‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 61 sur 270 · UTILITÉ DUN (( DICTIONNAIRE )) I · texte numérisé non relu

UTILITÉ DUN (( DICTIONNAIRE )) I

auxquels s'étend notre étude. Ainsi, le lecteur ne sera pas réduit à admettre sans contrôle les interprétations qui lui seront soumises dans la troisième partie (Explication) : il pourra vérifier les nombres qui mesurent les groupes de repos analogues, remplacer les exemples par d'autres. Dans la seconde partie même (Description), il faut qu'il puisse contrôler et modifier, s'il le juge bon, les mesures proposées pour les repos du discours. En effet, la longueur des membres dépend du groupement des propositions, et celui-ci dépend du groupement des idées qu'elles contiennent. La mesure des faits de versification repose ainsi sur l'analyse logique des périodes ; cette analyse en est la partie, non point arbitraire sans doute, mais parfois incertaine : il y a des périodes où les rapports d'idées sont complexes, et dont les parties peuvent être associées selon plusieurs systèmes presque également acceptables. Aussi, dans un poème aussi long que les Métamorphoses, est-il impossible que deux observateurs donnés définissent de même tous les faits de versification. Le meilleur moyen de pallier à cette difficulté, n'est pas de la dissimuler en supprimant les exemples douteux : il vaut mieux les faire reconnaître, afin que le lecteur puisse les mettre à part, ou les rendre certains en les corrigeant.

Le Dictionnaire ne sera consulté que par un petit nombre de lecteurs. Les uns y chercheront le moyen de vérifier les conclusions générales delà seconde partie. Les autres y recourront pour comparer les procédés rythmiques d'Ovide avec ceux d'un autre poète. Supposons que l'on veuille comparer les Métamorphoses avec l'Enéide : il faut observer le détail des faits de versification ; on examine comment tous les repos du discours sont répartis entre toutes les coupes, et l'on rapproche les résultats obtenus pour les deux poèmes. Les lois du rythme y sont en effet les mêmes dans l'un et dans l'autre : partout les repos du discours les plus longs coïncident avec les coupes du vers les plus fortes ; aussi est-il indispensable d'entrer dans

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le détail, pour apercevoir les différences entre l'art d'Ovide et l'art de Virgile. Quant aux lecteurs qui ne désirent ni contrôler notre enquête, ni l'étendre à d'autres objets, mais seulement en connaître les résultats, ils négligeront l'exposé des faits, ou le dictionnaire, et ne s'attacheront qu'à leur explication, contenue dans la troisième partie du livre. C'est là une raison de plus pour rendre les deux parties aussi indépendantes que possible ; cette indépendance nous permettra de demander aux lecteurs du dictionnaire, les moins nombreux, un plus grand effort d'attention.

Le total des faits de versification qu'il contient est de i35oo. Mais ces faits ne sont pas tous différents. ïl en est que l'on retrouve exactement les mêmes dans un plus ou moins grand nombre de vers. Ainsi le fait désigné tout à l'heure par le chiffre 3 :

Frigora dant rami uarios humus^ umida flores |3 Perpetuum uer est

dans lequel la coupe est la coupe finale du vers, le premier membre, le vers en question tout entier, le second membre, le vers suivant jusqu'à la penthémimère, se rencontre i55 fois dans les Métamorphoses. Il est naturel de réunir tous ces faits identiques sous un seul titre, qui en donne la définition précise, et d'ajouter à ce titre l'indication des i55 passages où l'on trouve le fait qu'il définit. Ainsi, dans le cas présent, le titre : (( coupe finale du vers, premier membre comprenant le vers entier, second membre comprenant le vers suivant jusqu'à la penthémimère », doit être accompagné du nombre i55, qui désigne le nombre de faits auxquels il convient, et de i55 renvois au texte des Métamorphoses. Le dictionnaire est donc composé de titres, qui indiquent ce que sont les faits, et de renvois, qui indiquent où ils se trouvent. Les renvois sont au nombre de i3 5oo, un pour chaque fait ; les titres sont au nombre de i 589.

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