REPOS ENTRE PROPOSITIONS ET DANS LA PROPOSITION 1 "J
à l'intérieur de la première proposition ; il en sépare l'une de l'autre les deux parties, celle qui dépend de l'indicatif coronat et celle qui dépend du participe cingens. Au vers i de V. Hugo
Le reste de l'armée j hésitait sur leurs corps | Et regardait...
le repos | est de même un repos entre propositions ; le repos j , qui se trouve entre le sujet et son verbe, est un repos à l'intérieur d'une proposition. Jusqu'ici, nous n'avons appelé l'attention du lecteur que sur les repos du premier genre ; ce sont les seuls qui, dans les passages d'Ovide et de V. Hugo choisis comme exemples, aient été distingués par le signe | , les seuls, dans lesquels nous ayons observé le rythme poétique et ses éléments. Par la suite, ils seront encore seuls mentionnés, et la liste que nous aurons à dresser des faits de versification n'en contiendra pas d'autres. Ainsi, les repos à l'intérieur des propositions sont complètement exclus de notre étude. Gomment se justifie cette exclusion? par la nécessité. En principe, elle est illégitime ; en fait, elle est indispensable.
Comparons l'un à l'autre un repos entre propositions | et un repos à l'intérieur d'une proposition I :
Silua coronat aquas j cingens lalus omne | suisque Frondihus...
nous trouvons dans l'un et dans l'autre un fait de versification, et un fait de même nature. Le fait de versification est composé d'un repos du discours et d'un repos du vers : les repos | et j contiennent tous deux ces deux éléments : d'une part, le repos entre les deux propositions ou membres Silua... | suisque... (repos du discours) avec la coupe au cinquième trochée (repos du vers), d'autre part, le repos entre les deux parties de propositions ou membres Silua... j cingens... (repos du discours) avec la coupe penthémimère (repos du vers). La coupe au
Cahi:n. à
cinquième trochée du repos | et la coupe penthémimère du repos } ne diffèrent que par leur importance, nullement par leur nature ; il est d'ailleurs évident que la différence entre les propositions et les parties de propositions n'intéresse que le discours, et n'en peut créer aucune entre les deux repos du vers. Quant au repos du discours, ce qui nous intéresse en lui, ce qui constitue le fait de versification, ce n'est pas (nous l'avons indiqué tout à l'heure) le repos tout entier, mais seulement la partie du repos qui peut être comparée avec le repos du vers. En quoi consistent ces éléments communs au discours et au vers, nous aurons à l'expliquer bientôt ; mais il suffit de lire quelques alexandrins ou quelques hexamètres pour observer qu'ils sont au nombre des faits appelés rythmiques, et que l'oreille seule est apte à les percevoir et à les apprécier. Quand nous voulons ramener le repos du discours à la mesure du repos du vers, nous négligeons le sens des mots, tout ce qui dans leur contenu s'adresse à l'intelligence, au sens logique, et nous considérons uniquement les sons qu'ils envoient à l'oreille. Cette différence entre les éléments rythmiques et les éléments logiques du discours sera, le moment venu, précisée et confirmée ; mais, en faisant appel à l'instinct du lecteur, à une expérience sommaire, nous pouvons affirmer dès maintenant qu'elle existe, et que les premiers seuls font partie du fait de versification.
Ceci étant admis, il reste à apprécier le caractère qui distingue l'un de l'autre les deux repos choisis comme exemples :
Situa coronat aquas cingens talus omne
et
Silua coronat aquas cingens latus omne | suisque Frondibus...
dont l'un | sépare deux propositions complètes, et l'autre j deux parties d'une même proposition. Ce caractère est-il