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Les cas de mauvaises adaptations des paroles à la musique sont fréquents: nous engageons les piofesseurs à les corriger sans hésitation, car souvent les passages les plus énergiques, les plus passionnés sont afl'aiblis, estropiés par une syllabe.
On s'imagine peut-être que c'est une chose très-difficile, d'appliquer des paroles à un rhythme, à une phrase instrumentale; il n'en est rien. Qu'on lise attentivement les régies qu'il (but observer pour donner à un vers féminin un rhythme masculin, à un vers masculin un rhythme féminin (p. Ao); qu'on se pénètre des observations de ce paragraphe et il est probable qu'on ne sera pas exposé à faire des bévues sur ce point.
Avant de terminer cette étude, qu'on nous permette une observation sur la manière plus ou moins heureuse dont les chanteurs conlcnl, enchaînent la dernière note d'un rhylbme, d'une phrase, à la première d'un rhythme suivant. Nous nous souvenons d'avoir entendu chanter la romance; Au Paradis, par un artiste, professeur des plus renommés. La romance présente une espèce de dialogue entre un bon curé et sa gouvernante Marguerite. Cette dernière faisant au curé des re])roches sur sa prodigalité, termine la phrase musicale sur le ré de la 4*^ mesure. Puis le pasteur rei)rend le refrain sur la note sol :
\ etc.
^^^g^g^^^'-r^ir ;7rs^j^:j^r-jijijg^-a
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Uaii mon puicur, voua ou - bli • CI Qu'il ot lu (oulqucvouiay-ci. — Alloni Marguo - ri- t«, viio et tIIo ot vi ■ le.
Eh bien! le croirait-on, ce chanteur illustre jugeait à propos d'enchaîner ces deux phrases far une traînée fulgurante qui arrachait les applaudissements du bon public! Cepen-
1. CpIIc miilliplicin^ de noies .siir une seule syll.ilie nous recule jusqu'aux Neumcs, niix Allcliiia. aux nenrrlicamvs,fW. .Saint Au(;ustln la léglllme en disant : «Elles ont pour olijel de peindre le redouMeinenl des alTrctions, reintiraseinent du eœiir, l'excès de la joie, l'alli-gresse intérieure qui ne peut élrc exi)riiiii(' par des paroles. > (Saint Augustin, in l'salin. X.WII.)
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tlaiil CCI artiste venait de commettre un véritable crime artistique, en corrompant le goùl du public pour quelques applaudissements. En effet, cetteliaison, cette traînée dans l'exemple ci-dessus, est un contre-sens. Comment est-il possible à une personne de couler, de traîner un son chanté, soutenu par une autre ? Et dire que les plus grands artistes tombent dans des fautes pareilles sans troubles de la conscience ! Nous connaissons à merveille la puissance de l'efiet qui résulte de l'enchaînement de deux phrases, mais encore faut-il que le procédé soit employé avec inleiligeuce et ne heurte pas le bon sens:
Flotow. Martha.
if-
Jue le deuil, qae le deuil des hi
Qu'ici, à la ■4'^ mesure, on emploie ce procédé, nous le comprendrions. La répétition des mêmes paroles, la marche ascendante par degré conjoint, à partir de la 4*^ mesure, la modulation à la sous^scnsible, la recrudescence de la phrase musicale, le point d'orgue sur la pins haute note du rhylhme, sur la finale, exigent un déploiement de force, une énergie singulière. Il est donc naturel que le chanteur épuisé laisse tomber, traîner sa voix sur la V note du rhylhme suivant et cela d'autant plus qu'elle arrive par un grand intervalle descendant.
Dans la musique instrumentale, par exemple au piano, il arrive, au contraire, qu'on encliaîne la dernière note d'un trait, d'un rhytlime, à la première du rhythme suivant, si celle-ci arrive par un grand saut ascendant et si elle est répétée :
Mozart. Sonate en fa.
Voilà dans quelles circonstances, avec quelle conlexlure de rhylhme, nous comprenons l'emploi de ce procédé duquel presque. tous les chanteurs, violonistes et violoncelhstes usent et abusent à qui mieux mieux.
§ 10. Règles de l'Accentuation rhythmique.
