‹ Le rythme du chant dit grégorien d'après la notation neumatiqueChapitre 20 sur 48 · OUI · texte numérisé non relu

OUI

l«r Venet d'Off. fiBenediziiti»

St. QaU p. 4.

Le premier groupe du tableau est plus fréquent. Très déclamatoire, il ne paraît guère lui-même que dans les vocalises* un peu pontifiantes ; en voici deux exemples :

Ex. 184.

re — (vocal.)

Grad. («Qui Sedes».

St. Gall p. 4.

Grad. p. 8.

gts

Ce fragment est la fin de la vocalise sur le second mot du verset €qui régis ^. Ledit graduel (et son verset) est une des plus superbes mélodies qui existent dans TArt grégorien. La vocalise du verset est grandiose ; les neumes sont écrits avec une sûreté de main qui ne permet pas deux interprétations. Nous donnons plus loin l'œuvre entièrement traduite. — Voici enfin le second ex :

Domious

Il n'y a rien de spécial à ajouter sur ce signe.

ir

Le neume 1^ bien caractéristique dans sa forme graphique, nous semble également mal interprêté. Ce doit être, non un climacus liquescent — qui a sa notation parfaitement claire /^ ^ — mais une clivis avec échappée supérieure post-ajoutée) de même que le podatus ou torculus précédemment expliqué, est orné ^ avant -i^ celui-ci nous montre l'ornement « après ».

On lui a donné bien des noms différents, le principal est celui dVAncus ».

La théorie du moyen âge, écrite par Guy d'Arezzo et ses successeurs, commentateurs ou autres, est bien postérieure à la grande époque de TArt neumatique, dont le Manuscrit de Saint-Gall nous conserve une version mise au net. Ce n'est donc pas dans ces théories que nous devons trouver, ni chercher, l'éclaircissement du mystère qui nous cache le sens du signe neumatique.

Le problème à résoudre se pose ainsi :

La clîvis simple l\ indiquant deux notes descendantes, le climacus simple A trois notes descendantes, que peut signifier cette forme nouvelle, étant donné que clivis et climacus, liquescents, ont une notation neumatique propre?

La réponse nous paraît être celle-ci :

La clivis indiquant deux notes descendantes, le climacus, trois, quatre,

cinq , l'Ancus ne peut indiquer d'après sa forme graphique rentrante

sur elle-même qu'un retour sur la note précédente, retour simili-liquescent, c'est une échappée ascendante innotable autrement.

Sous une forme saisissable, c'est le dessin suivant, peu importent les notes.

Ex. 186. mi ,,,,.,.,,,, EEE gjj^

do ^'

Ce dessin rythmique est précisément une des rares combinaisons qui manquaient à la classification générale.

— lOO —

Hâtons- nous de dire que, seule la forme graphique du neume nous a révélé son sens rythmique, et que ce n'est nullement le désir de trouver le dessin manquant qui nous Ta fait identifier avec le signe.

Rien de tel ne nous a jamais guidé ; nous recherchons la vérité pour elle-même, nous n'édifions pas un système, nous sommes las, comme tant d'autres, de tous les « systèmes » d*interprétation proposés depuis tantôt un demi-siècle.

Quel que soit le véritable sens ^primitif 1^ du signe Ancus, constatons que toute une classe de groupes en dérive, et le contient à son état racine.

Tout d'abord, que peut-on objecter à notre interprétation?

Est-ce la tradition? Ce serait une puérilité! Elle est perdue, depuis le iS*' siècle au moins. Est-ce la notation carrée primitive? Que nous offre-telle? Prenons le gradualis bénédictin qui en est la réimpression probable, contrôlée dit-on scrupuleusement sur tous les principaux manuscrits du moyen âge. Quelle traduction nous donne-t-elle de ce signe?

Ex. 186 w»

Quatre traductions pour un seul signe neumatique invariable?? La notation moyen âge ne respecte pas, par conséquent, la notation neumatique, et l'incohérence de cette traduction sans règle, révèle la perte de la tradition. Ne consultons dès lors que le signe lui-même.

