‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 50 sur 270 · ABSENCE DE VERBE. INFINITIF III · texte numérisé non relu

ABSENCE DE VERBE. INFINITIF III

L'incertitude que présentent les groupes exclamalifs se trouve aussi dans les interrogations, et doit y être résolue par les mêmes moyens. Observons par exemple les vers suivants :

Cadme quid hoc, | ubi pcs ubi sunt umerique manusque

Nescit enim | quid amor

(IV, 33o.)

Les deux groupes qui contiennent le pronom quid sont des unités logiques relativement indépendantes, c'est-à-dire des propositions distinctes. En effet, dans le second, le pronom sert non seulement d'interrogation, mais de conjonction ; ainsi, l'analyse syntactique suffît à nous faire distinguer dans cet hémistiche une principale et une subordonnée ; de plus, celle-ci est presque aussi longue que celle-là, et notre oreille n'est point tentée de la traiter comme une dépendance de la principale. Dans le premier vers, les différentes parties du développement sont distinguées par la présence ou l'absence du vocatif Cadme et par l'alternance des mots interrogatifs quid, ubi ; ainsi, le repos après hoc est le principal du vers, et il y a une nécessité logique à séparer les mots qui le précèdent de ceux qui le suivent. Au contraire, le pronom quid isolé dans les formules quid si, quid quod, ne suffît pas à former une proposition. Par exemple, dans le groupe

Et quid si comantur ait

Ci, 498.)

il n'y a qu'un repos entre propositions, avant le verbe ait.

i° Les groupes de mots qui contiennent un verbe à l'infinitif présentent la même variété que les précédents : ils forment tantôt une proposition, tantôt une partie de proposition. Mais ces deux espèces se distinguent par des caractères synlactiques et non point logiques, dont l'interprétation ne peut varier, ni suivant les lecteurs, ni suivant les passages. Si 1 infinitif est accompagné d'un sujet, le grammairien reconnaît là une pro-

position distincte, appelée proposition infinitive. Si le sujet fait défaut, l'infinitif et les mots qui en dépendent sont rattachés à un verbe voisin, à une proposition voisine, en qualité de complément verbal. Voici un exemple du premier genre :

In spatium resilire manus breue | uidit

(III, 677.) et un du second :

placuit | caeleste precari

Numen

Le premier de ces deux repos est un repos entre propositions, un de ceux que nous étudions ; le second est à l'intérieur d'une proposition, et nous devons le négliger.

3° Il reste à présenter au lecteur les groupes de mots du troisième genre, ceux qui sont composés des mots de deux propositions mélangées ensemble. Nous convenons d'appeler enveloppement cette anomalie du style, et l'exemple suivant servira de type :

Haec mihi non uani, \a neque erat cur fallere uellent |°

Narrauere senes

Les quatre premiers mots et les deux derniers appartiennent à la même proposition A ; les cinq mots intermédiaires à une autre proposition B. L'ensemble est représenté par la figure Aa B" A', dans laquelle les majuscules désignent les parties de proposition, et les minuscules les repos. L'usage ordinaire est d'employer dans certains passages des parenthèses pour distinguer la proposition enveloppée, et de simples virgules dans d'autres cas : nous ne tenons aucun compte de cette distinction. Observons maintenant les repos a et 6. La relation des groupes A et B est une coordination au moyen de la particule neque ; l'éloignement du groupe A' n'en modifie point la nature ; les propositions Haec mihi non uani | neque erat... Narrauere

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