‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 53 sur 270 · ENVELOPPEMENT DOUBLE I I O · texte numérisé non relu

ENVELOPPEMENT DOUBLE I I O

droite. Nous nommons cette construction enveloppement simple. Mais supposons que la proposition enveloppée B soit incomplète, qu'elle se prolonge au delà de la proposition enveloppante, en détachant un deuxième groupe B'. Cette construction peut être représentée par la figure AaB6A/cB/. Nous l'appellerons enveloppement double. Elle existe réellement, et en voici un exemple :

Qua ueniat causamque uiae nomenque rogatus Et patriam |a patria est clarae mihi |" dixit |c Athenae

Chacune des deux propositions est à la fois enveloppante et enveloppée. La première AA' est enveloppante, si l'on considère A et A' ensemble par rapport à B, enveloppée, si l'on considère A' tout seul par rapport à BB' réunis ; inversement la seconde est enveloppée en B, et enveloppante par BB'. C'est là un enveloppement double, qui enferme non pas deux repos, mais trois, a, b, c.

Comme dans l'enveloppement simple, le caractère de ces repos varie selon la relation logique des groupes qui les séparent. Si les groupes enveloppés B et A' sont distincts de leurs voisins, B de AA' et A' de BB', non seulement pour la syntaxe, mais encore pour la logique, il y a un enveloppement vrai, et les trois repos sont des repos intérieurs à la proposition. Tel est le cas de la période citée plus haut. Les mots patria est clarae mihi (B) sont réellement des corps étrangers entre ceux qui les entourent, d'une part Qua ueniat. . . patriam (A) d'autre part dixit (A'); il en est de même pour dixit (A') entre les deux parties de l'autre proposition patria. . . mihi (B) et Athenae (B'). Aussi n'avons-nous à retenir aucun des repos abc. Mais l'enveloppement double peut être lui aussi un enveloppement faux, valable pour l'œil et non pour l'esprit. Revenons à la figure AaB6A'cB'. Supposons que B n'ait aucune indépendance, ni logique ni rythmique, et se con-

fonde avec AA' : alors l'enveloppement tout entier se dénoue ; les groupes ABA' se réduisent à un seul A, les repos a et 6 disparaissent; la figure simplifiée devient A0!*', c'est-à-dire celle d'une période ordinaire sans enveloppement ; le repos c est un repos entre propositions, et doit être traité comme tel. Cette simplification se trouve le plus souvent au début du discours direct, quand le groupe B' contient le verbe d'annonce avec ou sans complément, et le groupe B la conjonction que, détachée de ce verbe et annexée par anticipation aux premiers mots du discours :

[Nec potui restare diu] repetenda |a que |" numquara Terra uale |c dixi

La conjonction que ne suffît pas à former une unité logique et rythmique ; elle fait corps avec les mots qui l'entourent ; les quatre groupes se réduisent en réalité à deux : l'un repetenda... uale, l'autre dixi, et le repos c se trouve libéré de tout enveloppement. Le même effacement, qui fait disparaître ici le groupe B, peut atteindre dans d'autres cas l'autre groupe enveloppé A'. Il y a alors fusion des trois groupes BA'B' en un seul B, réduction des quatre groupes à deux AaB, disparition des repos bc, et libération du repos a.

Il faut distinguer de l'enveloppement deux formes de période, que nous appellerons: l' une propositions à termes communs, Y autre propositions accouplées incluses . Elles se rapprochent de l'enveloppement par certaines apparences, mais elles n'en ont pas le caractère propre, essentiel, c'est-à-dire la relation syntactique entre A et A', qui unit ces deux termes et les oppose au troisième B ; par conséquent, elles ne modifient en rien le traitement des repos, et ne nous déterminent jamais, comme l'enveloppement, à exclure de notre étude des repos qui, si l'on considérait leur caractère logique seul en négligeant la syntaxe, pourraient y trouver place.

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