‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 199 sur 270 · PREMIÈRE COMPARAISON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE COMPARAISON

un vers précédent (i 4 2) et sera répétée plus loin (lacrimis 1 44). Des deux parties de la proposition , la seconde (« pleurer ») et la première (« pourquoi donc? »), c'est celle-ci qui retient l'attention , qui est intéressante et émouvante ; c'est à la coupe finale du vers 1 43, et non à la coupe au premier trochée du vers \l\l\, que se rencontrent les motifs de surprise. 3° On voit donc que l'affaiblissement de la coupe finale et la disparition de la coupe penthémimère au vers 1 43 n'ont aucune relation avec la coupe que nous examinons ici; ces faits sont à rapprocher d'autres accidents de versification, c'est-à-dire des coupes au tiers renforcées par des repos de sens importants aux vers i43 (hephthémimère) et i44 (trihémimère).

Reportons-nous maintenant aux groupes où figure la coupe finale étudiés ci-dessus (pp. 39get4oi)IX,554etXV, /iao. Nous y trouvons les mêmes anomalies : affaiblissement de la coupe finale précédée, contre l'usage, d'une portion de discours très courte L^v> L~, disparition de la coupe ordinaire après le troisième temps marqué ; mais, dans ces vers, cette atténuation est compensée en partie par le renforcement de la coupe faible au premier dactyle du vers suivant ; ici, au vers IX, 1 44, il n'y a entre les coupes fortes affaiblies et la coupe faible renforcée aucune relation. Ainsi, les mêmes faits rythmiques admettent dans différents passages une interprétation et des rapprochements différents. C'est là une remarque qui pourrait être faite à chaque page de notre étude. Les objets qu'elle comprend sont simples, si l'on ne considère que leurs caractères matériels, ceux qui se laissent noter au moyen de chiffres : il y a peu de coupes dans le vers hexamètre ; il n'y a pas non plus un très grand nombre de groupes de mots assez courts pour former une période. En revanche, ces éléments se laissent associer en combinaisons et en rapprochements infiniment variés. De là la nécessité d'ajouter Y Explication à la Description, c'est-à-dire au classement des faits selon leurs caractères matériels ; de là aussi, la très grande difficulté de trouver deux exemples exaç-

/|Of) REPOS COURTS DE l'ÉTENDUE TOTALE

tement semblables: de là enfin, Futilité d'étudier un à un et successivement — en théorie, tous les passages — en fait, les plus caractéristiques.

Les coupes faibles qui se trouvent le plus souvent séparer les deux membres des groupes comprenant trois temps marqués avec rythme descendant sont, non pas la coupe au premier trochée, qui est celle de l'exemple quid autem Flemus \ ait, mais les coupes au cinquième trochée et au cinquième dactyle. Les groupes-types sont les suivants :

non est mortale | quod optas (v. Dictionnaire, n° 1^82 : p. 338) et

nescis temeraria | nescis

(v. Dictionnaire, n° ihh'] ; p. 3/j3). Ils commencent et finissent à des coupes importantes du vers, la penthémimère et la coupe finale. Il n'y a donc pas, si l'on considère isolément les deux membres, d'anomalie semblable à celle du membre quid autem Flemus dont les deux parties, bien que très courtes, sont séparées par la fin du vers, et qui tendrait à rendre moins fréquents les exemples de ces faits de versification. Leur fréquence ou leur rareté semble dépendre uniquement du caractère qui nous intéresse ici, c'est-à-dire de la conformité ou de l'opposition entre l'étendue du groupe (repos du discours) et l'importance de la coupe (repos du vers). Et en effet, l'hypothèse que les groupes de courte étendue ont en principe une coupe faible est confirmée par les faits. On trouve 3i exemples du groupe à coupe au cinquième trochée et 23 du groupe à coupe au cinquième dactyle. Rapprochons ce nombre du nombre des exemples où se trouve la coupe finale, soit 2 (v. p. 3g()), et nous avons en fait une proportion conforme à celle qui se déduit de la théorie. Parmi les exemples de la coupe au cinquième dactyle, nous retiendrons, pour les comparer aux deux

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