Remarquons toutefois que le premier exemple A) confirme notre théorie ^ qui, de ce fait, est vraisemblable. De plus la forme du neume s'oppose à ce que ce soit Tune des traductions, B) en climacus, C) en clivis simple^ D) en cephalicus.

Une seule objection peut être faite à la traduction A: c'est un porrectus! Oui, noté dans les livres bénédictins, mais cette notation est fautive ainsi, la forme rentrante liquescente finale du neume indique la notation suivante:

Ex. 187.

qte:

^ En tant que dessin mélodique.

— lOI —

Cette notation paraîtra sous-en tendre à son tour les neumes suivants: A. /^ /u ^ dont la traduction littérale serait celle qui vient d'être donnée (ex. 187) !

C'est précisément là, où nous voulions aboutir, pour montrer que le signe en question /3 n'est, ni un porrectus liquescent, ni un simple porrectus, ni un climacus, ni une simple clivis, ni un cephalicus..., mais bien un signe spécial à ornement final se rapprochant de la liquescence, un signe en somme, qu'il n'est possible de reconnaître que pour une clivis

avec échappée ^ supérieure — f"^ J^ c, q. f. d.

Ce signe-racine entre dans la composition de différents groupes neumatiques, dont les principaux sont les suivants, classés selon les rythmes adoptés.

Rsrthme I^.

St. Gall.

Neumes loui-ent.

d'aprët la

not. Bënëd.

Iiumerum e — — jus

nomen e — — jus, ma - gni etc.

Int «Puer Katua est». St. Gall p. 11. Grad. p. 33.

st. Gall.

Ex. 189.

Ncnmcs soas-ent.

d'après la not

ni-liil —

Int uGaadoten.

St. Gall p. 3.

Grad. p. 7.

rit

cor

— dis —

ve — stris

Gom. « Domine, quinqao ».

St. Gall p. 22.

Grad. p.3G7.

Int. (iPopulus Slon». Gall p. 2. Grad p. 4.

' Il est à remarquer que, jamais, pour ainsi dire, cette échappée n*est à Tunisson de la note qui la suit immédiatement. En ce cas, elle serait une «anticipation».

Enfin cette dernière combinaison, formée par le signe précédemment expliqué (pages 98 à 100) et celui dont nous nous occupons:

St. Qall.

Ex. 190.

Neumes soiu-ent.]

d'aprës la

not. Bëndd.

rit. allarg.

Finnamentuin,

me —

uni

Off. uFactus estn

St. Gall p. 57.

Einsiedoln. 162.

Grad. p. 136.

Rythme 11°.

Ex. 191. [ fo ~ JT?J ~ ^

— jus

Corn. (« Exultavit ut gli^aa •>

St. Gall p. 8.

Grad. p. 20.

rit.

— jus

OfT. uDes'dorium».

St. Gall p. 106.

Grad. p. [48].

Rythme IIP.

Ex. 192.

rit-T

rz

fl^BB!

I — jus

Com. ((Ecce ▼of>;o>t.

St. Gall p. 5.

Grad. p. 2).

Al - le — lu - -

Ail « MirahiliB ». St. Gall. p. 112.

Grad. p. 389.

la

Cet Alléluia n'est-il pas délicieux de pure inspiration !

Rythme VIP.

Ex. 193.

jus

- io3 -

Ce qu'en notation moderne nous écrirons simplement :

Ex. 194.

Off. ciTal mint eœli».

St Gall p. lit,

Grad. p. 36.

Rythme VIII».

et — —

Ryfhme X'.

-etc.

Antfph. «ImmaterouT'».

St. Oall p. 33.

Grad. p. 74.

Ex. 196.

yy

leni

— plo —

AnMph. uVidi aqaam egredlontein»

St. Qall p. 7&.

Grad. p. 2*

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