‹ Le Rythme NodaChapitre 37 sur 43 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

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3 £ Cv LA s,

LAPIN L. 11 Lapin femelle 2 kgs 300.

23 Août 1947.

9 R. — Tracés témoins (83 dérivations standard et dérivation œsophagienne) montrant un rythme sinusal normal. La fréquence varie entre 200 et 260. Ondes P très acuminées, de fort voltage, dans les 3 dérivations standard ; monomorphes, positives. PR égal à 6/100es de seconde. Complexes ventriculaires monomorphes, très grande amplitude de T.

25 Août.

9 h. — E. C. G. révèle une fréquence de l’ordre de 200. 26 Août.

10 R. — Intervention aseptique. Anesthésie au « Dial» — 3/10es de ce. injec-

tés par la veine mammaire. — Animal couché sur le flanc gauche, incision dans le 3 espace intercostal.

10 h. 15. — Dès l’ouverture du thorax et jusqu’à la fin de l’intervention, administration d'oxygène. En raison des signes manifestes de souffrance que présente le myocarde, l’exclusion n’est pas poursuivie, la région du sinus est simplement circonscrite entre deux fils formant suture.

10 h. 25. — E. C. G. faits avant la pose des ligatures, ont les mêmes caractéristiques que ceux du 23 août.

10 R. 35. — Fermeture de la plaie opératoire. Suture en masse des plans musculaires. Rétablissement du vide pleural par aspiration. Suture de la peau aux cCrins.

10 h. 55. — E.C.G. faits immédiatement après l’opération révèlent de profondes modifications particulièrement sensibles en D II et D III où les P constamment négatifs sont polymorphes (surtout nets en D III). La séquence PR passe à 7, 8 et même 9/10es de seconde. Fréquence réduite à 150.

11 h. — Scopie pulmonaire normale.

11 h. 40. — E.C.G. Onde P redevenue positive mais de voltage faible, PR de 7/100es de seconde, fréquence toujours basse, 160.

12 h. 05. — En dérivation standard les tracés sont toujours caractérisés par la très faible amplitude de P qui, par moments même, se perd dans la ligne isoélectrique. En œsophagienne, par contre, P est bien visible. Complexe ventriculaire peu modifié. PR de 5 à 6/100es de seconde. Fréquence de 160.

18 h. 15. — E.C.G. avec léger polymorphisme des ondes P. Fréquence 190, P R à 6/100es de seconde.

27 Août.

E.C.G. ont repris leurs caractères initiaux, mais fréquence 206, PR — 6

à 7/100e de seconde.

28 Août. — Idem.

En conclusion : Polymorphisme de P. Variation transitoire du PR.

8 h. — Le Lapin est trouvé mort, encore chaud mais déjà raïidi.

8 h. 30. — Autopsie. Liquide très abondant dans la cage thoracique. Manchon fibrineux autour du cœur et péricarde. Adhérences.

Plèvre dépolie recouverte d’un enduit fibrineux important.

Poumon droit complètement hépatisé. Poumon gauche avec nombreux foyers de broncho-pneumonie de la base, pleurésie.

Tube digestif entièrement vide d’aliments. Œsophage perforé sur 3 cm. par la sonde, d’où les complications infectieuses signalées au niveau des poumons.

LAPIN L. 12 Lapin mâle 2 kgs 200.

25 Août 1947.

E. C. G. témoins (appar. de MixoT), 3 dérivations standard et dérivation œsophagienne. L’électrode œsophagienne est introduite sur une longueur de 18 cm. mesurée à partir des incisives. La fréquence varie entre 218 et 280. P R égal à 6/100es de seconde.

D’autres E.C.G. témoins sont obtenus avec l’appareil de HELLIGE. Mêmes renseignements. | 27 Août. ’

9 h. 10. — Début de l’intervention aseptique.

9 h. 15. — Préparation de l’animal pour trachéotomie éventuelle.

9 R. 30. -— Anesthésie (Dial) 3/10° de cc. par veine mammaire. Ouverture du thorax. Pneumothorax droit. Administration d’oxygène sous la pression de 2 kgs 1/2. On note une forte congestion du poumon droit. Péricarde ouvert et maintenu écarté par fil de lin.

