‹ Le rythme du chant dit grégorien d'après la notation neumatiqueChapitre 27 sur 48 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

La nécessité du respect absolu des groupes neumatiques s'impose. — En les respectant, on aura la certitude de chanter selon le rythme ancien, mais jamais on n'aura la même certitude en ce qui concerne la note réelle du début (c'est, du moins, notre conviction absolue), les manuscrits anciens offrant souvent des variantes de notes très caractérisées.

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, NOTE COMPLEMENTAIRE

l On aura remarqué que la virga et le punctum sont toujours les

p mêmes graphiquement, quel que soit le rythme de l'œuvre. N'y a-t-il pas

! un rapprochement à faire entre cette interprétation, différente r3rthmique-

ment, du même signe graphiquement immuable et la création, faite au moyen âge, du système des valeurs proportionnelles?

Dans ce système, tissu de complications arithmétiques inextricables, nous constatons, en effet, que certaines valeurs graphiquement immuables se subdivisaient en deux ou trois valeurs plus brèves, selon que le temps était parfait (ternaire) ou imparfait (binaire).

Il nous semble que cette .difficulté (tournée bien simplement par nous, modernes, avec nos valeurs dites pointées (P* f U*) est simplement un souvenir inconscient de la notation neumatique, dans laquelle virga et punctum sont toujours écrits sous la même forme, et représentent néanmoins un temps binaire ou ternaire, suivant le cas.

Dans la notation neumatique, le rythme était visible au premier coup d'oeil, par les strophicus doubles ou triples, ou par les bi- et tri-virgas, on l'a déjà dit plus haut; et, dans la notation proportionnelle du moj^en âge, le rythme était fixé au début de la pièce par un signe spécial qui levait tous les doutes *. Dans les deux notations, il n'y avait pas matière à hésitation.

Enfin, il peut paraître oiseux après cet exposé des temps rythmiques, de parler de la mesure dans le chant dit grégorien!

Néanmoins, cette question est tellement débattue, entre théoriciens, qu'il nous paraît nécessaire au contraire, après avoir prouvé que la mélodie se compose de temps rythmiques successifs formant des mots musicaux — mesure sui generis, — de prouver en dernier ressort l'inadmissibilité théorique de la mesure moderne, comme contraire au sens mélodique dudit chant, et même comme étrangère au système de la notation primitive.

> Voy. Article» A. Pirro, Tribune de Saint-Gcrvais, année iSgS.

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