SUBSTITUTION DES REPOS COURTS AUX REPOS MOYENS
un seul et même caractère : la place du petit membre (ou du grand); dès leur définition, ils se présentent ensemble à la pensée, et ils ont entre eux un rapport simple : celui du contraire au contraire. En outre, les deux groupes de repos comprennent chacun une seule durée : ils sont homogènes ; pour les rapprocher, il n'est besoin ni d'en réunir ni d'en dissocier les différentes catégories. La comparaison des repos longs de l'ordre des membres avec les repos courts est donc possible, et même facile.
Mais il reste une autre condition à remplir, pour que se produise la répulsion, avec les résultats numériques que la statistique nous a révélés : c'est que les repos longs soient plus dignes d'intérêt et d'attention que l'objet auquel ils sont comparés. Cet avantage leur appartient en effet, en droit par leur nature, en fait par leur rareté. La tendance naturelle de notre esprit est de concevoir le plus petit nombre, la grandeur la plus faible, avant la plus forte ; il y a surprise quand la réalité nous les présente dans l'ordre inverse, quand le membre le plus grand précède le plus petit (v. Introduction, p. 9^). Cet accident doit être rare; et en effet, dans les Métamorphoses, on ne trouve que 60 couples de ce genre contre 100 couples dans lesquels l'ordre normal est respecté.
Une fois la comparaison établie, et l'attention fixée sur les repos longs, la répulsion s'ensuit, telle que nous l'avons décrite dans les repos de l'étendue totale et de l'étendue relative : rencontre des repos longs et des valeurs indéterminées, conflit, renvoi des repos longs vers les coupes faibles. Les repos de l'ordre des membres ne se distinguent que par le choix du terme de comparaison ; la différence est peu importante, et c'est en somme la même répulsion que nous avons observée jusqu'ici dans les trois ordres de repos.
Mais, pour expliquer la répartition des repos de l'ordre des membres entre les coupes, il faut admettre une répulsion nouvelle, qui leur est propre.
La même cause doit produire les mêmes effets : or, la répulsion commune aux trois ordres produit, du moins en ce qui concerne la coupe finale (classe I), des effets assez différents dans les repos de l'étendue totale, de l'étendue relative et de l'ordre des membres. La faiblesse du nombre I, c'est-à-dire l'amoindrissement de l'attraction, est beaucoup plus sensible dans la dernière espèce de repos que dans les deux premières. En effet, parmi les repos longs de l'étendue relative (v. p. 5o8), ceux de la classe I sont moins nombreux que ceux de la classe II, mais plus nombreux que ceux des classes III et IV : le nombre I vient au second rang. Parmi les nombres qui représentent les repos longs de l'étendue totale (v . p . 43 1 ) , le nombre I occupe chaque fois le dernier rang dans l'ordre de grandeur, mais il prend place très près des autres : dans la série G/B, qui correspond aux groupes de i3 vers, il est égal au nombre IV, qui est avec lui le plus petit de tous; dans la série F/B (groupes de 10 vers), il ne diffère de ce nombre que par i unité1. Au contraire, parmi les repos longs de l'ordre des membres (v. p. 54 1), non seulement ceux de la classe I sont moins nombreux que ceux des trois autres classes, mais le nombre I est inférieur de 1 1 unités au plus petit des trois autres. Il faut ajouter que la distance de ce dernier (nombre IV) au précédent (nombre III), et de celui-ci au plus grand de tous (nombre II) est beaucoup plus petite que la distance du nombre IV au nombre I : elle n'est que de 5 unités. Ainsi, l'amoindrissement du nombre I (c'est le fait que nous avons appelé destruction) est beaucoup plus sensible dans les repos de l'ordre des membres que dans les autres. Il faut donc supposer que chez eux, l'attraction est combattue par une force autre que la répulsion issue du rapprochement des repos longs avec les
i . Encore faut-il, pour découvrir parmi les repos de l'étendue totale des cas où la succession constamment décroissante des quatre nombres soit bouleversée, observer à part les repos les plus longs ; mais ce bouleversement n'apparaît pas si l'on prend ensemble tous les repos longs (v. p. 425).