‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 77 sur 270 · CLASSEMENT PAR LE REPOS DU VERS · texte numérisé non relu

CLASSEMENT PAR LE REPOS DU VERS

des différentes classes y sont au contraire confondues. Au commencement du vers, se présentent la coupe après le premier demi-pied fort, la coupe après le premier trochée, la coupe après le premier dactyle, qui appartiennent à la classe IV, puis la coupe après le second demi-pied fort ou trihémimère, qui appartient à la classe III; un peu plus loin, on rencontre les coupes de la classe II; puis, en cheminant vers la fin du vers, on retrouve des coupes delà classe III, puis d'autres de la classe IV. Nous avons donc à choisir, pour l'appliquer dans le dictionnaire, soit l'ordre de succession naturelle des coupes, soit l'ordre de succession raisonnée.

Le premier est en quelque sorte le plus apparent : il se manifeste à l'observateur dès que le vers hexamètre lui a été défini ; le second, au contraire, suppose l'analyse rythmique du vers, la distinction et le groupement des temps marqués. Cependant, nous préférons l'ordre d'importance, parce qu'il est le plus conforme à l'objet de notre travail, et doit être le plus utile au lecteur. Notre objet est d'observer la rencontre des repos du discours avec les repos du vers. La solution la plus simple du problème, celle que chacun imagine aussitôt, c'est qu'il existe une relation entre la durée des uns et celle des autres, les repos du vers d'une certaine durée attirant à eux les repos du discours d'une certaine durée. C'est cette hypothèse que nous aurons à éprouver. Pour la contrôler, il faudra réunir tous les repos du discours qui se rencontrent avec les repos du vers d'une certaine durée, ou d'une certaine classe, les dénombrer et les classer, puis les comparer avec les repos qui appartiennent aux coupes des autres classes. Ces opérations supposent le classement des coupes par ordre de durée : il faudra donc grouper ensemble les coupes de la classe IV éparses au début et à la fin du vers, de même celles de la classe III. Ce classement, nous ne devons pas laissera d'autres le soin de le faire, il faut que nous le leur donnions tout fait dans le Dictionnaire.

2° Faut-il distinguer entre les coupes dune même classe?

Prenons un certain nombre de coupes de la classe III, par exemple celles du premier hémistiche, c'est-à-dire la trihémimère, la coupe au deuxième trochée, la coupe au deuxième dactyle : les trois coupes déterminentla même division des temps marqués en 2 -h 4- Si l'on considère seulement les éléments rythmiques fondamentaux du vers, les temps marqués, elles sont également propres à recevoir les repos du discours. Il semble donc qu'il soit permis de ne pas distinguer entre elles, et de réunir les repos du discours qui leur appartiennent en une seule masse. On leur adjoindrait, dans la même confusion, les autres coupes de la classe III, celles du quatrième pied ; et l'on grouperait de même celles des autres classes.

Mais, en réduisant le vers à la succession des six temps marqués, nous en avons simplifié la structure. Cette simplification n'est pas d'ailleurs arbitraire : grâce à elle, nous avons pu mettre en comparaison le rythme du vers et le rythme du discours. En réalité, le vers comprend, non seulement les temps marqués alternant avec les temps non marqués et composant avec eux le vers hexamètre, mais les longues et les brèves qui composent le vers dactylique. Cet ensemble complexe est organisé suivant des lois que nous n'avons pas à mentionner, parce qu'elles appartiennent à la métrique proprement dite, mais dont nous devons tenir compte. Ces lois ont pour effet de produire des différences d'importance entre les coupes de la même classe. Ainsi, la trihémimère, la coupe au deuxième trochée, la coupe au deuxième dactyle ne sont pas équivalentes : la première se prête beaucoup mieux à recevoir les repos prolongés du discours, et les reçoit en fait presque tous. H y a de même des différences entre les autres coupes de la classe III (celles du second hémistiche), entre les coupes de la classe II, et même, bien que moins apparentes, entre les coupes de la classe IV.

Chacune des coupes du vers a donc sa nature propre et sa

DISTINCTION DES COUPES DUNE MEME CLASSE 2û3

fonction. Chacune d'elles peut être étudiée pour elle-même, et définie suivant les moyens dont nous disposons, c'est-à-dire en appréciant le nombre et la durée des repos du discours qui lui sont attribués. Si nous ne sommes pas tenu de faire nousmême cette étude, nous sommes tenu du moins d'en mettre les matériaux à la disposition du lecteur, c'est-à-dire de séparer les exemples qui appartiennent à une coupe donnée de ceux des autres coupes, même des autres coupes de la même classe. Ainsi, nous rapprochons dans le Dictionnaire la trihémimère de la coupe au deuxième trochée et de la coupe au deuxième dactyle, mais nous attribuons à chacune d'elles mise à part le groupe d'exemples qui lui revient.

Quanta l'ordre dans lequel nous disposons les coupes d'une même classe, il sera déterminé par la place qu'elles occupent dans le vers, quand on le parcourt de gauche à droite. La trihéinimère se trouve donc avant la coupe au deuxième trochée, celle-ci avant la coupe au deuxième dactyle ; cette dernière précède les autres coupes de la classe III, qui appartiennent au second hémistiche, c'est-à-dire l'hephthémimère, etc., etc.

Le dictionnaire se divise donc en autant de parties qu'il y a de coupes recevant des repos entre propositions. Ces coupes sont au nombre de 3l, et se succèdent dans l'ordre suivant :

Classe I

i° la coupe finale du vers (ou initiale du vers suivant),

représentée en langage conventionnel par le signe X

Classe II (Coupes qui déterminent le groupement des temps marqués

en 3 -h 3).

2° la penthémimère signe x10

3° la même avec élision-apocope signe x10'

4° la même avec élision-synalèphe compensée signe x +

5° la même avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x10"

6° coupe après le troisième trochée signe x11

7° coupe après le troisième dactyle signe

ta

8° la même, avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x12"

20l\ PROJET d'un DICTIONNAIRE

Classe III (Coupes qui déterminent le groupement des temps marqués en 2 + 4 ou 4 + 2).

90 trihémimère signe x6

io° la même, avec élision-apocope signe x6/

ii° la même, avec élision-synalèphe compensée. . . . signe xl

12° la même, avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x6"

i3° coupe après le deuxième trochée signe x1

i4° la même, avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x"

i5° coupe après le deuxième dactyle signe x8

160 hephthémimère signe x

170 la même, avec élision-apocope signe x14/

180 la même, avec élision-synalèphe compensée. . . . signe x+'

190 la même, avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x14"

200 coupe après le quatrième trochée signe x15

2i° coupe bucolique signe

Classe IV (Coupes qui déterminent le groupement des temps marqués en i+5 ou 5+ 1).

220 coupe après le premier demi-pied fort signe x2

23° la même, avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x2"

24° coupe après le premier trochée signe x3

25° la même, avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x3"

260 coupe après le premier dactyle signe x4

270 la même, avec élision-apocope signe

280 la même, avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x4"

290 coupe après le cinquième trochée signe x19

3o° la même, avec élision-synalèphe non compensée. . . signe x19"

3i° coupe après le cinquième dactyle signe x20

Toutes les coupes du vers, à l'exception de deux, trouvent place dans cette liste, c'est-à-dire reçoivent des repos entre propositions ; les deux coupes manquantes sont : la coupe après le cinquième temps marqué (signe : a?18) et la coupe après le sixième temps marqué (signe a?22).

c) Sous-classement suivant le repos du discours. Après avoir réuni tous les faits de versification qui appar-

Page 1