les deuils, vers l'avenir meilleur.
Et salue, en chantant, la divine pâleur
Des astres, dans l'azur de l'immense harmonie.
Au passant irrité, qui hlasphème et qui nie, La longue étape inflige un surcroît de douleur. Tandis qu'au voyageur hardi s'offre la fleur Dont la grâce a souri sur la route infinie.
EN MABCHE 269
Les vaillants n'auraient pas, clans leur cœur indompté. L'espoir de se hausser jusqu'à l'orgueil des cimes. Sans le philtre d'amour qui soutient leur fierté.
Les siècles, tour à tour, en tombant aux abîmes, Voient monter, en plein ciel, deux lumières sublimes ; L'Esprit impérieux, l'invincible Beauté.
Plus me plaist le séjour qu'ont bâti mes aïoux. Que des palais romains le front audacieux ; Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine. jOACiiiM DU BELLAY, Lcs Rcgrets.
Nous allons quitter Rome et les tombes Illustres Où les siècles défunts dorment, ensevelis, Tandis que l'herbe folle, aux temples démolis, Fleurit les chapiteaux, les arcs et les Ijalustres.
Adieu, palais romains, dont les modernes lustres. Eclairant des blasons semés de fleurs de Ivs, Flattent des trafiquants qui, naguère anoblis, N'ont pas enror perdu leur rudesse de rustres.
Trop long fut mon exil, et je n'eus pas raison
De suivre aux bords lointains la menteuse espérance
Je veux voir mes amis, laissés là-bas, en France.
Le vent souffle, plus frais. Propice est la saison ; Je veux guérir les maux d'une cruelle absence. Et, comme Du Bellav, retrouver ma maison.