‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 76 sur 270 · PREDOMINANCE DU VERS SUR LE DISCOURS · texte numérisé non relu

PREDOMINANCE DU VERS SUR LE DISCOURS

tion peut donc être fondé soit sur le caractère du vers, soit sur le caractère du discours. Ils sont aussi importants, aussi dignes d'attention l'un que l'autre, et pour décider entre eux, nous n'avons à consulter que notre commodité.

Or, à cet égard, le repos du vers l'emporte de beaucoup. Prenons un nouvel exemple, celui des repos en fin de vers dont le premier membre occupe i vers entier, et le second 2. Il s'en trouve un au vers I, 21 :

Hanc deus et melior litem natura diremit | Nam caelo terras et terris abscidit undas Et liquidum spisso secreuit ab aère caelum.

La formule qui les traduit est i<2 (v. Dictionnaire, n° 125). Le repos du discours n'est pas simple ; il comprend trois repos distincts : l'un pour l'étendue totale des membres, l'autre pour l'étendue relative, le dernier pour la place des membres inégaux. On peut donc fonder sur le repos du discours non pas un classement, mais trois. Si l'on considère l'étendue totale, les repos 1 < 2 prennent place parmi ceux dont l'étendue totale est de 3 vers ou 18 temps marqués; si l'on considère l'étendue relative, parmi ceux dont l'un des membres est double de l'autre ; si l'on considère la place des membres inégaux, parmi ceux dont le plus petit membre précède le plus grand. Il n'y a pas de raison pour donner la préférence à l'un de ces principes de classement plutôt qu'à l'autre. Il est impossible, et d'ailleurs inutile, de les accepter tous les trois, c'est-à-dire de répéter trois fois les mêmes formules, les mêmes indications de livres et de vers, en trois dictionnaires différents. Ainsi, à vouloir classer les faits de versification suivant le repos du discours, on éprouve d'assez grands embarras.

Le repos du vers n'a pas la même complexité : il nous fournit un principe de classement aussi simple que nous le désirons. Dans les formules 1 = 1, 1 < 2, le repos du vers est la coupe finale ou A : ce caractère ne se prête à aucune ana-

lyse ; il ne peut être résolu en plusieurs caractères distincts. Plus simple par nature, le repos du vers est aussi plus facile à observer que le repos du discours. Pour connaître l'étendue totale, l'étendue relative ou l'ordre des membres, il faut considérer les deux membres. Au contraire, pour connaître le repos du vers, il suffit de considérer l'un ou l'autre ; en effet, la coupe qui les sépare est à la fois la coupe finale du premier et la coupe initiale du second : elle est ainsi désignée deux fois dans les formules 1 = i , i<2, etc., et l'une des deux désignations nous dispense de l'autre.

b) Classement suivant le repos du vers.

Il est donc préférable de classer les formules suivant la nature de la coupe qui prend place entre les membres. Nous réunirons donc toutes les formules où le repos du vers est à la coupe finale, toutes celles où ce repos est à la coupe penthémimère, toutes celles où il est après le premier dactyle, etc.

Gela posé, pour déterminer l'ordonnance du dictionnaire, il reste à fixer l'ordre dans lequel les différentes coupes y seront présentées. Cette question en contient deux autres, qui sont les suivantes.

i° Faut-il observer tordre d'apparition dans le vers, ou l'ordre d'importance ?

Les repos du vers ont, comme nous l'avons indiqué page 27, une importance ou une durée différente selon la place qu'ils y occupent, et ils se divisent, à cet égard, en quatre classes. Mais cette hiérarchie ne coïncide pas avec la succession des coupes telles qu'elles se présentent dans le vers. Si l'on jette les yeux sur le schéma du vers hexamètre, et si l'on observe les coupes depuis le début du vers jusqu'à la fin, on n'y trouve pas réunies et disposées par ordre de durée les coupes de la classe I, puis celles de la classe II, etc. Les coupes

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