Accent de la note initiale. "
Nous avons dit (p. 50) que la note finale de chaque rhylhme apporte à l'oreille le sentiment d'un repos plus ou moins complet, qu'elle est accompagnée d'une chute de voix et suivie d'un silence. Dans ce fait réside toute la puissance de Vaccent rhythmique ; car qui dit flexion, silence, dit fatalement force, accent pour la note suivante. Si faible que soit celte note, elle impressionne l'oreille; de là :
V règle : La ])rcitiiérc noie de chaque rhythmc est forle, quelle que soit la place qu'elle occupe dans la mesure ou dans le temps :
a) Quand c'est la note la plus haute d'un rhylhme descendant ou la plus haute d'un rhylhme secondaire, le premier ayant commencé par une note grave:
Chopin. Impromptu I. Op. 29.
(Voyez l'inlroduclion de V/nvilation d la valse
h) Quand, exoeplionnellemcnl, elle lomhe sur le temps levé ou dernier de la mesure, les rhyllimes précédents ayant commencé sur le temps fort. Dans ce cas, la note initiale prend surtout de la foice si elle est syncopée, c'est-à-dire prolongée par la première de la mesure suivante:
Leybach. Tiji-olienne
2'= règle : La première noie d'un rliythme csl faible:
a) Si elle peut cire considérée comme terminant une incise, c'esl-à-dire, si tombant au commencement d'une mesure, elle est répétée ou suivie par un silence. E.vemples :
CnoriN. Op. 7.
Ce fait a surtout lieu quand le premier rhythmc commence sur le temps fort, tandis que le deuxième commence par une noie d'élan, sur le levé, comme dans ces deux exem|)lcs.
b) Dans les mesures à J à G croches par mesure, qui renferment des ihylhmes composés de six notes dont les trois premières appartiennent à la première mesure et les trois dernières à la deuxième, c'est-à-dire des rhyllimes à cheval sin- deux mesures, coupant
chnciinc en deux moitiés, el prenant de l'une les trois dernières, de Tautre les trois premières notes. Exemple:
Weber
Si dans ces sortes de contexlure on ne laissait pas dominer Yaccent métrique en le marquant énergii|uement, la mesure et le rliythme feraient naufrage, la mesure à f deviendrait I et le rhylhme si distingué, à contre-temps, deviendrait trivial. L'effet suivant serait infailliblement produit :
Toujours est-il que c'est un fait original qu'un groupe de sons, tout en donnant à cliaque note identiquement la même valeur, puisse, selon une accentuation rhyihmique différente , former des mesures el des rhythmes différents. (Voyez le n° 1 1 du 2*^ livre des Éludes de Cramer, que rarement nous avons entendu exécuter correctement et dans lequel il faut faire sentir l'accent métrique pour sauver à la fois la mesure et le rhythme.)
Il arrive souvent que la note initiale d'un rhylhme prend de l'accent dans tel cas et n'en prend pas dans tel autre. Si elle est suivie d'une syncope exceptionnelle ou si elle est résohilion d'un trait, d'un trille, elle jette la force sur la deuxième note du rhythme. (Voyez |i. 62.) Par exemple dans l'Andantino du Carnaval de Venise, de Schulhoff, le fa initial du premier rhylhme prend de l'accent :
^ÊeM
tandis que le fa du deuxième rhylhme n'en prend pas, parce qu'il est suivj d'une syncope i^rave, arrivant par grand intervalle, qui absorbe toute la force.
A la 3° et à la ■4'^ reprise du même rhylhme, ce fa est précédé d'un trille et lui sert ih; note finale, de résolution. Il doit donc être enchaîné à ce trille, ce qui lui enlève sa force, i'.xemple :
tr ti- a .
Accent de la note finale.
1'''^ règle : La dernière note d'un rhylhme masculin esi forte:
a) Si elle est répétition temporale ou seule dans la dernière mesure ;
b) Si le rliyllimo qnVllo Irrmine fait pciidnDt à un rliyllimc fL'iiiinin; dnns ce cas, elle prend à elle seule toute la force el la durée de toutes les notes qu'elle rcmiilace :
r) Si elle arrive exceptionnellement par un grand saut descendant; dans ce cas, elle est lVé(]ueninient précédée d'une occiaccatura, improprement ap|)elée appoggialurc.
-Szb
2® règle: La dernière note d'un rhylhme masculin est faible:
a) Si elle a une petite valeur, c'est-à-dire si le rhyllime suivant commence sur le même temps ou sur le temps suivant :