‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 54 sur 270 · CAS VOISINS DE L ENVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

CAS VOISINS DE L ENVELOPPEMENT

Les termes communs sont ceux qui appartiennent au même titre à plusieurs propositions, et sont à égale distance des unes et des autres. Ainsi le vocatif dans les vers :

famulae | discedite | neue Eripite arbitrium matri sécréta loquendi

et le pronom sujet dans la période :

Is | tria cum primum fecit quinquennia | montes

Deseruit patrios

Les mots famulae et Is, étant communs aux deux propositions, n'appartenant pas plus à la seconde qu'à la première, celle-ci ne saurait jamais être considérée comme enveloppée. La figure symbolique de l'enveloppement ABA' ne s'applique pas aux groupes de ce genre, car la répétition de la lettre A indique que les deux groupes extrêmes sont des parties de la même proposition, étrangères à l'autre proposition B qu'elles enveloppent. Or le terme commun fait partie à la fois de A et de B ; il faut lui attribuer un signe qui exprime cette communauté. Ce sera par exemple M. Les groupes à terme commun seront traduits parla figure : JBaAbB. Puisqu'il n'y a jamais d enveloppement, elles contiennent toujours, en 6, un repos entre propositions. Si le terme commun vient après les propositions, au lieu de les précéder, le symbole devient AaBbJB, et le repos entre propositions se trouve en a.

Les propositions accouplées incluses sont des propositions enveloppées, non pas l'une dans l'autre, mais toutes deux ensemble dans une troisième. Exemple :

Hanc ego care gêner | quoniam pia causa coegit |

Et uoluere ambo |

Do tibi

(VI, 496-498.) Appelons M et M' les groupes extrêmes, qui appartiennent

à la même proposition, A et B les groupes moyens, m et n les deux repos qui limitent M et M', a le repos entre A et B ; nous obtenons le symbole suivant : Mm AaBnM'. Cette période contient un enveloppement bien caractérisé, celui de A et B pris ensemble par MM'. Il apparaîtra mieux encore, si nous réunissons A et B en une seule lettre par l'écriture, de même qu'ils sont réunis par la pensée en une seule unité logique : M.mJBnW. Cet enveloppement est semblable à tous les autres, et détermine comme eux, selon la relation logique des trois groupes, l'admission dans notre étude ou l'exclusion des repos m et n.

Ce ne sont donc pas les groupes M, JB, M', ni les repos m et n que nous voulons signaler au lecteur, puisqu'il connaît déjà la distinction du faux et du vrai enveloppement, ce sont les groupes A et B, et le repos a. La tendance de notre esprit à simplifier le discours, à y dessiner toujours des couples de deux membres, nous détermine à fondre A et B en une seule unité, pour mieux embrasser l'ensemble de cette période : elle se trouve alors divisée en deux parties, dont l'une comprend A et B, l'autre M et M'. C'est alors que nous observons l'enveloppement MvBM'. Mais cette première vue prise, nous en venons à considérer de plus près et à décomposer le groupe complexe fô. Les deux membres A et B, désormais distincts, suffisent alors à occuper notre attention ; nous négligeons tout le reste de la période. A ce moment, nous n'observons plus que l'ensemble AaB. Le repos a est semblable à tous les autres repos entre propositions, et il n'y a aucune raison de ne pas le compter parmi eux. L'enveloppement général, qui embrasse à la fois A et B, n'existe pas par rapport à ce repos, puisqu'il n'est pas présent à notre attention en même temps que lui ; il ne peut en modifier le caractère, ni nous déterminer à l'exclure de notre étude. Les trois repos m, n et a ont donc une nature et un traitement différents : les deux premiers sont ou ne sont pas, suivant les cas, des repos entre pro-

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