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C. —— Examens histologiques

Pièce d’excision chirurgicale. Fragment difficile à localiser avec précision qui paraît porter par une extrémité sur l’origine de la crête terminale et l’abouchement de l’auricule droite. Absence de tissu nodal dans toute la lon:gueur de la pièce.

Etude de la région cicatricielle auriculaire. La cicatrice remonte très haut sur la crête terminale et se situe exactement sur le sillon auricule-oreillette. De façon générale, l’ablation chirurgicale a été haute et a intéressé toute la crête terminale. Il ne demeure, dans la pièce examinée, aucune formation que l’on puisse attribuer avec certitude au nœud sinusal lui-même, mais du tissu myocardique intermédiaire caractéristique de la partie « sinusale » de l’oreillette.

L’ablation du nœud sinusal est très vraisemblablement complète.

Il. RYTHME NODAL ET EXCITATIONS DES NERFS EXTRINSÈQUES

LAPIN L. 24 Lapin mâle, 2 kgs 500.

A. —— Exclusion du nœud sinusal.

18 Août 1948.

9 R. 10. — E. C. G. témoins (appareil de Minor), 3 dérivations standard, sont caractérisés par le très faible voltage de leur déflexion principale. Fréquence de 266. PR de 5 à 6/100es de sec.

9 R. 30. — Début de l’intervention aseptique. Technique habituelle. Toutefois, le 3e espace est à nouveau utilisé. Afin de moins choquer l’animal, la trachée n’est pas préparée. Enfin, l’anesthésie est faite en deux temps : 20 min. avant le début de l’opération, injection de 5/10es cc. de « Dial » sous-cutané, complété au début de l'intervention par 3/10es cc. introduits par la veine mammaire.

Quelques incidents en cours d’intervention. A l’ouverture du thorax, pneumothorax bilatéralisé, nécessitant une pression d’oxygène augmentée. Lors de la mise en place du premier point en U, grosse hémorragie difficile à contenir (tampons, pinces, catgut.…). Celle-ci enfin maîtrisée, l’animal donne des signes de souffrance dus à la perte sanguine et au double pneumothorax. Malgré ces nombreux accidents, l’intervention est conduite à bonne fin.

10 R. 15. — Excision du nœud sinusal.

10 R. 30. — La plaie est suturée, le vide pleural rétabli. Injection sous-cuta-

née de 50 cc. de sérum physiologique. Cette injection sera renouvelée l’aprèsmidi.

11 Rk. — E.C.G. (appareil de HELziGE). Deuxième et troisième dérivations. Les ondes auriculaires sont constamment négatives, en cupules, toutes semblables. PR de 6/100es de sec. T 2 très étalé positif, T 3 négatif. S T T, 20/1006: de sec. Fréquence de 120.

12 h. — Enregistrement synchrone des 3 dérivations (appareil de Minor). Aucune trace de P. T1, T2 positifs ; T3 faiblement négatif. Fréquence de 100. ST T, 20/100es de sec.

14 et 18 h. — E.C.G. semblables aux précédents. T 3 toutefois est positif. S T T 14/100es de sec. Fréquence de 156.

18 h. 10. — L'animal, très altéré, boit à diverses reprises. Il est mis dans la couveuse.

19 Août.

8 h. — Bon état général du lapin, qui boiït et mange.

9 h. et 18 h. —- E.C.G. sans modifications importantes par rapport aux précédents.

20 Août.

9 h. — Fréquence de 186.

17 h. 30. — Fréauence de 218. Morphologie toujours aussi peu accusée.

L'examen des précédents tracés ne présentant aucun intérêt en raison du microvoltage qui caractérise les courants d'action du cœur de cet animal, la sensibilité de l’enregistrement est augmentée. Grâce à cette mesure, les ondes auriculaires apparaissent à nouveau. Toujours positives, acuminées et mono-

morphes en D 1, elles sont isoélectriques ou négatives en D 2, négatives ou diphasiques en D 3. PR court, de 2 à 4/100es de sec. Fréquence de 240.

27 Août.

10 h. — E.C.G., sur lequel on peut reconnaître des P 1 et T 1 constamment positifs et quelques P 2 et P 3 négatifs. Malheureusement les précisions chronologiques manquent, l’enregistrement du temps ayant fait défaut.

