ANOMALIES STATISTIQUES ; RÉPULSION
répulsion qui entraîne ceux-ci loin de la coupe finale vers les coupes faibles. Les éléments que met en jeu la répulsion, les périodes qu'elle traverse, sont dans l'ensemble les mêmes pour les repos de l'ordre des membres que pour les autres ; mais il nous faut signaler les différences qui distinguent ces repos.
Tous les repos des groupes descendants ont la même durée : aussi tous les repos longs de l'ordre des membres sont-ils semblables, et compris dans une seule catégorie. Cette simplicité ne se trouve pas dans les repos longs de l'étendue totale, qui comprennent un grand nombre de durées différentes ; mais nous l'avons déjà observée dans les repos longs de l'étendue relative. A propos de ces repos, nous avons déterminé quels changements l'unité de durée produisait dans l'exercice de la répulsion (v. p. 526 et suiv.) ;commece caractère est commun aux repos de l'ordre des membres et aux repos de l'étendue relative, la description faite à propos de ceux-ci convient également à ceux-là. L'unique durée nous apparaît d'abord relativement courte, très voisine de celle des repos moyens, ensuite très différente de ces repos, relativement longue, et même identique à la durée la plus longue possible. C'est cette dernière forme qui existe en nous au moment où se crée le rythme poétique, c'est elle qui détermine l'intensité de la répulsion. En effet, les repos longs de l'ordre des membres, qui forment une catégorie unique, sont traités comme les repos les plus longs de l'étendue totale pris à part : ils sont soumis à la répulsion forte, et en subissent les deux effets : affaiblissement et destruction.
L'unité de durée se trouve dans les repos de l'étendue relative, comme dans les repos de l'ordre des membres. Mais il est un caractère propre à ceux-ci : l'absence des repos moyens, suppléés par les repos courts.
La répulsion n'est autre chose que la conséquence, observée dans le rythme poétique, de la répugnance qui éloigne les uns des autres les repos longs et les valeurs indéterminées. Cet
éloignement vient des attitudes différentes que nous prenons à l'égard de ces deux objets : notre attention s'attache aux premiers, et se détourne des secondes. Cet appel de l'attention vers les repos longs se produit quand nous les comparons avec d'autres repos qui nous paraissent moins intéressants. Ces autres repos, ce sont, pour les repos longs de l'étendue totale et de l'étendue relative, les repos moyens, ceux qui n'appartiennent ni au groupe des repos longs ni au groupe des repos courts. Les repos longs de l'étendue totale sont ceux des couples dont les membres ont ensemble une étendue supérieure à 4 vers, les repos courts ceux des couples dont les membres ont ensemble une étendue inférieure à 6 temps marqués ou i vers ; entre les deux s'intercalent des repos qui ne répondent ni à l'une ni à l'autre définition : ceux des groupes de i, 2, 3 vers, etc. De même pour l'étendue relative : il y a des repos qui ne se trouvent ni entre membres égaux, comme les repos longs, ni avant ou après un membre comprenant moins de 3 temps marqués, comme les repos courts.
Quand les repos moyens existent, ils sont plus propres que les repos courts à nous faire apprécier la durée des repos longs, et la quantité d'attention qu'ils méritent. C'est aux repos moyens que nous nous adressons de préférence pour obtenir le terme de comparaison nécessaire. D'abord, les repos moyens sont, par leur durée, plus voisins des repos longs que les repos courts : lorsque nous essayons de prendre la mesure des repos longs, il nous est plus commode de choisir, pour nous en aider, l'objet qui se présente le premier à nous. Nous n'avons aucun motif d'aller chercher, au-delà des repos moyens, les repos courts ; nous avons des raisons, au contraire, pour les tenir à l'écart autant que possible. En effet, dans notre appréciation du rythme poétique, le premier moment est employé à isoler les repos du discours et les coupes du vers ; la séparation faite, les coupes nous apparaissent divisées en quatre degrés d'importance. Pour rapprocher de nouveau les éléments du discours
SES CARACTÈRES DANS LES PRESENTS REPOS 5/j5
et les éléments du vers, et en percevoir les rapports, c'est-à-dire le rythme poétique dans son détail, il faut établir entre les repos une distinction parallèle et aussi simple. C'est ainsi que s'opère le classement des repos en longs, moyens et courts, les deux extrêmes étant plus éloignés l'un de l'autre qu'ils ne sont l'un et l'autre de leur intermédiaire. A mesure que se précise notre connaissance du rythme, nous constatons une sorte d'incompatibilité entre les repos longs et les repos courts : elle leur vient de ce qu'ils sont dirigés par des affinités opposées, les premiers vers les coupes fortes, les seconds vers les coupes faibles ; au contraire, les repos moyens n'ont pas de tendance nettement accusée. Aussi les rapprochons-nous sans peine des repos longs ou des repos courts, tandis que nous nous accoutumons à traiter ces deux sortes de repos comme des objets éloignés, situés hors de vue l'un de l'autre.
