JUSTIFICATION DE CE PROCÉDÉ
Alors se forment en nous de nouvelles appréciations des repos et de leur durée. Nous percevons alors en quelque sorte de nouveaux repos et de nouvelles durées, qui dépendent non plus des membres isolés, comme les premiers repos et les premières durées, mais des membres réunis.
Les repos perçus pendant la période de comparaison des membres méritent autant que les autres de trouver leur place dans notre étude, et ils en auront une dans cette Introduction même (v. plus loin le paragraphe e). Pour le moment, il nous suffît de signaler leur existence, et de remarquer que, par définition, ils supposent et exigent l'observation de deux membres réunis. Ainsi, pour apprécier au point a le repos qui dépend de la comparaison des membres, il est indispensable de posséder à la fois le membre précédent : Le reste de Vannée et le membre suivant : hésitait sur leurs corps. Mais cette remarque nous est utile dès maintenant, alors que notre attention est encore fixée sur les repos du premier genre, ceux qui dépendent des membres pris à part. Nous avons à décider s'il faut déterminer la durée du repos a en considérant le membre le plus court Le reste de l'armée ou le membre le plus long : Le reste de l'armée hésitait sur leurs corps. Pour le présent, les deux déterminations se valent ; pourl'avenir, la seconde vaut mieux. Elle est la plus exacte, non pas qu'elle permette de déterminer plus exactement la durée du repos, mais parce qu'elle se présente au moment où nos impressions rythmiques sont le plus nombreuses et le plus complexes, pendant la période d'association et de comparaison des membres. Si l'on met le repos observé en rapport avec un seul des membres qui l'entourent, on arrête, pour ainsi dire, notre faculté rythmique en plein travail, à mi-chemin du but. Elle est aussi la plus simple. Si nous voulons acquérir une connaissance complète du repos a, nous devrons par la suite observer ensemble les deux membres qui l'entourent : autant les réunir dès maintenant. En rapportant le repos a (celui qui dépend
des membres pris à part) au membre le plus long Le reste de l'armée hésitait sur leurs corps, et non au membre le plus court Le reste de ï armée, nous lui donnons la même mesure que nous appliquerons ensuite aux repos qui dépendent des membres réunis : Le reste de V armée \ hésitait sur leurs corps. Ainsi, pour observer le repos a sous tous ses aspects, nous considérerons toujours le même groupe de syllabes, les 12 syllabes des mots qui occupent levers 1 de V. Hugo ; nous percevrons successivement des impressions rythmiques différentes, mais à propos des mêmes objets.
L'appréciation comparative des membres, et l'observation plus pénétrante qu'elle nous oblige à faire du repos, ne se pratiquent pas dès le premier contact entre notre oreille et le discours, mais à l'époque tardive où notre activité rythmique est en plein travail. C'est là un avenir qu'il nous a fallu annoncer, et que nous décrirons plus tard, quand il sera venu. Nous devons maintenant retourner au présent, c'est-à-dire au premier moment où l'oreille perçoit les membres isolément, et ne les compare point. A ce moment, si nous observons un repos quelconque : Le reste de l'armée | hésitait sur leurs corps, nous pouvons le rapporter soit à l'un des membres qui l'entourent : Le reste de l'armée | soit aux deux : Le reste de l'armée \ hésitait sur leurs corps, et nous avons décidé que la deuxième conception devait être préférée. Mais alors môme que nous réunissons ainsi deux membres consécutifs, c'est pour en former par addition un membre nouveau, compact et isolé. Tel est le groupe syllabique que nous avons à examiner pour parvenir à notre but. Ce but, c'est, on s'en souvient, de déterminer par une mesure précise la durée du repos.
Il a été établi que cette durée est en proportion de la longueur des membres. Ainsi, pour mesurer la première, nous n'avons qu'à mesurer la seconde : la même mesure s'appliquera aux deux données : les membres et le repos. Mais qu'est-ce que