‹ Le rythme du chant grégorien d'après Gui d'ArezzoChapitre 4 sur 17 · I. — DOCTRINE RYTHMIQUE DE GLT D'AREZZO · texte numérisé non relu

I. — DOCTRINE RYTHMIQUE DE GLT D'AREZZO

Quelques lignes de Gui d'Arezzo contiennent dans leur féconde simplicité toute la théorie du. rythme musical appliqué au chant grégorien.

Citons d'abord le texte du Micrologue, chapitre xv.sur lequel je crois pouvoir établir ma thèse :

Summopere caveatur talis neumarum distributio, ut, quum neumœ tum ejusdem soni repercussione, tum duorum aul plurium connexione fiant, sempertamen, aul in numéro pocum, aut in ratione tenorum, neumœ alterutrum conferantur atque ?*espondeant, nunc jeqvm .equis, nunc dupl.e vel triplée siMPLiciBus, atque alias collatione sesquialtera vel

SESQUITERTIA.

Qu'on me permette avant tout de placer ici une observation importante : à savoir que ce texte est nettement didactique, qu'il s'adresse aux compositeurs et qu'il prétend leur assigner les règles à suivre pour l'harmonieuse coordination des neumes : summopere caveatur talis

(i) Extrait de la Tribune de Saint-Getvais, n° 12, décembre 1902.

neumarum distributio. Qu'il s'agisse de sons placés sur le même degré de l'échelle musicale ou sur des degrés différents : qitum neumœ tum ejusdem sont repercussione, tum duorum aut plurium connexiorie fiant, qu'importe? la règle sera la même, soit pour le nombre des sons, in numéro vocum, soit pour leur rapport de durée, aut in ratione tenorum. Les neumes, en eflet, ne doivent pas se succéder au hasard et sans rapport les uns avec les autres. Au contraire, il y a entre les neumes une relation intime, neumœ alterutrum conferantur, une correspondance étroite, atque respondeant, relation et correspondance dont le maître donne la formule en quelques mots.

Les neumes devront se répondre : nunc œquœ œquis, nunc duplœ vel triplée simplicibus, atque alias collatione sesquialtera vel sesquitertia.

Certes il était difficile de définir d'une manière non seulement plus brève et plus précise, mais surtout plus mathématique, les divers rapports selon lesquels les sons d'une mélodie grégorienne doivent être concertés, combinés et liés.

Rappelons d'abord que tout pied musical, grégorien ou non, se compose essentiellement d'une thésis et d'une arsis, lesquelles ne comportent entre elles que deux relations : relation du simple au simple, c'est-à-dire i -t- i, et relation du simple au double et vice versa, soit : i +20U2+1. Inutile d'insister sur un point incontesté. Je me borne à donner le schéma de ces deux relations.

Relation du simple au simple j^ ou j

Relation du simple au double et vice versa :

a) i + 2, ou T1 H ou p !

b) 2 + I, OU J^J* OU J^P

Evidemment ce n'est pas de ces relations élémentaires qu'il s'agit dans notre passage du Micrologue. Il ne s'agit pas de la constitution intérieure des pieds ou neumes, mais bien de la combinaison de ces pieds ou neumes entre eux : neumarum distributio. Or, quelles peuvent être les relations des neumes les uns avec les autres et quelles sont les règles qui président à leur combinaison ? Ces relations sont au nombre de quatre, d'après Gui d'Arezzo :

Relation d'égal à égal, soit 2 -h 2 ;

Relation du simple au double, soit 2 -+- 4 ;

Relation sesquialtère, soit 2 + 3 ;

Relation sesquitierce, soit 3 + 4.

Il est facile devoir que, d'après ces quatre règles, le numerus vocum dans la thésis et l'arsis peut être de 2 ou 3 ou 4, d'où résulteront les combinaisons suivantes :

Relation d'égal à égal.

Relation sesquialtère .

Relation du simple au double

Thésis

Arsis

Tliési»

Arsis

Relation sesquialtère.

Relation d'égal à égal.

Relation sesquitierce.

Relation du double au simple.

Relation sesquitierce.

Relation d'égal à égal.

La rythmique grégorienne ne connaît pas d'autres combinaisons. Il s'agit de voir si les compositeurs les ont employées et quel parti ils en ont tiré. Malgré l'extrême simplicité de cette théorie, les quelques exemples suivants en démontreront toute la richesse.

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