Pince à pression continue posée sur la région du sinus qui est exclue à l’aide de deux points en U, d’un point de tête et d’un point de queue. Ablation au ciseau de la zone supposée renfermer le sinus. Assez forte hémorragie.

La fermeture est précédée de la réalisation du vide par aspiration à la trompe à eau. Côtes rapprochées à l’aide d’un fil de lin, plan musculaire profond à l’aide d’un catgut, le tout serré sur un tube de verre coudé à angle droit introduit dans la cavité thoracique d’une part et en relation, d’autre part, avec l’aspirateur.

Nota. — Après le serrage du 2e point en U une très forte réduction de la fréquence cardiaque s’est manifestée, au point que l’on a craint une asphyxie imminente. Cette réduction se maintient par la suite sans que la fréquence respiratoire s’accentue.

11 h. 20. — E. C. G. révèle une fréquence variable de 90 à 145. P R de 6/100es. P polymorphe. ‘

Caisse chauffante et oxygène.

17 h. — E.C.G. 3 dérivations standard (appareil de Minor). Fréquence, 185. PR 5 à 6/100° de sec., P polymorphe.

28 Août. | Bon état apparent, animal replacé dans la cage des opérés.

10 h. — E.C.G. 3 dérivations standard, fréquence 209. PR, 5 à 6/100e«s de sec. Léger polymorphisme de P.

D’autres E.C.G. faits les 1°", 3, 9 et 24 septembre, sont assez semblables aux précédents. La fréquence s’est rétablie à sa valeur initiale, 240 en moyenne. P souvent polymorphe. P 3 tantôt négatif, tantôt positif. P R variant de 4 à 6/100es de sec.

L'animal meurt au cours de l’hiver.

En conclusion, on retiendra le polymorphisme accusé de P, et la variabilité du PR qui est court à la suite de l’intervention.

Lapin mâle 1 kg. 900.

27 Août 1947.

E. C.G. témoins (3 dérivations standard et dérivation œsophagienne) normaux. Fréquence à 238. PR, 6 à 7/100es de sec.

29 Août.

Intervention aseptique à 15 h. 15.

Anesthésie au « dial », 4/10es de cc. injectés par une veine thoracique. Préparation de la trachée en vue de l'institution éventuelle de la respiration artificielle selon la méthode de MELTzZER.

Technique habituelle d’aklation. On utilise pour la première fois le quatrième espace intercostal droit, un billot est introduit sous le thorax qu’il maintient soulevé.

Les points en U ainsi que les points d’arrêt sont placés sans incident jusqu’au dernier. À ce moment, brusquement et sans que l’on sache pourquoi, l'animal présente des signes d’asphyxie : sang noir, respiration très ralentie puis arrêtée, bradycardie considérable. On se hâte d’exciser la portion exclue par les ligatures, de couper les fils et, incisant rapidement la trachée sur les deux tiers de sa circonférence, on y branche le dispositif de respiration en oxygène pur. Par réduction convenable du départ d’oxygène en comprimant la trachée sur le tube, on distend aisément les poumons, rendant ainsi l’insufflation parfaitement efficace. Le cœur est alors massé par la compression digitale rythmée des ventricules. Au bout de quelques minutes, les mouvements reparaissent, faibles d’abord, puis plus énergiques.

Injection par la veine jugulaire de quelques dixièmes de cc. d’une solution au 1/100° d’adrénaline ; Ja respiration se rétablit alors spontanément. On continue néanmoins le MELTZER.

16 h. 35. — Fermeture du thorax. Interruption du MELTZER. Suture de la trachée.

17 h. — E. C. G. : Altérations notables du rythme qui est irrégulier. La fréquence varie entre 70 et 90. Ralentissement et arythmie sont dus à un allongement des diastoles. Celles-ci ont alternativement une durée de 2/10es et de 7/10es de sec. Les systoles sont à peu près fixes à 4/10es de sec. P R légèrement allongé, 7 à 8/100° de sec.

La morphologie des accidents auriculaires est également modifiée. Tandis que P 1 demeure positif, P 2 et P 3 sont presque toujours négatifs (un seul P 2 est positif). T1 positif, T 3 négatif, T 2 isoélectrique le plus souvent sur le deuxième tracé est tantôt positif lorsqu’il suit une révolution de courte durée, 6/10es de sec. tantôt négatif lorsqu’il suit une révolution de durée très augmentée à 10 ou 11/10 de sec. +

17 h. 15. — L’état général de l’animal est amélioré par l’injection de 30 ce. de sérum adrénaliné.

