‹ Le rythme musicalChapitre 29 sur 32 · GOUNOD · texte numérisé non relu

GOUNOD

2. Ce fait explique pourquoi les artistes exécutent mal la musique pour danse; c'est qu'ils sacrifient par trop les accents métriques aux rliyllmiiques et ne marquent pas assez la première note de chaque mesure.

Voyez les valses: Faust, par Gounod ; /c J;/»/ erra»/, par Bursmuller; /ex /?oscs, par 0. Metra; les Tixiîiieauj: , mazurka par Ascher, etc., dans lesquelles durant des pages entières la 1'^'' note de la mesure est faible étant finale ô'incise ou de rhylhmc. Cependant si la dernière note d'une incise est une syncope, une répélitiou tempoialc, ou enfin, si elle remplit la mesure entière, elle est forte :

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La première et la dernière note d'une simple incise ont donc aussi la propriété de détruire l'accent métrique. Ainsi dans les deux premiers exemples de ce paragraphe la première note de cliaque mesure est faible, tandis que la dernière est forte. Ces sortes de passages offrent sur lo piano une certaine difficulté. Ce sont surtout les élèves bien organisés qui ont de la peine à jouer à conlrc-lenips.

Rappelons-nous, eiillii, (pic la dernière noie des coupes mélrii|ues suivantes est forte:

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0 0 000 (voyez pages 57 et 77), et que la dernière note d'un iliylliinc doit être suivie d'un silence à moins qu'elle ne soit accompagnée d'un point d'orgue, du mot tenttlo, ou coulée à

Nous n'avons pas ciaint de donner à ce chapitre un grand développement. C'est qu'à nos yeux les rln/lliiiirs ont une importance capitale. Le lecteur a dû s'en apercevoir en voyant la multiplicité des aspects du sujet que nous venons de traiter. Nul ne peut espérer composer, écrire correctement, nul ne peut atteindre une exécution intelligenle, artisii(]ue, si, spontanément ou par réflexion , il n'accentue selon l'affinité des notes, conformément à la tendance, à l'attraction naturelle qu'elles ont au repos.

§ 11. Exercices pratiques.

Dès la première rccréalion de la Mélliode qu'on suit, il faut attirer l'attention de l'élève sur les rhijllimes , c'est-à-dire sur le retour périodique, de 2 en 2, de 4 en i, de 8 en 8 mesures, des mêmes notes, des mêmes valeurs formant des dessins symétriques.

Aussitôt que l'élève est initié aux rhylhmes et habitué à saisir, dans les groupes de sons, une pensée, une unité musicale, il faut aussi le familiariser avec les incises; donc après avoir joué la Méthode ou un certain nombre d'airs sans tenir compte des incises, il reprend les mêmes airs et y marque les incises. Il faut lui indiquer où et quand il peut en faire, mais surtout où et quand il doit s'en abstenir.

L'élève doit examiner les rhyliunes de tous les morceaux qu'il joue et corriger sans scrupule toutes les accenlualions et indications défectueuses.

11 commencera d'abord à rhythmer des chansons, romances et danses, puis progressivement, les morceaux et études. Il faut lui donner fréquemment des airs de romances à rhythmer et à inciser, en ayant soin de cacher ou d'enlever les paroles, et comparer ensuite son annotation rhythmique avec celle qui résulte des paroles.

On dit qu'un des plus grands pianistes a passé trois ans en Italie rien que pour apprendre à rhythmer, à phraser, ce qui ne l'exempte pas de toute faute d'accentuation rhythmique.

Qu'on fasse le travail que nous prescrivons, qu'on donne à l'élève ce chapitre à lire, à copier, à résumer et peut-être n'aura-t-il pas besoin de faire le voyage d'Italie pour posséder la science et le sentiment du rhylhme : la première Méthode venue et quelques mois d'application suffiront pour lui donner la connaissance des rhythmes, des incises, de la prosodie, de la phraséologie musicale et de l'accentuation rhythmique.

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