‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 66 sur 270 · SIGNES DES COUPES · texte numérisé non relu

SIGNES DES COUPES

s'applique pas seulement aux membres : on peut l'employer aussi pour désigner les repos du vers. Les termes disparates, tels que fin de vers, penthémimère, coupe au premier dactyle, seront ainsi remplacés par des signes de même nature, et qui correspondront aux signes employés pour les membres.

Les nombres qui composent les tableaux des catégories i et 2, si on les ramène à leur signification précise, ne désignent pas autre chose que le nombre d'unités rythmiques écoulé depuis le début ou la fin du vers jusqu'à une coupe déterminée. Ainsi, dans le premier tableau (p. i55), le nombre 10 désigne la distance entre le début du vers et la penthémimère ; dans le second (p. i56), le nombre i3 désigne la distance entre la fin du vers et la même coupe. Ces nombres ne représentent par eux-mêmes ni un membre ni une coupe, et ils représentent aussi bien l'une que l'autre. Si je considère le chemin parcouru depuis le début du vers, le nombre 10 me représente la longueur du membre ; si je considère le point où je suis arrivé, ce même nombre me représente la coupe du vers, qui est ici la penthémimère. Je puis faire du nombre 10 le signe du membre, en le prenant comme exposant, et en le plaçant à droite d'un grand chiffre. Je puis aussi le transformer en un signe de la coupe au moyen de conventions différentes.

Nous convenons, par exemple, que la lettre a; désigne toujours une coupe, tandis que le grand chiffre 0,1,2 désigne toujours un membre. Ceci admis, nous pouvons recourir aux mêmes exposants pour préciser la place de la coupe ou la longueur du membre. O10 est le signe du membre compris entre le début du vers et la penthémimère ; xU) est le signe de la penthémimère. Il est facile de former des signes analogues pour toutes les coupes, suivant la distance qui les sépare du début du vers. On prend dans le tableau de la catégorie 1 (p. i55) le nombre écrit au-dessous de la coupe en question, et on le place en exposant à droite de la lettre x. Ainsi, la

coupe après le premier dactyle est traduite par le signe xk ', la coupe au troisième trochée par le signe xu, l'hephthémimère par le signe xu, la coupe au cinquième trochée par le signe x19.

Quelle que soit la nature du symbole auquel est adjoint l'exposant, grand chiffre ou lettre, la place de l'exposant à droite du symbole suffit à nous indiquer, que le nombre est déterminé à partir du début du vers. Mais, s'il s'agit de représenter des membres, nous sommes obligés de choisir pour point de départ, suivant les circonstances, tantôt le début du vers, tantôt la fin. Pour représenter une coupe donnée, nous pouvons accepter dans tous les cas aussi bien l'un des points de départ que l'autre. Aussi disposons-nous pour chaque coupe de deux nombres, l'un à prendre dans le tableau de la catégorie i , l'autre à prendre dans le tableau de la catégorie 2, et de deux signes différents. Par exemple, la penthémimère peut être représentée à la fois par le nombre 10 et le signe œ10, si nous consultons le premier tableau, parle nombre i3 et le signe i3x si nous consultons le second ; dans ce dernier cas, l'exposant prend place naturellement à gauche, puisque la coupe est déterminée par sa distance à la fin du vers. On obtiendrait de même pour les autres coupes des signes équivalents aux précédents : pour la coupe au premier dactyle i9x, qui équivaut à a?4, pour l'hephthémimère 9a?, qui équivaut à xu, etc. Mais il y a avantage à représenter toujours la même coupe par le même signe, à adopter exclusivement l'un des deux systèmes ; nous préférons, pour les motifs indiqués plus haut (p. i58), les estimations faites à partir du début du vers, c'est-à-dire les signes dont l'exposant est placé à droite. Ce sont les seuls que l'on trouvera par la suite.

La coupe finale du vers se traduit par un signe différent des autres. On a vu que le membre qui occupe un vers entier est représenté par le signe 1 , jamais par les signes o23 ou 23o. L'exposant 23 est donc inusité pour les membres. Pour ob-

NOTATION DU FAIT DE VERSIFICATION l65

tenir une symétrie parfaite entre la notation des membres et la notation des coupes, il convient de ne pas l'admettre davantage à figurer dans les signes des coupes. Le repos final du vers a donc pour signe non pas 23# ou a?23, mais une lettre sans exposant, qui rappelle la lettre x sans se confondre avec elle, c'est-à-dire la majuscule X.

c) Notation du fait de versification par trois signes réunis : sa « formule ».

En créant les signes des membres, tels que o10, et les signes des coupes, tels que x10, nous n'avons pas encore atteint notre but. Les notations conventionnelles que nous voulons établir doivent représenter à la fois un certain repos du discours, et un certain repos du vers. Le signe x10 ne satisfait pas à cette condition : il désigne un repos du vers, la penthémimère, mais il ne contient rien qui concerne le discours. Dans le signe o10, qui correspond au membre

Raptor agit currus 1 zrz'Lz^l. .

on trouve des indices relatifs au discours, puisqu'il contient la notation d'un groupe d'unités rythmiques, et des indices relatifs au vers, puisqu'il signale à l'attention deux coupes du vers, la coupe finale du vers comme point initial du groupe, et la penthémimère comme point final. Mais ce signe ne suffit pas à indiquer avec précision les deux éléments qui composent le fait de versification ; il ne fait connaître exactement ni le repos du discours, ni le repos du vers. La durée du repos du discours est déterminée par celle des deux membres qui l'entourent : grâce au signe o10 nous connaissons un des membres, c'est-à-dire une partie du repos du discours ; mais l'autre membre, ou l'autre partie du repos, nous fait défaut, et le

signe doit être complété par un autre signe de même nature. Même incertitude pour le repos du vers. En considérant le signe o10, on reconnaît que le repos du vers qui compose le fait de versification à définir est, soit la penthémimère, soit la coupe finale : mais on n'a pas le moyen de choisir entre les deux. Si le signe o10 désigne le premier membre du repos du discours, ce repos est placé à la penthémimère ; s'il désigne le second membre, c'est la coupe finale du vers qui se rencontre avec le repos du discours ; mais ce signe, pris isolément, s'applique aussi bien à un premier membre qu'à un second.

Supposons que l'on adjoigne au signe ot0 un second signe, par exemple 13o10, qui désigne un membre commençant à la penthémimère, et finissant à la penthémimère du vers suivant :

et nomine quemque uocando Exhortatur equos

(V, 4oa-4o3.)

alors toute incertitude disparaît, soit pour le discours, soitpour le vers. Le signe complet est o10, 13o10. 11 nous permet de mesurer toute la durée du repos du discours, puisqu'il contient les deux membres qui la déterminent : cette durée se calcule en ajoutant la longueur du second membre à celle du premier: io-f- 1 3 — | — io = 33. Quant au repos du vers qui, uni à ce repos du discours, compose avec lui le fait de versification, on le reconnaît au premier coup d'œil : il est placé au point de rencontre des deux membres ! c'est à la fois la coupe finale du premier et la coupe initiale du second, et c'est la seule coupe dont l'indice numérique soit mentionné deux fois, une fois dans chaque signe. En consultant les tableaux des pages i55 et i56, on reconnaît en effet que les exposants io (placé à droite) et i3 (placé à gauche) désignent tous deux la penthémimère.

L'ordre dans lequel les signes sont présentés au lecteur

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