17 h. 20. — E.C. G. dans lequel on note une fréquence de 120. PR variable

qui augmente régulièrement (Périodes de LucranI-WENCKEBACH) et aboutit à un P bloqué, toujours suivi à distance par un échappement ventriculaire.

30 Août.

8 h. — Animal trouvé mort et froid dans sa cage. 9 h. — Autopsie. Poumons très congestifs. La mort résulte sans doute d’un

collapsus consécutif au choc opératoire.

LAPIN L. 15 Lapin mâle 2 kgs.

2 Septembre 1947.

E. C.G. témoins (appareil de Minor), 3 dérivations standard, normaux. Fréquence de 240. P R de 6/100es de sec.

9 h. 15. — Début de l’intervention aseptique. Découverte de la trachée pour MELTZER éventuel. Anesthésie au « Dial », 3/10es de ce. injectés par la veine jugulaire.

9 h. 25. — Excision du nœud sinusal. On note, au cours de la mise en place du premier point en U, une déchirure de la veine cave, ce qui entraîne l’obligation d’un point en U supplémentaire. L’ablation pratiquée, on a l’impression que l’intervention a été un peu trop basse et a peut-être ménagé l’extrémité supérieure du nœud de KEiTH et FLAGK.

10 R. 40. — Rétablissement du vide pleural par aspiration. Fermeture de la plaie.

11 h.-— E. C. G. Constatation à la scopie de modifications qui sont immédia-

tement fixées par la graphie. Les ondes auriculaires bien visibles, quoique de voltage très inférieur à celui du témoin, sont négatives en 2e et 3e dérivations. Polymorphes, elles sont tantôt acuminées, tantôt en dômes, quelquefois diphasiques.

PR variable compris entre 7 et 12/100es de seconde.

Dans le complexe ventriculaire, les variations essentielles portent sur l'onde T dont le voltage est toujours diminué tandis que la forme même de cet accident subit des modifications, aplatissement ou aspect diphasique.

Le rythme est fortement ralenti, la fréquence s’établissant aux environs de 94, avec périodes d’accélération et de ralentissement.

11 h. 15. — L'animal présente des mouvements respiratoires de grande amplitude. On le place dans la couveuse et on le soumet à une nouvelle inhalation d’oxygène.

% Septembre.

8 h. — Le Lapin est trouvé mort et froid.

9 h. — Autopsie : montre des poumons rétractés et congestifs, un cœur gauche plein de sang non hématosé. L’exitus est dû à l’asphyxie.

LAPIN L. 16 Lapin mâle 2 kgs.

2 Septembre 19#7. é

E. C. G. témoins (appareil de MinoT), 3 dérivations standard. Normaux, fréquence de 280, PR de 5 à 6/100es de sec.

4 Septembre.

9 h. 30. — Début de l'intervention aseptique. Anesthésie au « Dial », 4/10es de ec. par voie jugulaire.

9 h. 55. — E.C.G. (appareil de HELLIGE) faits après l’anesthésie en décubitus dorsal et en 2e dérivation révèlent seulement un ralentissement important (Fréquence de 187).

L'intervention, pratiquée selon la technique habituelle à travers le 4e espace, n’est accompagnée d’aucun incident notable.

10 h. 25. — E.C. G. immédiatement après l’exclusion révèle une fréquence fortement diminuée (F. de 100) et une inversion de P qui demeure antérieur avec un P R légèrement augmenté à 8/100es de sec.

11 h. 20. — E. C.G. La fréquence est toujours ralentie, 110 ; le PR long 7 à 8/100es de. sec. P polymorphes : simples, bifides, positifs ou négatifs.

6 Septembre.

E.C.G. (appareil de HELLIGE), 3 dérivations successives. La fréquence est variable entre 130 et 170. Autres renseignements difficiles à lire. P R semble revenu à sa valeur initiale de 5 à 6/100es de sec.

8 R. — Animal mort et froid.

9 h. — Autopsie qui n’apporte aucune précision sur les causes de la mort.

LAPIN L. 19 Lapin mâle de 2 kgs 150.

