‹ Le sabot rouge (volume 2)Chapitre 11 sur 15 · XXV · texte numérisé non relu

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bien nettemébt tranchée et faeil^n'ënt saisft- 8^1eft« Les grandes ëtuées- intitulées Monsm^r \ dp Bmdhyver^ rempUrent remarquablem^it sotiv^bût et reproduisirent un très-important aspe<^ soeial, ayee une sciwce très-dévetoppée de la nature humaine.

La réunicm dés phystodomies si yariées, comiques, ambitieuses, maligcies, yiolentes, élevées, pures, sayahtes, engourdies, intolé^ rantes ou innocentes dés prêtres d\m diocèse de proyinee; l'dxamen attentif du- jeu de leur eiist^Qiee engrenée dans la sodété proyineiale et dans les mœurs Villageoises; la délicatesse aUfec laquelle la yie domestique est représwtée ea ses simples grandeurs; aussi la déli^ catesse extrême avec laquelle sont rapprodiés Tiin de ràutr e par la yef^tu , par la chariti, par la musique, par la beauté, par la pureté même, ^ifin par toutes les séductions qu'idu ne songe point à combattre, la jeune fille et le jeune diacre qui succombent malgré etnt, presque sans le savoir ; puis Timpitoyable fidélité à la vérité de l'humaine infirmité qui tralq^ le leeteur (tovanrt un dénouement par lequel e0t éclairé, d'une lueur vive et cruelle, le i;!ieêur

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de la femme; tout fait de cette œuvre un aliment savoureux pour les intelligences larges et réfléchies.

.M. Champfleury a donné dans ce roman une très-grande part à Tanalyse descriptive des fi'gures et des sentiments, afin de bien accentuer le caractère scientifique qu'il veut imprimer à ses travaux. L'analyse lui paraît plus propre à déterminer d'une manière serrée, profonde, les faits psychologiques, et la physionomie intérieure des personnages.

A Monsieur de Boisdhyver succéda la Succession Le Camus ^ où M. Chanipfleury a restitué la comédie de l'héritage avec une profondeur supérieure. La Succession Le Camus est l'irrécusable témoignage de l'extension que prennent les facultés à l'exercice de l'observation. La question de l'importance du rôle de l'observation dans l'agrandissement du jugement, du sentiment artistique, de la délicatesse des sensations, s'y trouve toute tranchée.

En effet, le romancier qui n'a pas eu besoin de se renier lui-même, et dont les premiers essais étaient bien le grain qui devait germer en riches gerbes, a repris dans cette œuvre

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des spectacles, des aspects * des personnages déjà effleurés, ou même vivement abordés, soit dans les Bourgeois de Molinchart , soit dans le Professeur Delteilj soît dans les Oies, de Noëlj en même temps qu'il a étudié et dès types nouveaux, et lé sentiment maternel, et, ainsi quejeTai dit, la comédie de Théritage. L'usurier Blaizot, saisi par les sensations rapides de la jeunesse, s'y retrouve en M. Le Camus, revu par Tanalyse étendue, complexe, de l'observation expérimentée ; et certainement la figure de M. Le Camus l'emporte de beaucoup en vivacité , en netteté, en relief , sur celle de l'usurier Blaizot.

La vie des enfants s'y épanche plus complètement, dans son sentiment intime, plus naïf et plus mystérieux, que les bnitalités des rassemblements de collège n'avaient pu le laisser voir chez les petits personnages du Professeur Delteil. Enfin, les types bourgeois, plus crus, plus sauvages, mieux diversifiés et exprimant mieux les étrangetés d'esprit, de raisonnement, de tentatives et de passions produites par la vie de province, que ne faisaient les Bourgeois de Molinchart^ se groupent en un ensemble com^

plet, presque féroce de simplicité, autour du fauteuil de madame Le Camus, la mourante.

Il y a dans ce livre des coups de fouet et des caresses : des coups de fouet qui fout bondir de plaisir de les voir si bien adressés et des caresses d'amour maternel qui font pleurer d'attendrissement .

Là se voient également trois des figures de femmes le mieux creusées qu'ait su rendre le romancier : mademoiselle Bec, madame May et madame Le Camus.

Un sentiment de la nature humaine^ gras, viril ; une intelligence de la vie, enveloppante, philosophique, pratique; une force spéciale, comment dirai-je, de sentir, de refléter en dedans de soi les images ; une pensée vigou* reuse qui étreint un vaste cercle et rassemble dans le même faisceau l'expression savante de la boilté, de la dureté, de l'engourdissement, de l'avarice, de la bassesse, de la ruse, de l'imbécillité , de la tyrannie, de la résignation, de la timidité, de la brutalité, de la cupidité, du dédain, de l'insolence, de la domination tortueuse, font aussi de la Succès-simi Le Camus, et plus peut-être que de tout

autre livre, ufie riche corne d'abondance, d'où s'échappent à flot&^les beaux fruits délicats, ies grains de pur froment, les épis ployants.

Le dénier volume publié par M. Champfleury contient les Amoureuœ de Sainte-Périne et Bichard' Loyoftité.

L'institution de Sainte-Périne a servi au romancier comme un cadre tout trouvé pour renfermer les passions, les manies, les fai-blesses des vieillards. C'était là une face curieuse par excellence, féconde, et présen* tant un grand tableau d'ensemble comme M. Champfleury les poursuit.

Ce nouveau roman a paru très-cruel et ne pouvait être autrement que cruel, mais il a apporté la révélation de faits psychologiques très-importants et c'est là une considération fort supérieure à celle de savoir si le livre a jeté ou non certaines gens dans une colère noire. La passion acre et sans espoir de la vieille fille ; l'avare qui se laisse dépouiller par l'amour plus rapidement qu'un prodigue ; la femme grasse et bien conservée, dont la bonté d'âme cause tous les malheurs d'autrui , en ne refusant pas à l'homme galant, au crâne lui-

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