‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 219 sur 270 · DEUXIÈME EXEMPLE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME EXEMPLE

à la précédente : ils ne nous sollicitent point de transporter à la seconde métamorphose l'intérêt que nous avons pris à la première.

(3) Première espèce (suite).

Nous venons d'étudier des repos correspondant l'un et l'autre à des membres de 10 vers ; l'un composait avec la coupe finale un fait de versification conforme à la loi, homogène ; l'autre composait avec la coupe penthémimère un fait de versification hétérogène, moins conforme que le premier à la loi d'attraction. Nous avons observé d'abord, que les faits semblables au second étaient, contrairement à la loi, plus fréquents que les faits semblables au premier. Nous avons observé ensuite que, malgré ce désaccord entre la loi et les nombres, l'examen détaillé de deux passages contenant, l'un un fait hétérogène, l'autre un fait homogène, apportait à l'appui de la loi d'attraction la confirmation désirée.

Il faut répéter la même expérience sur deux autres repos. Nous les prendrons dans la catégorie G (p. 43 1), c'est-à-dire parmi les repos correspondant à des membres de i3 vers au moins. L'un se rencontre avec la coupe au premier dactyle, l'autre avec la coupe finale ; le premier fait de versification est donc hétérogène, et le second homogène. Le caractère anormal du premier est même beaucoup plus accusé que l'anomalie rythmique du repos hétérogène du couple précédent, car nous avons ici en présence la coupe finale (classe I) et la coupe au premier dactyle (classe IV) ; tout à l'heure, nous opposions à la coupe finale (classe I) la penthémimère (classe II). Le repos hétérogène se rencontre dans les Métamorphoses aussi souvent que le repos homogène : on voit en effet au tableau de la page 43 1, à la colonne G/B, qu'ils sont représentés l'un et l'autre par le même nombre : i pour ioo. Si les faits obéissaient à la seule loi d'attraction, le second devrait

476 REPOS LONGS DE l'ÉTENDUE TOTALE

être beaucoup plus fréquent que le premier. Bien qu'il n'en soit pas ainsi, nous allons voir que l'étude des deux passages, conduite de manière à dégager les repos déterminés de toute influence d'indétermination, confirme la loi d'attraction. Cet examen fait apparaître en effet, dans le passage qui contient le fait de versification hétérogène, des motifs beaucoup plus puissants d'intérêt et d'émotion.

Nous trouvons aux livres III et V deux repos qui se prêtent à la comparaison que nous nous proposons de faire. Les vers III, 5 1 3-525 forment un groupe de i3 vers dont les membres sont séparés par la coupe au premier dactyle du vers 5i6 : voilà le fait de versification hétérogène1, objet principal de notre étude. Les vers V, 3i8-33i forment un groupe de \l\ vers dont les deux membres se rejoignent à la fin du vers 3202 : le fait de versification homogène ainsi défini nous servira à mieux reconnaître les caractères du précédent.

La relation logique des deux membres, telle que l'expriment les temps et les modes des verbes, est la même dans l'un et dans l'autre passage : les quatre verbes sont à l'indicatif présent. Ils ont donc tous deux le caractère d'un récit, et d'un récit où tous les épisodes sont en même lumière, à la même distance du spectateur. Cependant, la succession de ces épisodes peut êîre plus rapide, plus surprenante dans un des passages que dans l'autre ; en fait, elle l'est beaucoup plus dans celui qui contient la coupe au premier dactyle. C'est ce qu'indique l'asyndète, la juxtaposition des deux parties du groupe sans particule de liaison : l'absence de coordination grammaticale incite l'esprit à établir entre les deux membres une coordination logique plus étroite. Au contraire, le groupe du livre V est composé au moyen de la conjonction banale que. Pour achever de noter les caractères proprement syntac tiques, il ne

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