‹ Le rythme du chant dit grégorien d'après la notation neumatiqueChapitre 11 sur 48 · SIGNE-GROUPE FONDAMENTAL · texte numérisé non relu

SIGNE-GROUPE FONDAMENTAL

HK>;9$o«.~.

PODATUS

Signe-racine du dérivé direct: SCANDICUS.

« « « indirect: TORCULUS.

« « sous -dérivé: TORCULUS RESUPINUS.

à) PODATUS

(S^ne-racifté) Ses transformations et mo'diflcations de nuances et rythmes (voy. Tab. I^).

Nota. — Tous les exemples qui suivent, sont tirés soit du manuscrit 339 de S* Gall, soit du manuscrit n** SSp de la même abbaye, soit du manuscrit n** 121 de Tabbaye d'Einsiedeln. Il est plus intéressant, et même plus probant, d'avoir sous les yeux un exemple d'emploi authentique, qu'un j exemple d'emploi possible toujours suspect d'avoir été créé pour les

! besoins d'une thèse.

Nous suivrons rythme par rythme, les signes neumatiques portés au tableau général donné page 9.

Les huit premiers rythmes de la classification sont seuls usuels pour le podatus.

Rythme P

Ce rythme est le plus usuel, il indique deux notes d'égale durée* ascendantes, conjointes ou disjointes ; très généralement à distance de ton

* Voyez R. VII et VIII les rythmes composés [^ ^ [J ^ \ tf ^ etc.

quand elles sont conjointes, disjointes elles n'excèdent jamais l'intervalle de quinte juste; jamais elles ne sont à distance de quarte augmentée fa si Ij ou de quinte diminuée (renversement de quarte augmentée) sijj-fa.

Ex. 25.

IdI. do 2e mftjenre Int. do So mineare

Int. de 3fi xnnjeure

Int. de 4e Juste

Int« de 5« Joate,

ëE

At te le " vavi Ex Si - («n

Grad. >• D d. TAv.

Intr. iwD. d-l'Av.

St G Ail p. J, Orad. p 1.

Einsiedein p. S, Grad. p. 4.

et — enim

Intr. l«r D. d. l'Ar.

St. Gall p. 1, Grad. p. 1.

au - ditam Die tri - uoiplium

Intr. 2e D. d. I* Av.

EInstedoln p. 2, Grad. p. 4.

hymne Pange Ungua

laaream

Binsiodeln p. 388,

Grad. p. 198.

Il en est de même pour tous les intervalles de tous lès groupes. Le saut de quinte est le plus rare.

Rythme 11°. ^

Les deux notes exprimées par ce signe, sont légèrement infléchies riteniUo : c'est le sens du texte, on de la mélodie qui l'exige :

etc.

I*u — er

Intr. (iKoSl. Messe duJourH.

8t. Gai i p. 1 1, Einsiedein p< SO.

Gradualis Solesmes p. 33.

on verra dans quelques cas, ce Podatus ^rallentendo marcaio », de même que le Scandicus, noté en traits simples superposés. (Voy. Ex. i38 et

Rythme IIL

Le signe fondamental tronqué* est bien la figure graphique de l'émission voulue par l'auteur; son emploi le plus fréquent se trouve dans la traduction musicale des syllabes nasales, sonores en latin : an^ in, en, on, un, etc.. comme dans les mots ^ confundanîur \ confundentur^.

Il n'y a pas règle absolue, mais généralité d'emploi.

* C*est réellement la combinaison du point et de l'apostrophe (.•).

ilfj ■ -^ ■ - ■

Ex.

rlt-

1\ lut. ((1er Dim. de TA vent, n St Gall p. 1. Qradual's p. 1.

In le non con - fun - - dcn - lur

en effet, on le constate noté pour exprimer une syllabe sèche « e?/ » par exemple

Ex. 28. "Av ' ^ r r r ^ # ^ ^n*- ^^^iM. Messe du Jour.

'^"'" p — '"'"^ LJ-"f ~ ^^' ^*^" p- "• ^'«d- p- w.

et û - li - us

La traduction moderne ainsi faite, respecte bien le sens phonétique du signe. Traduire ^à exposerait à une exécution sautillée de mauvais style.

On verra au R. VHP la forme ternaire de ce podatus liquescent, dont le le nom classique est « epiphonus }>.

Rythme IV^

Le quilisiua est une petite ligne brisée qui commence le signe, et indique toujours, (dans quelque groupe que ce soit), une note véritablement brève. Dans le podatus qui nous occupe, c'est Tappogiature inférieure de la note supérieure qui la suit '.

Le podatus avec quilisma initial est fort rare; (l'emploi le plus général de cet élément rythmique bref est réservé pour les groupes ascendants de 3 sons et plus, scandicus), en voici cependant un exemple :

;. 29. fegj

r-w—rr 1 -1 I n 1 — [ 1 — Comm. (•EoceDoiDli lis vcn'ot.»!

