‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 62 sur 270 · UTILITÉ D'UNE NOTATION CONVENTIONNELLE I /|U · texte numérisé non relu

UTILITÉ D'UNE NOTATION CONVENTIONNELLE I /|U

b) Utilité d'une notation conventionnelle.

Les renvois, qui servent à désigner chaque fait de versification en le distinguant des autres, contiennent seulement deux nombres, l'un pour le livre, et l'autre pour le vers. Pour le fait cité plus haut (p. i/|8), le renvoi est V, 3go. Si deux faits de même nature se trouvent dans le même livre, trois nombres suffisent pour les deux. Supposons que l'on trouve un fait semblable au vers 600 du même livre V, le renvoi aux deux passages se fera dans le dictionnaire par la notation V, 3go, 600. Ainsi simplifiés, les renvois sont aussi courts et aussi clairs que possible.

Quant aux titres, dont un seul suffit pour désigner tous les faits de versification identiques, il est indispensable de les rendre plus courts et plus expressifs que ne l'est la définition proposée tout à l'heure (p. i/J8). Elle ne permet pas au lecteur d'apercevoir assez rapidement la nature du fait qu'il observe, et de le comparer aux autres. On y trouve deux parties, l'une pour le repos du vers (coupe...), l'autre pour le repos du discours (membre... membre...). Or le fait de versification est produit par la réunion, et non par la succession des deux repos: on en reconnaît donc mieux le caractère, si les deux repos, ou les deux durées, sont représentées en même temps, et non successivement. Le titre gagnerait donc, non seulement en brièveté, mais en justesse, si nous pouvions réunir les deux parties en une seule, et indiquer par la même notation la nature de la coupe et la longueur des membres.

La définition proposée tout à l'heure présente d'ailleurs d'autres défauts. Prenons la mention de la coupe. Celle-ci est désignée par les mots : coupe finale du vers. En d'autres endroits, on rencontrera d'autres coupes : coupe penthémimère, coupe hephthémimère, coupe après le premier trochée, coupe après le premier dactyle, etc. Ces désignations sont assez longues, et

IÔO PROJET d'un DICTIONNAIRE

surtout disparates. Les unes définissent la coupe en désignant le nombre de demi-pieds écoulés depuis le début du vers (penthémimère), les autres en désignant le numéro d'ordre du pied où se trouve la coupe, en même temps que la nature métrique du groupe compris entre cette coupe et le début du pied (coupe après le premier trochée) ; les unes contiennent des termes techniques de métrique, les autres n'en contiennent point (coupe finale du vers). Le lecteur qui veut reconnaître le rapport de ces différentes coupes, comparer les places qu'elles occupent dans le vers, doit faire une opération longue et complexe. Ainsi, pour comparer la penthémimère et la coupe après le premier trochée, il lui faut ramener en quelque sorte les deux définitions au même principe, se représenter en quel pied se trouve la penthémimère, et à quelle distance du début du pied. Supposons que l'on attribue à chaque coupe un signe convenu : sa définition sera abrégée de beaucoup ; supposons que l'on attribue à toutes les coupes des signes de même nature : alors la comparaison sera plus aisée et plus rapide.

On pourra perfectionner de même la mention des repos du discours, c'est-à-dire des longueurs de membres. Dans l'exemple proposé,

Frigora dant rami uarios humus umida flores |

Perpetuum uer est

ces longueurs ont été désignées en ces termes : le premier membre contient un vers entier, et le second, le début du vers suivant jusqu'à la penthémimère. Cette définition a deux inconvénients : d'abord, le nombre d'unités rythmiques, qui fournit la mesure exacte des longueurs à définir, n'y figure pas ; il ne s'en dégage qu'indirectement, et par un double effort : calculer combien d'unités sont comprises dans un vers et dans un demi-vers, puis additionner les deux nombres ; ensuite, elle ne facilite pas la comparaison de deux longueurs données, car elle contient les noms des coupes, dont la dispa-

Page 1