17 h. — Tracés comparables à ceux du 24 août. PR légèrement plus long. 4 à 5/100es de sec. La fréquence de 256 a sensiblement repris sa valeur initiale.

Les points de suture de la plaie cutanée sont enlevés.

B. - Excitations des nerfs extrinsèques et Epreuves pharmacodynamiques. 1 Septembre 1948.

15 h. 35. — Anesthésie au chloralose, 20 cc. injectés par la veine jugulaire. 15 h. 55. — Trachéotomie.

16 h. 20. — Mise en place de l’électrode œsophagienne sous contrôle radioscopique. :

16 h. 30. — E. C. G. témoins, en dérivation œsophagienne et en D 3 (appareil

de HeLiGe). Ces tracés révèlent, en dérivation œsophagienne, des P polyphasiques, surtout diphasiques à prédominance négative ; en D 3, P négatifs monomorphes. P R de 6 à 7/100es de sec. T, lorsqu'ils sont visibles, présentent un aspect bifide, uniforme. S T T, 14/100es de sec. Fréquence de 222.

16 h. 55. — Injection de 1/50e de mg. d’adrénaline Cuin par la jugulaire et E. C. G. 15 sec., 40 sec. et 55 sec. après. À

15 sec, ralentissement très important, fréquence de 84 (y compris les échappements ventriculaires).

Les orcillettes battent plus vite ainsi qu’en témoignent les nombreux P bloqués, en général deux pour un complexe ventriculaire normal. L’onde P est régulièrement diphasique. P R variables, 6 à 8/100es de sec. Il est à remarquer que les quatre échappements ventriculaires du tracé suivent un complexe de type supra-ventriculaire, à P R fort (8/100°* de sec.). S TT de 12/100es de sec. légèrement raccourcis.

40 sec. aspect du tracé assez semblable au précédent. Echappements ventriculaires assez nombreux, plus de P bloqués visibles, mais certains tombent dans le ST du complexe ventriculaire. L'action vagale réflexe semble done diminuer ; la fréquence est de 174.

17 h. 15. — Ligature et section du vague droit.

17 h. 45. — Excitation à fréquence modérée du vague droit. E. C. G. révélant une variation modérée de la fréquence qui passe, au cours de l’enregistrement, de 200 à 150 environ. P polymorphes, diphasiques ou monophasiques plus ou moins étalés. P R de 6 à 7/100es de sec.

18 h. 20. — Préparation et section du vague gauche.

18 h. 21. — E. C.G. fréquence de 206, semblable à celle qui a été enregistrée après la section du vague droit.

18 h. 25. — Injection de 1/50 mg. d’adrénaline par la jugulaire. E. C.G. témoin, 15 sec. et 45 sec. après.

15 sec., troubles rythmiques par extrasystoles couplées : la première est d'apparence supra-ventriculaire, précédée d’une onde P qui se perd en partie dans la branche Q R ; la deuxième, ventriculaire, avec phase initiale augmentée à 4/100es de sec. Ensemble arythmique. Les ondes P sont polymorphes, principalement diphasiques. P R extrêmement variables, 0 à 6/100es de sec. Fréquence de 216.

45 sec., retour à la normale. On note une extrasystole en miroir par rapport aux précédentes. Fréquence de 220.

18 h. 35. — Injection de 3/50es de mg. d’adrénaline. E. C. G. 15 sec. après. Le tracé est difficile à lire, il présente manifestement une alternance électrique. Quelques ondes P polymorphes sont visibles, mais leur position, par rapport aux complexes ventriculaires, est des plus variables, en général postérieure. Alternance régulière d’une systole normale suivie d’une extrasystole de type probablement ventriculaire. Deux extrasystoles ventriculaires typiques et d'aspect différent sont visibles en fin de tracé. Chacune des extrasystoles est suivie à 4/100es de sec. environ d’un accident diphasique constant du type auriculaire. Accélération modérée, fréquence de 256. y

En somme, si l’interprétation du tracé auriculaire est celle qui vient d’être indiquée, l’adrénaline aurait :

a) Déplacé le foyer de l’automatisme vers le bas ;

b) Donné naissance à des extrasystoles ventriculaires ;

c) Peut-être amené des courtes phases de fibrillation auriculaire.