11 Septembre 1947.

10 h. — E.C.G. (appareil de MixoT), 3 dérivations standard. Normaux, caractérisés par l’importance des déflexions de la phase rapide du complexe ventriculaire en première dérivation et la réduction du T polyphasique en 3e dérivation. P R variant entre 5 et 6/100e de sec. Fréquence de 266.

12 Septembre.

10 R. — Intervention aseptique débutant par la découverte de la trachée et l’anesthésie au « Dial » intrajugulaire (4/10es de ce).

10 h. 25. — E. C. G. Témoigne d’un rythme très ralenti ; fréquence de 135. En cours d'intervention, le cœur s’accélère progressivement et la fréquence est de l’ordre de 190 lorsque l’exclusion et l’excision sont pratiquées.

11 h. — Nouvel électro à l’appareil de HELLIGE, fait après la fermeture de la plaie opératoire ; montre une fréquence fortement ralentie, aux environs de 100. Inversion de P, négatif en D II (seule dérivation enregistrée). PR légèrement raccourci variant entre # et 5/100e de sec. L’onde P apparaît presque accolée au complexe ventriculaire. Onde T en dôme très étalé.

11 h. 15. — E. C. G. (appareil de MixoT) 3 dérivations standard. La fréquence s’élève légèrement, à 125. L’onde auriculaire reparaît, timidement d’abord — de nombreux complexes témoignent d’un P isoélectrique — elle s’affirme ensuite, positive à nouveau, mais de faïble voltage. P R de 5/100es de sec. environ.

Tandis que T 1 demeure visible sur tous les enregistrements, T 2 a tendance à s’étaler et bien souvent à se confondre complètement avec la ligne isoélectrique ; enfin T 3 est inversé.

11 h. 30. -— L’animal est fortement polypnéique, avec une fréquence respiratoire à 150. Il est maintenu dans la couveuse en atmosphère riche en oxygène jusqu’à 18 h.

1% h. — E.C.G. confirme l’inversion de T3. P 3 d’abord à prépondérance positive tend à la négativation tout en demeurant diphasique. Le P R est court, 4 à 5/100es de sec. Autres accidents normaux, de faible amplitude en première dérivation (axe gauche).

On observe au cours de l’enregistrement un changement brutal de rythme qui passe de 170 au début à 234 pour retomber à 150 et s'élever à nouveau à 170. Variations rapides si l’on tient compte que l’observation a duré vingt minutes au total.

13 Septembre.

8 h. 30. — Amélioration sensible de l’état général, bien que le rythme respiratoire soit toujours rapide.

9 h. — E. C.G. d’aspect presque normal. Faible amplitude de T 3 et P 3 qui sont positifs. P R court 4/100es de sec. en moyenne, fréquence de: 206.

15 h. — Même aspect.

15 Septembre.

Etat satisfaisant. L’animal boit et mange. E. C. G. normaux, les ondes auriculaires sont nettes dans les 3 dérivations. La fréquence est de 218 et le P R de 5/100es de sec. ù

24 Septembre.

Aucune modification E. C. G.

Cet animal, conservé pour l’étude du rythme nodal chronique, succombera à une épizootie dans le courant de l’hiver.

En résumé, cet exemple est assez caractéristique du rythme nodal avec :

a) Immédiatement après l’intervention

Fréquence fortement ralentie ;

Inversion de P et de T dans certaines dérivations ;

Raccourcissement du PR. -

b) Dans les jours suivants :

Régularisation de ces altérations dont il demeure seulement un PR légèrement réduit et une amplitude diminuée de P 3 et T 3.

LAPIN L. 21 Lapin femelle de 2 kgs 100.

19 Septembre 19#7.

8 h. 30. — E.C.G. témoin (appareil de MiNoT), 3 dérivations standard en décubitus ventral. Fréquence de 284. P R de 6/100es de sec.

9 h 40. — Début de l'intervention aseptique. Anesthésie au « Dial 5 intrajugulaire 4/10es de cc. Incision au niveau du 3e espace intercostal droit. Au moment du passage du premier point en U, hémorragie sur le versant auriculaire ; celle-ci cesse à la ligature du fil. 2e point en U, fil de tête et fil de queue placés sans incident.