Ex. 29. Nm P J ^ A -t-f J i - etc. Ferio VI. 4 temps de l'A vent.

St. Gall p. & Grod. Solesmes p 13.

Rythme V°.

Les notes représentées par ces apostrophes sont émises légèrement, à peine touchées, presque vaporeuses, c*est pourquoi nous avons adopté

< Revoir ce que nous avons dit p. i8.

pour leur traduction en notation moderne, les petites notes qui indiquent graphiquement l'effacement momentané, Téloignement en quelque sorte de la voix qui les émet.

Le premier groupe est fréquent (forme ternaire).

Ex. 80.

Dominus di - xit ad me

.|^ Intr. «No8l. Messe de nniU»»

SU Gall p. 10. Qrod. p, J7.

Ex. 31.

OommaBion uErubescant.o 8L Galli p. 41. Grad. p. 94.

Ve-lo

ter

Le second groupe est beaucoup plus rare, en voici un exemple.

Ex. 82.

Offert. «In omnem Terram»

Messe Votive des 8S. Ap. Pierre et Paul.

St. Gall p. 101. Grad p. [82].

in fines or - bis

Rythme VP.

Les trois premiers de ces rythmes sont d'un emploi très restreint dans les pièces qui nous fourniraient des exemples contrôlables, et nous ne voulons en donner ici que de faciles à vérifier par tous. Ces trois groupes se rencontrent principalement dans les versets (aujourd'hui supprimés des livres de chœur) des offertoires. Nous passerons de suite aux trois derniers, d'un usage courant.

Une remarque peut être faite. Les versets d'offertoire abondent en rythmes compliqués et intéressants pour la science neumatique; il est bien regrettable qu'on n'en puisse faire aucun cas dans un ouvrage comme celui-ci qui vise à être essentiellement pratique aussi bien que théorique, ''

4e Rythme.

Ex. 38.

fnt. fiJustufi ut PalmaM.

St. Gall p. 1U8. Grad. [43j.

mf

flo-re-bi(

Les deux suivants sont plus fréquents :

5« Rythme.

fil

Ex. 84.

Int. tiVlgilo de Natlvltë».

St. Qall p. 9. Grad. p. M.

IIo - di - e Scietis

6« Rythme.

Ex. 35.

fe

offert. «Confitebantur».

St. Gall p. 85. Qrad. p. [17].

tu - a

Rythme VII^.

Les notes brèves finales de ces sortes de groupes ne doivent jamais être saccadées à l'émission; ce sont presque des échappées modernes, legato par conséquent. Elles ne doivent, par contre, jamais être traînées, ce qui les assimilerait à des notes liquescentes que le signe n'indique pas. Ce sont des groupes crescendo p. à mf. L'exemple suivant du deuxième de ces rythmes corrobore tout ce qui précède :

Ex. 36.

Tilt. uRespice**. LimXIIIpost Tentce. St. Oall p. 1 19. Grndualis p. 327. Eiusicdiln p. 324.

oblivi - sca - ris

La non-brièveté sèche de cette finale est attestée par le manuscrit d'Einsiedeln, qui donne ce groupe ainsi '"/ = ^ f f l î ^^ podatus

S' Gall est d'ailleurs probant par lui-même. Voici enfin le même groupe avec note finale liquescente:

Ex

ex. Yorsct d'offertoire «Exulta salis M St. Gail p. 8.

Mot : paccai (dernier groupe de la Vocalise)

tî.

Rythme VIIP.

On a vu le rythme 5® indiquer un piano du groupe total, les rythmes 6** un diminueftdo, les rythmes 7' un crescendo, ceux-ci sont m/ sostenuto, nuance indiquée sans équivoque par le redoublement d'une des notes composantes à Taide de la Virga, signe d'inflexion par lui-même. Ce sont des groupes ternaires.

Ex. 38.

mf 80st, a - nimam et prs-cin - xit

et Glius da

tiis

Int. 1er D. de TAt.

St Gall p. 1.

Gr«d. p. 1.

AtleluU. M Y. DoiDinii8.M No6ly M eiflo de Taurora.

8tQaHp.ll.GMtd.p.3i.

InU «Noël Meueda

Jour.»

StG«llp.ll.Grad.p.38.

an - le

Orad. MTecum »«.

St. Gall p. 10.

orsd. p. 28.

Tels sont les différents modes d'écriture les plus usuels, dont les anciens neumatistes se sont servis pour noter les mouvements mélodiques ascendants de 2 sons. On ne peut nier que ces signes soient clairs et surtout très logiques dans leurs combinaisons graphiques.

Nous terminons par la même observation que précédemment en ce qui touche aux traits et virgas, éléments fondamentaux représentant la note initiale inférieure de tous ces groupes. Ces traits n'indiquent pas toujours une intonation plus élevée ou plus basse que celle de la note qui les précède immédiatement dans la mélodie.

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