45 sec., l’accélération persiste (F — 274), mais le tracé est plus régulier ; une seule extrasystole ventriculaire visible. L’onde P est redevenue antérieure.

En conclusion, l’adrénaline a accru légèrement la fréquence et a troublé profondément le rythme ventriculaire (extrasystoles) et peut-être aussi le rythme auriculaire. Dans ce cas, les vagues étant sectionnés, on ne note pas de bradycardie réflexe.

19 h. — E.C.G. témoin indique une fréquence de 180. P diphasiques. PR de 7/100es de sec. T de très faible voltage. S T T de 15/1006 de sec.

On renouvelle l’injection de 3/50es de mg. d’adrénaline.

1 min. 30 sec. après, fréquence accélérée, 262. P diphasiques (normal en œsophagienne) et légèrement polymorphes. P R de 6 à 7/100es de sec.

2 min. et 3 min. après, pas de modification.

19 h. 10. — La fréquence s’étant stabilisée à 180, en une dizaine de minutes own procède à une excitation forte du vague gauche sous tracé. Le parasitage important rend la lecture de celui-ci très malaisée. On constate une très forte réduction de fréquence qui tombe à 88, mais très rapidement, en 2 secondes environ, lorsque les excitations cessent, celle-ci retrouve sa valeur initiale (172 contre 180). P R de 6 à 7/100es de sec.

19 h. 20. — Mise en place de l’animal pour la préparation du stellaire gauche. Nouvelle injection de 8 cc. de chloralose. Légère hémorragie par section d’une veine intercostale.

19 h. 50. — Excitation du stellaire gauche durant 30 sec. E. C. G. immédiatement après la cessation de cette excitation. Très beau tracé dans lequei on note, tout au début, une série de P positifs précédant des complexes d’aspect normal avec T en dôme nettement dessiné. Puis, une fois sur deux, apparaît un complexe étrange dans lequel on peut reconnaître l’onde auriculaire suivie d’une phase initiale très large, de très faible voltage et multiphasique rappe- Jant le bloc d’arborisation humain et d’un T en dôme ample et étalé. Le complexe s’installe ensuite régulièrement avec quelques variations dans son aspect. Le retour se fait graduellement vers la morphologie normale avec phase

initiale en M, de voltage assez élevé, du type bloc de branche (durée élevée de la phase initiale, 5 à 6/100es de sec.), tandis que le T s’aplatit. P R très court, 9 à 4/100es de sec., en général égal ou inférieur à 3/100es de sec. devant les complexes atypiques ; égal à 4 ou plus devant les complexes de type supraventriculaire.

Or, avant, P R était de l’ordre de 6 à 7/100es de sec. Donc, effet dromotrope positif important.

La fréquence de 160 avant l’excitation passe à 182, témoignant d’une accélération faible du rythme.

20 h. — E. C.G. témoin (F = 148).

20 h. 02. — Injection par voie jugulaire d’un 1/2 mg. d’acétylcholine. E. C.G. immédiatement après la fin de l’injection et nombreux fragments de 10 sec. en 10 sec. Ces tracés permettent de noter une arythmie importante et une bradycardie notable (F — 60). Pause de 19/100es de sec. La ligne isoélectrique dessine des festons qui ne peuvent être attribuables qu’à une fibrillation auriculaire. De temps à autre apparaît une extrasystole ventriculaire. Dans les tracés qui suivent, l’aspect morphologique est identique au précédent, mais la fréquence devient plus rapide, 160 à 200.

60 sec. après, fin brutale de la fibrillation que ponctuent deux extrasystoles ventriculaires. Pause. Reprise du rythme nodal à fréquence basse, 80.

20 h. 15. — Animal sacrifié. L’autopsie ne révèle rien de particulier. Poumons d'aspect normal, quelques adhérences au niveau du lobe supérieur droit ainsi qu’au niveau du péricarde. .

Prélèvement et fixation au Bouin de la région sinusale repérée par les catguts placés lors de l’intervention aseptique.

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