Excision d’un fragment de 8 mm. sur 3 mm. On munit pour la première fois le tube de verre coudé, destiné au rétablissement du vide pleural, d’un tube de caoutchouc souple, au niveau de l’extrémité intrathoracique. Le rap-

prochement des côtes et du plan musculaire, lors de la fermeture de la plaie opératoire, se fait sur celui-ci. Ainsi est assuré un vide pleural parfait.

Un tracé E.C.G. enregistré au début de l’intervention après l’anesthésie est sembable, à la fréquence près (226 contre 284), au tracé témoin.

10 h. 40. — E. C. G. sitôt après l’excision et avant la fermeture de la plaie opératoire montre un ralentissement considérable de la fréquence qui est de 96. La morphologie de l'E. C.G. est très bouleversée. En D II l’onde auriculaire polymorphe est négative ou diphasique à prédominance négative. Le début de l’onde P est souvent mal indiqué, l’accident se raccordant à la ligne isoélectrique de façon progressive. Il est donc très malaisé d’apprécier la valeur du PR. Celle-ci, d’ailleurs, dans les quelques complexes où elle est lisible, ne semble pas modifiée (6 à 7/100es de sec.).

Dans le complexe ventriculaire on remarque de façon constante une onde Q bien nette (celle-ci n’apparaïissait pas sur le témoin, mais était déjà visible sur l'enregistrement fait après l’anesthésie). Si la phase rapide du complexe ventriculaire ne présente pas d'autre particularité, l’onde lente T est, par contre, de type complètement aberrant et répond à deux aspects différents qui alternent de façon très régulière. Tantôt il s’agit d’une sorte de dôme très étalé et dissymétrique, la durée totale de cet accident étant de l’ordre de 22 à 24/100es de sec. Il existe dans ce cas un décalage vers le haut de T et du segment isoélectrique qui fait suite, le raccord avec P se fait progressivement par une courbe convexe vers le haut, d’où difficulté d’apprécier le départ de l’onde auriculaire. Tantôt T est un complexe formé d’une première partie sensiblement isoélectrique, de durée variable, 12 à 18/100es de sec, suivie, après un brusque crochetage vers le bas, d’une deuxième phase en dôme arrondi, dont la branche ascendante aurait été supprimée (cf. pli-faille des géologues) et dont la durée s'étale entre 4 et 10/100es de sec. La durée totale de cet accident est toujours de l’ordre de 22 à 24/100es de sec. Le passage à l’onde auriculaire est, dans ce cas, plus facile à percevoir.

Malgré l’alternance d’accidents de types différents la durée des révolutions cardiaques est sensiblement constante ; il n’y à pas d’arythmie.

10 h. 55. — E.C.G. débute par 3 complexes dans lesquels l’onde auriculaire est négative ; le 4e complexe présente un P légèrement positif qui devient très nettement positif et aciculaire dans la série des complexes qui suivent. Ainsi, c’est pratiquement sans transition que l’on passe de P négatifs à P positifs. Mais, quel que soit son voltage, l’onde auriculaire est toujours située avant le complexe ventriculaire. Le PR est assez variable, il oscille entre 2 et 8/100es de sec.

La fréquence est toujours très basse, voisine de 110.

11 h. 05. — E.C.G. (appareil de HELLIGE) plus difficile à lire en raison des « parasites », montre à nouveau des P polymorphes, diphasiques, à prépondérance négative ou positive.

11 h. 30. — E. C. G. (appareïl de MinoT) 3 dérivations standard. Confirment les-renseignements précédents. P 2 et P 3 positifs au début, tendent à la négativation ou à l’aspect polyphasique vers le milieu du tracé et, finalement, disparaissent dans la ligne isoélectrique. P 1 est difficile à distinguer. Lorsque le PR est visible sa valeur est fixe, 6/100es de sec. T1 et T2 négatifs, T 3 positif.

Le rythme est fait d’une alternance de révolutions cardiaques de courte durée (36/100es de sec.) et de révolutions de longue durée (54/100es de sec.), ce qui se traduit par des fréquences variant entre 166 et 110 avec, comme fréquence moyenne, 150.

On doit retenir de l’examen de ce tracé le polymorphisme de P déjà signale dans les précédents E. C. G.

14 h. — E.C. G. Sur les tracés enregistrés au début de l’après-midi, ce qui frappe au premier abord c’est la régularité et l’homogénéité apparentes de l’ensemble, avec P isoélectriques, T 1, T 2 positifs, T 3 polymorphes.