D'ailleurs, leur différence s'agrandit à mesure que nous prenons deux une connaissance plus exacte, que nous voyons se définir les limites des deux groupes et leur composition. Notre connaissance une fois complète, nous aurions quelque peine à mettre en comparaison les repos longs de l'étendue totale ou de 1 étendue relative avec les repos courts, à tirer de ceux-ci une appréciation plus précise de ceux-là. Ce serait là du moins une opération complexe, que nous n'avons pas le temps de faire dans le premier effort que nous impose la perception du rythme. En effet, les repos longs et les repos courts de l'étendue totale n'ont pas la même mesure : les premiers se mesurent au nombre des vers, et les seconds au nombre des temps marqués ; or, dans le premier moment où nous opposons l'un à l'autre deux repos donnés, nous n'avons pas le loisir de rechercher la relation qui existe entre le pied et le vers . De plus, les repos longs et les repos courts ne comprennent pas le même nombre de durées, de catégories. Les repos courts peuvent avoir 5 durées différentes, suivant que les membres réunis contiennent 1,2, 3, 4 ou 5 temps marqués; les repos Cahf.n. 35
longs peuvent en avoir un nombre indéterminé, car le nombre des vers contenus dans les membres est illimité. Si nous voulons comparer les repos longs tous ensemble aux repos courts tous ensemble, il faut composer l'unité de chacun des groupes, et cette opération n'est pas la même pour les deux; si nous voulons comparer certains repos longs à certains repos courts, il faut rechercher, sans règle certaine, lesquels se correspondent le mieux. Les mêmes difficultés s'opposent à la comparaison des repos longs et des repos courts de l'étendue relative : différence de définition, différence de composition. Les premiers se définissent en comparant les deux membres, les seconds en déterminant la longueur du plus petit ; les premiers comprennent une seule catégorie, et les seconds deux. Ainsi, les repos courts de l'étendue totale ou de l'étendue relative ne peuvent servir à l'appréciation des repos longs; aussi le rôle de terme de comparaison n'incombe-t-il pas à eux, mais aux repos moyens.
Au contraire, dans les repos de l'ordre des membres, il n'y a pas de repos moyens. Tous les repos de cet ordre appartiennent, soit aux groupes dans lesquels le petit membre précède le grand (repos courts), soit à ceux dans lesquels le grand membre précède le petit (repos longs) ; l'inégalité des membres étant donnée, il n'y a pas de troisième position, d'intermédiaire possible. Cependant, nous avons besoin de prendre connaissance des repos longs, et par conséquent de les comparer avec un autre objet ; faute de cette connaissance et de cette comparaison, la relation de ces repos et des coupes du vers, le rythme poétique lui-même, nous échapperait en partie. Nous sommes donc obligés de faire appel aux repos courts : c'est entre eux et les repos longs que s'établit la comparaison.
Il est vrai que, par une compensation nécessaire, les deux objets se laissent cette fois aisément comparer ; ils ne présentent pas les mêmes différences que dans les deux autres ordres de repos. Pour les définir l'un et l'autre, il suffit de considérer