RETOUR AUX FAITS DE VERSIFICATION
positions, le second est toujours un repos entre propositions. Supposons que la deuxième proposition enveloppée B se prolonge au delà de l'enveloppante MM' en un cinquième groupe B', nous avons un type tout à fait analogue au précédent, mais un peu plus complexe :
Cui deus | at quoniam coniunx mea non potes esse |
Arbor eris certe | dixit | mea
dont le symbole est MmAaBnM/0B/. L'enveloppement du membre /B par la proposition MM' n'est pas simple, mais double. Cette différence mise à part, le groupe du livre I peut être analysé comme celui du livre VI en deux membres binaires, ou en deux moments de l'attention. Nous observons d'abord les deux propositions MM' et tB, et nous constatons l'enveloppement double : M'"iBnM'°B/. Ensuite, nous considérons les deux membres A et B en négligeant leur rapport à MM', et il ne nous reste plus qu'un couple simple sans aucun enveloppement AaB, le membre B étant composé des trois parties tout à l'heure distinctes : BMB'. Les repos appartiennent, comme dans le cas précédent, à deux catégories : ceux du premier couple binaire mno, qui sont engagés dans l'enveloppement, et celui du second couple binaire a, qui est libre de tout enveloppement, et compte toujours parmi les repos entre propositions.
D) Les faits de versification : mesure et classement.
a) Application aux faits de versification des connaissances acquises quant à leurs éléments composants.
Ici prend fin la partie la plus longue de cette Introduction. Nous y avons étudié séparément les repos du vers (deuxième section, B) et les repos du discours (troisième section, C). On
12/i INTRODUCTION
a vu comment la durée des uns et des autres peut être mesurée avec précision, et traduite par des nombres. Pour un repos du vers donné, ce nombre est le numéro d'ordre de la classe à laquelle il appartient, car toutes les coupes sont ramenées à quatre durées ou quatre classes seulement. Pour un repos du discours, ce nombre est celui des unités de durée rythmique contenues dans les deux membres ; ces membres peuvent d'ailleurs être considérés soit ensemble dans leur total, soit séparément dans leur rapport.
Mais à quoi vont nous servir ces connaissances ? Les repos du discours pris en eux-mêmes ne nous intéressent pas, les repos du vers pas davantage ; ce que nous avons promis d'observer, ce sont les rencontres des uns avec les autres, les faits de versification. Mais un fait de versification n'est autre chose que la réunion d'un repos du discours et d'un repos du vers pris ensemble1. Si donc nous pouvons représenter par des
i. Au moment où nous mettons de nouveau en contact le repos du discours et le repos du vers pour former le fait de versification qui les contient l'un et l'autre, il faut observer comment les deux impressions différentes venues, l'une du discours, l'autre du vers, s'associent et s'harmonisent.
Supposons qu'un repos long du discours rencontre un repos court du vers, ou un repos court du discours un repos long du vers ; à considérer seulement par l'esprit la définition abstraite des deux éléments, nous prévoyons une sorte de conflit entre eux, et une altération nécessaire de l'un des deux. Essayons de les saisir dans la réalité même. Il suffira de traiter l'un des deux cas, la rencontre d'un repos court du discours avec un repos long du vers ; et, pour avoir des exemples bien caractérisés, où le contraste entre la brièveté de l'un et la longueur de l'autre soit aussi grand que possible, il nous sera permis de les choisir parmi les repos situés à l'intérieur des propositions. Ces repos, on s'en souvient, ne sont pas admis dans notre étude; mais ils ne diffèrent pas, quant à la structure rythmique, des repos entre propositions, et il se trouve parmi eux beaucoup plus de repos très courts. Le repos du vers auquel nous opposerons ces repos très faibles du discours, sera naturellement le plus fort de tous, le repos final.
Soit donc à percevoir et à observer, dans les passages d'Ovide et de V. Hugo cités au début de cette Introduction, les deux faits de versification suivants :
A quo du m Proserpina luco |a B Ludit (v. 391.)
toutes les bouches \a' B' Criaient (v. 11.)