Un examen plus minutieux révèle l’existence d’un certain nombre de P très faiblement indiqués, positifs en première et deuxième dérivations, négatifs en D 3. Il semble bien que certaines ondes auriculaires s’accrochent à la flèche rapide du complexe ventriculaire. P R très court, de l’ordre de 4/100es de sec. Fréquence toujours ralentie de 130.

20 Septembre.

9 R. — Série d’E.C.G. (appareil de Minor) faits dans les 3 dérivations standard. Révèlent une fréquence variable entre 170 et 232. La première dérivation présente des accidents difficiles à déchiffrer en raison de leur très faible voltage. En D II et en D III des variations analogues à celles qui ont été décrites précédemment se manifestent. P 2 et P 3 sont positifs sur les 2e, 3e et 4e enregistrements, négatifs sur les premier, cinquième et sixième. Les 6 enregistrements ayant été faits à 10 min. les uns des autres, les modifications morphologiques de l’onde auriculaire sont donc particulièrement fréquentes. P R de l’ordre de 4 à 5/100e de sec. Les complexes ventriculaires ne présentent aucune parti-

cularité.

22 Septembre.

9 h. — E. C. G. très difficiles à distinguer des E.C.G. normaux. Aucune altération caractéristique. Tout au plus un P R légèrement raccourci, 4 à 6/100° de sec. Fréquence de 270, c’est-à-dire de l’ordre de grandeur de la fréquence initiale.

9 h. 30. — Changement radical. Les tracés présentent une alternance très régulière de deux rythmes : un rythme supra-ventriculaire et un rythme idicventriculaire. Le premier est caractérisé par son aspect quasi normal, P positif dans les 3 dérivations précède la phase rapide du complexe ventriculaire de 4/100es de sec. environ. Celle-ci est typique. La durée de la révolution est d'environ 20/100es de sec.

La caractéristique essentielle du second est l’aspect atypique du complexe ventriculaire. Il s’agit ici d’un « échappement » ventriculaire indépendant de la contraction auriculaire. L’onde P est souvent absente parce que absorbée dans la phase rapide du complexe ventriculaire. Lorsque cette onde est visible, elle figure sous la forme d’un crochetage de la branche ascendante Q R. Cette phase initiale Q RS est allongée à 5 ou 6/100° de sec. contre 4 chez Île sujet normal. La durée approximative de cette révolution est de 22/100& de sec., avec repos prolongé du cœur après les échappements, 7/100es de sec. contre 4/100es de sec. dans le rythme supra-ventriculaire.

En somme, ici tout se passe comme si l’excitation partie du nœud de Tawana, le nouveau pacemaker déterminait des contractions auriculaires très régulières, les ondes P discernables sont en effet très régulièrement espacées. Par ‘ailleurs, des excitations nouvelles se font jour à partir d’une branche hisienne ct agissent directement sur les ventricules. De ce double mode d’excitation résulte le double rythme ; aux excitations parties du nœud de TawaRrA correspond le rythme supra-ventriculaire ; aux excitations parties d’un foyer ventriculaire fait suite le rythme idio-ventriculaire ; dans ce cas le ventricule se trouve dans la période réfractaire lorsqu'il reçoit le stimulus provenant du Tawara, la contraction auriculaire n’est pas suivie du complexe ventriculaire.

La fréquence est de 262.

?4 Septembre.

9 h. — E.C.G. fixent ce qui a pu être observé en scopie pendant de très longs instants : l'instabilité particulière de l’onde P qui, d’isoélectrique devient positive en D II, en même temps qu’elle passe de négative à positive en D IT et suit une évolution inverse le moment d’après.

9 R. — E.C.G. aspect absolument normal des tracés, fréquence de 240, PR de 6 à 7/100es de sec.

26 Septembre.

9 k. — E. C.G. permettant les mêmes remarques que le 24, quant au polymorphisme ‘de l’onde P. La fréquence se maintient à 250.

