ESE^E^E
Les trois textes de la 3® forme nous montrent que la place de la Vocalise n'est pas obligatoirement sur le mot principal de la phrase. Il est peutêtre plus juste de dire que le compositeur Técrit sur le mot qui l'impressionne particulièrement, à moins encore qu'il n'y ait de sa part que simple désir de ne pas retomber dans le sentier déjà suivi par un compositeur précédent.
Nous faisons toujours nos réserves sur l'authenticité des notes employées ; quelques-unes sont déjà corrigées ici comme fautives à coup sûr dans les éditions actuelles.
d) Texte : « Jus /us ut palma ».
Nous trouvons ce texte employé dans les quatre pièces suivantes
Ex. 312.
Introïi: T. 1.
Grad. [4.1], Su Gall p. 103.
ut
pal — ma
Graduel: T. 2.
Grad. [41].
Eiiisiedclii p. 37. ^
AUelnia; T. i.
Grad. (47].
Si, Gall p. 130.
Eiiislodein p. ^166.
V Ju
Jf
Dire: T. 4. r
Grad. p. (.W]. [
St. Gall p. 15 t
Jll — — — Slll
— — slus
ut
pal — ma
Int
p-perd.-»—
flo — re — — — — bit
si — eut ce
si — eut ce
Ail.
flo — re — -— — — bit
si — eut ce — — — —
îM S
Int.
Gr.
(^danii le nouveau texte, âint£\ Li
molto alUrg.
(1) synërèse. Toato cotte vocalise est d'après le Man. 121. d'EIntfedeln.
Off.
Int.
:ri
~ — drus
ba
irj
manque dans St. Gall fonnnle luncUe
— — drus
Ail.
—rit-
— j^ — drus
en un seal t
groupe de j
St. Qall. !
' é/*. /ir.
g^SB
— drus
quœ in Li — — ba — — no — — —
Int.
Ail.
rz=q:
/Ir.
Wt=ɱ3t=fÉ:
-tjLzf.
nml ~ li — pli - ca — — — — •— — — — - — bi
I manque dans > St. Gall l
mul - ti — pli - ca
bi
jy
mul - ti — pli - ca
bi — -
Off.
-rit
-;tty
est.
Int.
tur
I manqno dans 8t. Gall.
tur
otc. Jubilas d'AUeluia du début.
Off.
L'Introït est de 2^ forme toujours pure; c'est bien l'antienne fleurie
habituelle.
Le Graduel est fleuri {Z^ forme) selon l'usage ; la vocalise se trouve dans le verset sur le mot « mane ». Nous n'avons pas donné cette 2* partie de la pièce pour ne pas allonger indéfiniment les exemples.
L'AUeluia est dans toute sa pureté (3® forme). Longue vocalise au milieu du verset, et reprise du Jubilus alléluiatique sur le dernier mot ^ mtiltiplicabitun^ du verset.
L'Offertoire doit être également classé de 3^ forme à cause de ses nombreux ornements ; il y a musique pure dans ces courtes vocalises dont il est parsemé.
é) Pièces hors classes.
Toutes les pièces grégoriennes rentrent-elles dans une de ces trois formes d'Art?
Toutes peuvent toujours être classées dans Tune ou l'autre, mais fixer par avance que tel genre de texte rentre toujours dans telle catégorie est impossible.
Prenons-en une comme exemple.
Le Trisagion du Vendredi-Saint, d'un archaïsme délicieux, rentre dans la catégorie des antiennes fleuries (2* forme d'Art) comme l'antienne « Adorna » ^ dont il a tout le cachet artistique et les mêmes retours rythmiques :
Ex 313. [^^^
A— gi — os
The-os
A— gi — os
Is— chv-ros
-ji=^..
^^Sê^^S
A — gi— os
a-lha-na-tos
Itjt
e — le — i— son
1 — mas
Cette version^ est celle du Tropaire de Saint • Martial de Limoges (PI. XXVII, Paléographie, i^ vol.), adoptée par l'édition Bénédictine et par celle de Reims et Cambrai. La version sangallienne s'en éloigne un peu (voy. Man. SSg de Saint-Gall, page 71, i®*" vol. de la Paléog.). Nous la traduisons ci-contre, ex. 814, sous toutes réserves, mais avec chances de nous écarter peu de la mélodie antique :
* Voyez ex. 270.
s Les éditions modernes mettent un b devant le si ? Il nous paraît de'truire le «cristallin» la tonalité!
' Sinon exacte, du moins très approchante. Les différences sont indiquées par des^
Ex. 314.
lie f.
A — gi — OS
The— os
A — gi — os
Is - cliy^— ros
^ / 4 (fi
A— gi— os — — a - tha-na - tbos
rit.
^EÈ^t^ ^^E^
c— le — i — son
I — mas
On sent bien réellement, entre ces deux mélodies, une parenté indéniable, et on voit de plus que le si [? ne s'impose nullement. La mélodie est claire et Tiritroduction du bémol lui imprime un cachet de tristesse.
Note finale. Dans toutes les traductions qui précèdent nous avons suivi les neumes, c'est-à-dire que nous en avons transcrit rigoureusement tous les détails rythmiques ; pour l'exécution, une semblable transcription serait sujette à erreur d'interprétation, parce qu'elle est trop compliquée. Nous en préparons une nouvelle, qui remplira ce but pratique. Non pas que cette transcription pratique sera un arrangement de la mélodie primitive, mais seulement une simplification pour rendre la ligne mélodique plus moderne, c'est-à-dire plus aisément lisible. En voici un court exemple :
Off. uReges Tbania»> (r. p. 296).
Ex. 315.
rraductlon [ ^"Q ^ ^^^ JF H-^
Re — ges Thar — sis
Simplification
^ dlm.
-^zqi:
-etc.
Re — ges Thar - sis
Entre les deux modes de traduction il n'y avait pas à hésiter.
De plus, dans cette future publication* nous ne suivrons que les neumes, sans nous obliger à respecter les notations actuelles, bénédictine ou rémocambraisienne, puisque le but de cet ouvrage est de fixer le rythme qu'ils nous cachent.
Ne réussirions-nous qu'à demi dans la nouvelle tâche que nous nous sommes imposée, nous n'en aurions pas moins éveillé l'attention sur la marche à suivre pour la reconstitution, aussi certaine que possible, de la mélodie antique, réserves faites, bien entendu, pour la part d'aléa en tant que notes que toute question archéologique recèle.
Bien des erreurs manifestes, mais excusables, se sont glissées dans nos livres; rectifions-les; ce sera déjà un grand pas fait pour nous rapprocher de la vérité ; notre œuvre n'aurait-elle d'autre résultat que celui de permettre des corrections certaines, qu'elle ne serait pas inutile.
* En grande partie prête à paraître par fascicules séparés, et pour laquelle nous réservons toutes les observations critiques à faire sur chaque pièce.
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