JOAN., I, 1-14. — (5) LUC., II
(6) Si quis Pontifxcem et Apostolum nostrum factum dicit, non ipsum es Deo Verbum quando factum est caro, et secundum nos homo, sed tanquàm alterum præter eum seorsum bominem ex muliere, anathema sit. {In Syn., Eph., Can., x.)
BULLETIN DE L’UNION SACERDOTALE
été prêtre, non comme Dieu mais en tant qu’homme, il faut dire néanmoins que le même être est à la fois prêtre et Dieu, selon ce que dit saint Augustin : le prêtre, c’estle Christ Verbe Incarné (1) ».
Plusieurs auteurs, anciens et récents, sont également très explicites en cette matière. Pour ne parler que de deux, nous citerons le P. Grimai, S. M. : « Jésus, Dieu-Homme, écrit-il, est totalement, substantiellement prêtre par l’Incarnation elle-même. On pourrait dire que le but unique, ou du moins principal de l’Incarnation est de donner à Dieu et au monde un digne Pontife pour adorer et expier (2) ». Un second, M. l’abbé Le Saulnier de Saint-Jouan, enseigne de son côté : « Le Sacerdoce de Jésus est lié si étroitement au mystère de l'Incarnation, qu’il en est une conséquence nécessaire, et nous allons jusqu’à dire : l'Incarnation existe pour permettre le Sacerdoce de Jésus (3) ».
Au commencement Dieu créa le ciel et la terre (4). Par ces premières paroles de la Bible, Moïse nous dit l'origine des créatures. Saint Jean n’ignorait pas ce début de la Genèse, quand, pour nous dire l'origine du divin Prêtre, à la dernière page du Livre sacré, il l’imite et le reproduit : « Au commencement était le Verbe ». Mais quelle différence ! C'est le tout opposé au rien, l’infini au fini, l'Etre au non-être. Au commencement, qu’étaient les créatures?' Rien. Qu’était le monde ? Rien. Dieu le faisait, Dieu le créait, Dieu le tirait du néant. Et le Verbe, qu’était-il? Lui, il était! Dieu ne le faisait pas, Dieu ne le créait pas, Dieu ne le tirait pas du néant : Erat, il était. Il était, non pas comme une matière inerte qu’il faut travailler et féconder, mais il était dans toute la plénitude de son être ; il était ce qu’il est aujourd'hui, ce qu’il fut hier, ce qu’il sera demain, ce qu’il sera dans les siècles des siècles. Erat , il était nécessairement et essentiellement.
Saint Jean répète quatre fois en deux lignes cet imparfait.
Et Y Aigle de Meaux , commentant Y Aigle de Pathmos, se pâmait d'admiration et s’anéantissait dans l’adoration : « Où suis-je ! Que vois-je? Qu’entends-je? Tais-toi, ma raison : et sans raison, sans discours, sans images tirées des sens, sans paroles formées par la langue, sans le secours d’un air battu ou d’une imagination agitée, sans trouble, sans effort humain, disons au-dedans, disons par la
(1) Licet Christus non fuerit sacerdos secundiun quod Deus, sed secundum quod homo unus tamen et idem fuit sacerdos et Deus... Undè Augustinus dicit in X. De Civitate Dei, cap. 20 : « Sacerdos ipse Christus, Verbum, Incarnatum. (PARS III, q. XXII, a. 3. ad 1.)
(2) Le Sacerdoce et le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, p. 105. Magnifique étude dans laquelle la vraiè piété s’unit à une doctrine abondante mais toujours précise.
(3) Du Sacerdoce de Jésus-Christ, p. 7. Moins savant et plus populaire que l’ouvrage précédent, cet « opuscule », comme le qualifie trop modestement l’auteur, est bien de nature à réaliser son vœu apostolique qui est aussi le nôtre : « Projeter quelques rayons de lumière et d’amour sur le mystère trop peu connu du Sacerdoce de Jésus, pour accroîtredans les âmes la dévotion envers le grand Prêtre Jésus. ( Préface „ p. 1.)