29 Septembre.

9 R. — E.C.G. difficile à lire (très faible voltage), fréquence de 276.

En conclusion :

a) Après l’intervention

Diminution de fréquence et arythmie ;

Polyphasisme de P 2 et P 3 avec tendance à la négativation ;

Polymorphisme de T ;

PR réduit.

b) Dans les jours suivants :

P2 et P3 très variables d’aspect, positifs ou négatifs ;

PR demeure court ;

La fréquence a repris sensiblement sa valeur initiale ;

On note en outre une variabilité du lieu d’origine des stimuli qui se traduit par une alternance de rythme idio-ventriculaire et de rythme nodal.

Examen histologique.

Pièce d’excision chirurgicale.

À une de ses extrémités le fragment intéresse surtout la portion « sinusale » de l'oreillette droite et l’extrême bord correspondant de la crête terminale. Puis la pièce s’oriente obliquement vers la crista terminalis, probablement en remontant, pour intéresser de plus en plus cette dernière qui occupe seule lextrémité de la pièce. Une minime partie du nœud sinusal paraît être comprise dans le fragment d’oreillette excisé.

LAPIN L. 27 Lapin femelle 2 kgs 900.

À. — Exclusion du nœud sinusal.

25 Août 1948.

8 h. 30. — E.C.G. témoin (appareil de M1xoT) 3 dérivations standard, décubitus dorsal. Fréquence de 315. Ondes P positives en D 2 et D 3, peu visibles en D 1, sensiblement monomorphes. P R de 6 à 7/100es de sec. QRS de 2/100es de sec. T positifs dans les 3 dérivations. S TT de 10/100es de sec. Pas de ligne isoélectrique entre T et P.

9 h. —- Injection sous-cutanée de 3 mg. de morphine. 9 h. 15. — Injection 6/10 de cc. de « Dial » par une veine thoracique. 9 h. 45. — Début de l’intervention Péricarde et phrénique réclinés. Les ai-

guilles courbes à bords ronds donnent un excellent résultat. Pas d’hémorragie. Bonnes suites opératoires.

bre

10 h. 50. — E. C. G. (appareil de HELLIGE). Première et deuxième dérivations. Tracés très parasités. Indiquent néanmoins une fréquence très fortement diminuée (F — 186). P et T non modifiés, semble-t-il. P R de 5 à 6/100es de sec. ST T de 14/100es de sec. environ. T P de 10/100es de sec. (fortement augmenté).

11 h. — E.C.G. (appareil de Minor) 3 dérivations standard. Fréquence de 184. P polymorphes, simples (aigus ou en dômes) ou diphasiques. PIRE 6/100es de sec. environ. Complexes ventriculaires analogues à ceux du témoin.

17 h. — E. C. G. (appareil de Minor) 3 dérivations standard. Décubitus ventral. Fréquence de 160. Ondes P polymorphes, bien visibles dans tous les tracés. PR de 4 à 5/100es de sec. S TT de 14/100es de sec.

9 h. 30. — E.C.G. (appareil de Minor) 3 dérivations standard. Fréquence de 205. P 3 polymorphes, diphasiques, en cupules. P 2 diphasiques, mais de faible voltage. P 1 positifs. P R de 5/100es de sec. environ.

3 Septembre.

9 h. — E. C. G. (appareil de HELLIGE). Première, deuxième et troisième dérivations. Fréquence de 240. P 2 et P 3 polymorphes, diphasiques, tantôt à prédominance positive, tantôt à prédominance négative. P R de 4 à 5/100es de sec.

10 Septembre.

9 R. — E. C. G. (appareil de Minor) 3 dérivations standard. Fréquence de 207. Ondes P présentant toujours le même polymorphisme: P R de 7/100es de sec. environ. S T T de 14/100: de sec.

B. —— Tentative de stelleciomie aseptique.

14 Septembre 1948.

15 h. — E.C.G. (appareil de HELLIGE). Deuxième et troisième dérivations.

Décubitus dorsal. Fréquence de 245. P polyphasiques, polymorphes. PR de 4 à 5/100es de sec.

15 kh. 10. —- Anesthésie au chloralose, 25 cc. injectés par la jugulaire. 15 R. 45. — Trachéotomie. Sonde œsophagienne. 15 h. 50. -— Préparation du stellaire gauche. Blessure de la veine sous-cla-

vière. Grosse hémorragie. Mort.

16 h. 10. — L’autopsie révèle que l’exitus est dû à une embolie gazeuse (nombreuses bulles d’air dans le cœur).

Prélèvement et fixation au Bouin de la région sinusale.

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