‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 63 sur 270 · CONDITIONS QUELLE DOIT REMPLIR · texte numérisé non relu

CONDITIONS QUELLE DOIT REMPLIR

rate a été signalée tout à l'heure. Ici, le remède est facile à trouver : pour rendre la définition plus courte et plus rigoureuse, il suffît de remplacer les mots par les nombres mêmes qui mesurent la longueur des membres. Pour le repos du vers 390, ces nombres sont 23 et 10.

A la vérité, les nombres ont moins de réalité matérielle que les mots qu'ils remplacent. Quand le lecteur sait que les membres d'un certain repos comprennent un vers et un demi-vers, ce sont alors pour lui des données presque concrètes, qui deviennent, au prix d un faible effort, présentes à son imaginalion. Il les construit au moyen des dactyles, des groupes et des fragments de dactyles que la pratique du vers hexamètre lui a rendus familiers. Au contraire, les nombres sont abstraits, et l'esprit qui les combine n'est point soutenu par la vue du réel. Si le lecteur veut se représenter les membres du repos en question au moyen des nombres a3 et 10, il doit d'abord traduire ces nombres en brèves et longues, et déterminer que par exemple 23 unités rythmiques comptées dans le vers à partir de la fin le conduisent jusqu'au commencement. Cependant, cet inconvénient des nombres peut être évité. Nous aviserons plus loin, quand nous aurons décidé de les employer comme signes, à les rendre moins abstraits et plus expressifs.

Pour l'instant, nous sommes parvenus à la conclusion suivante : il est utile de remplacer dans le dictionnaire les titres ou définitions composés de mots par une notation conventionnelle, où les coupes et les membres seront représentés par les mêmes signes, les différentes coupes et les différents membres par des signes de même nature. Sans doute, ce travail une fois fait, il deviendra impossible de reconnaître la nature et l'ordre des faits contenus dans le dictionnaire, sans avoir appris d'abord la notation qui les exprime. Mais elle promet de tels avantages, que nous n'hésitons pas à l'imposer à nos lecteurs. Ceux qui prennent intérêt à un catalogue de faits tels que ceux qu'il s'agit d exposer ne refuseront pas ce surcroît

IÔ2 PROJET d'un DICTIONNAIRE

d'effort. D'ailleurs, les signes de cette notation deviennent aisément familiers à toute personne qui a lu quelques centaines d'hexamètres. Enfin, s'ils sont utiles dans le dictionnaire, ils ne le sont que là, et ne se trouveront que là. Ils ne se présenteront pas dans la troisième partie, où ils apparaîtraient disséminés au milieu des phrases, et formeraient autant d'énigmes. Les lecteurs que nos conclusions seules intéressent, sont ainsi dispensés de connaître la notation conventionnelle du dictionnaire.

B) Esquisse d'une notation conventionnelle.

a) Son principe : notation par un même signe da repos du vers et du repos du discours.

Les signes qui composent cette notation sont, comme nous l'avons indiqué, les nombres qui mesurent la longueur des membres. Ces nombres se prêtent, en effet, à désigner, en même temps que les membres, les coupes entre lesquelles ces membres sont compris. Voici pourquoi.

En fixant la durée des repos du discours, nous avons pris comme unité de durée du repos, ou comme unité de longueur du membre, la syllabe brève. Les membres du discours sont ainsi composés de syllabes brèves, et de syllabes longues qui valent chacune exactement deux brèves, et le nombre qui exprime la longueur d'un membre donné représente un certain nombre de durées de brève. Ainsi, le membre Perpetuum uer est correspond au nombre 10, qui signifie 10 durées de brève, le membre Situa coronat aquas cingens latus omne correspond au nombre 19, qui signifie 19 durées de brève. Observons maintenant le vers hexamètre, en laissant de côté les temps marqués. Sa structure rythmique est la même que celle du discours : il ne contient lui aussi que des longues et des

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