CAS PARTICULIERS I7I
rythmiques, cette valeur est d'autant de fois 23 que le grand chiure contient d'unités. Soient les membres
Frigora dant rami uarios humus umida flores |
Perpetuum uer est
représentés par la formule 1 > o10 ; ils contiennent 23 -h 10 = 33 unités, comme ceux de la formule précédente o10 < ,3o10.
Tels sont les avantages que nous espérons trouver dans les signes. Nous n'avons pas craint de les exposer en détail, afin de les faire admettre au lecteur ; une fois convaincu, il acceptera volontiers d'apprendre le langage conventionnel dont nous lui avons proposé l'emploi.
d) Cas particuliers ; attribution du signe d'égalité.
A l'exposé de ce langage il faut ajouter quelques remarques, qui s'appliquent à des cas particuliers. Il y a, en effet, certaines rencontres du vers et du discours qui, bien que traduites par des formules ordinaires, méritent cependant d'être signalées à l'attention. Il y en a d'autres, qui ne peuvent même pas être représentées parles formules proposées tout à l'heure, et qui exigent l'emploi de signes nouveaux.
On a vu plus haut (p. 83) que les groupes de mots ou membres, les groupes de membres ou périodes, se divisent soit en 2 parties, soit en 3. Dans le premier cas, la division du groupe, ou, pour abréger, le groupe lui-même, est dit binaire ; dans le second cas, il est dit ternaire. Voici un exemple de groupe binaire :
Frigora danl rami | uarios humus umida flores
Voici maintenant un exemple de groupe ternaire :
Tota frémit |a uocesque refert |" itéra tque quod audit
Faut-il accuser dans les notations conventionnelles la distinction du binaire et du ternaire, proposer un signe distinctif qui prenne place dans les formules correspondant aux repos du groupe ternaire, et les fasse reconnaître?
La formule doit indiquer la durée du repos du discours et celle du repos du vers, c'est-à-dire la longueur des membres et la coupe qui les sépare. Si ces caractères sont différents pour les repos des groupes binaires et ternaires, il faut les représenter par des formules différentes ; s'ils sont identiques, il faut leur appliquer les mêmes formules.
L'identité des deux sortes de repos apparaît clairement, si l'on compare le groupe ternaire pris comme exemple à des groupes binaires qui contiennent le même nombre de membres, c'est-à-dire trois. Soit le groupe :
Signa dedi |a uenisse dcum | uulgusquc precan Coeperat
La structure en est binaire : il se divise en deux parties principales : Signa... deum, uulgusque... Coeperat ; la première partie se subdivise elle-même en deux parties secondaires : Signa dedi et uenisse deum. Celles-ci forment les membres du repos du discours a'. Pour traduire en formule la rencontre du discours et du vers en a', nous écrivons les signes des deux membres : o6 pour le premier, qui s'étend du début du vers à la trihémimère, o6~u pour le second, qui s'étend de la trihémimère à l'hephthémimère ; ensemble : o6 = o6 u (Le choix du signe intermédiaire d'égalité sera justifié parla suite). Cette formule contient tous les éléments du fait de versification. Essayons maintenant de représenter par une formule le repos a du
groupe ternaire Tota frémit Il a pour membres les deux
premiers membres du groupe, c'est-à-dire : Tota frémit et uocesque refert. Ces membres ont la même longueur que ceux du repos a', et ils sont séparés par la même coupe. Ainsi, les caractères du fait de versification sont les mêmes pour les deux