‹ Le rythme du chant grégorien d'après Gui d'ArezzoChapitre 3 sur 17 · Même Revue, p · texte numérisé non relu

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Ma terminologie est donc pleinement justifiée par la logique et par l'histoire.

II. Dom Pothier prétend, en outre, qu'entre sa théorie et celle de Gui d'Arezzo il n'y a qu'une différence de point de vue.

Il y a plus que cela : il y a une différence de degré.

i°Le rythme grégorien, fondé sur l'accentuation, ne comporte que des mouvements binaires et ternaires.

C'est le premier degré.

Dom Pothier s'en tient là.

20 Les pieds binaires et ternaires se combinent entre eux d'après quatre lois ou relations expressément formulées par Gui d'Arezzo.

C'est le second degré.

Dom Pothier refuse de le franchir.

3o De cette quadruple combinaison résultent des membres mélodiques, des distinctions, auxquelles Gui d'Arezzo donne le nom de tétramètres, pentamètres, etc..

C'est le troisième degré.

Inutile de dire que Dom Pothier est encore moins disposé à s'avancer jusque-là.

Pourquoi ?

Dom Pothier reconnaît cependant que les quatre lois ou relationsindiquées par Gui d'Arezzo peuvent être utiles « comme procédé de composition ». Je le crois bien, puisque le chapitre xv du Micrologue s'adresse précisément aux compositeurs: ita qui cantum faciunt, et qu'il a pour objet les règles à suivre pour écrire une mélodie correcte : De commoda componenda modulatione. Mais comment ne pas comprendre que les lois qui ont présidé à la composition sont par là même celles qui doivent présider à l'exécution ? L'exécutant ne doit-il pas s'appliquer à reproduire, et à reproduire fidèlement, ce qui a été conçu, écrit par le compositeur ?

La théorie est bonne, dit-on encore, mais la pratique vaut mieux : c'est Yiinum necessarium l.

Mais, encore une fois, comment établir et fixer la pratique, si elle ne repose pas sur la théorie ?

C'est de l'empirisme.

Je crois donc pouvoir maintenir que j'ai exactement compris et rendu la pensée, comme j'ai exactement exposé la doctrine de Gui d'Arezzo. J'estime ensuite que si le compositeur a établi sa mélodie d'après telles ou telles relations rythmiques, il est indispensable de reconnaître ces

r. Même Revue, p. 127.

relations pour arriver à une exécution fidèle et correcte, et que par conséquent ces diverses relations doivent être soigneusement notées pour l'exécutant, et religieusement observées par l'exécutant. Je veux espérer que mes lecteurs souscriront à mes conclusions

i A. -G. Foucault,

Evêque de Saint-Dié.

LA

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