‹ Le rythme poétique dans les Métamorphoses d'OvideChapitre 9 sur 270 · CARACTÈRE GENERAL DU PROBLÈME POSÉ · texte numérisé non relu

CARACTÈRE GENERAL DU PROBLÈME POSÉ

vers latin. Si par exemple j'observe la coupe finale du vers hexamètre

Haec quoque uirgineum mouit iactura dolorem |

pour en comparer l'importance à celle des coupes intérieures, je puis et je dois conduire cette recherche sans considérer si la structure métrique du vers latin repose sur la division des syllabes en longues et brèves, si les pieds qui composent le vers en question contiennent tel ou tel nombre de longues et de brèves. Quand je me pose la même question pour un alexandrin tel que le suivant

Le reste de l'armée hésitait sur leurs corps |

je la résous par la même méthode générale, sans tenir compte ni de l'égalité des syllabes, qui est le principe fondamental de la métrique française, ni du nombre des syllabes qui entrent dans la composition de l'alexandrin. Pourvu que je borne mon observation à ce seul fait, l'achèvement au point | du groupe rythmique Haec quoque... dolorem | ou du groupe rythmique Le reste... sur leurs corps \, c'est en réalité un seul et même fait qui dans les deux vers se présente à moi. Voici l'avantage que me procure cette identité. J'observe le vers hexamètre, et j'y remarque le caractère principal de la coupe finale, qui est de surpasser en importance l'une quelconque des coupes intérieures. Ceci fait, je puis tourner les yeux vers l'alexandrin et y chercher, sans aucune faute de logique, une confirmation à l'appui du caractère observé dans l'hexamètre. Si j'y constate la même supériorité de la coupe finale, l'observation faite à propos de l'hexamètre me paraît, et très légitimement, deux fois plus certaine, appuyée d'une double preuve. Aussi ai-je cru utile d'observer aussi longtemps que possible l'alexandrin en même temps que l'hexamètre, en associant les exemples français aux exemples latins et en pré-

sentant chaque remarque avec ses deux preuves, l'une française, l'autre latine.

Ces lois du rythme qui sont communes au français et au latin peuvent être découvertes dans d'autres langues encore et méritent d'être appelées générales. Elles occupent la plus grande partie de notre Introduction et en justifient le soustitre : Principes généraux. Elles sont d'ailleurs pour la plupart bien connues et depuis longtemps admises, et nous n'en avons rappelé que ce qui nous était nécessaire. Le lecteur distinguera sans peine de ce domaine public ce que nous osons appeler notre bien propre ; c'est l'application de ces lois au problème posé.

Dès qu'il s'agit d'étudier le détail des faits, pour les décrire et les expliquer, il devient impossible d'embrasser dans la même observation le latin et le français. Le moment venu de distinguer les différentes sortes de repos entre propositions, de dénombrer et de comparer les coupes de l'hexamètre, je suis obligé de laisser de côté la métrique et la langue françaises, et d'ailleurs elles ne peuvent plus m'apporter aucun secours. Aussi le vers alexandrin et les exemples français ne figurentils que dans l'Introduction ; là même ils ne sont qu'un accessoire, et les difficultés particulières au vers français ne sont même pas signalées. Dans tout le reste du travail, il n'est question que du vers hexamètre et de la langue latine, qui sont l'unique objet de notre recherche.

b) Distinction du discours et du vers.

Dès la première observation, on reconnaît dans les faits soumis à l'étude les trois caractères suivants : i° Complexité ; 2° Indépendance réciproque des éléments composants ; 3° Indépendance du composé par rapport aux composants.

i° Complexité. — Ce caractère se manifeste dans l'exposé même du problème. 11 s'agit d'étudier la rencontre des repos

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