GEN
foi avec un entendement, mais captivé et assujetti : « Au commencement, )> sans commencement, avant tout commencement, au-dessus de tout commencement, « était » celui qui est et qui subsiste toujours : « le Verbe », la parole, la pensée éternelle et substantielle de Dieu... Ah ! je me perds, je n’en puis plus : je ne puis dire qu' Amen : « il est ainsi » : mon cœur dit : « Il est ainsi », Amen.
« Quel silence ! Quelle admiration ! Quel étonnement ! Quelle nouvelle lumière? Mais quelle ignorance! Je ne vois rien et je vois tout ! Je vois ce Dieu qui était au commencement, qui subsistait dans le sein de Dieu, qui était son fils unique ; et je ne le vois pas. Amen. Voilà tout ce qui me reste de tout le discours que je viens de faire, un simple et irrévocable acquiescement par amour, à la vérité que la foi me montre. Amen , amen , amen. Encore une fois : amen. A jamais : amen (J).,»
Pouvons-nous mieux faire, ô Prêtres du Seigneur, que de nous prosterner, avec saint Jean et avec Bossuet, au pied de l’éternel berceau du Prêtre éternel : le sein du Père, et d’y prolonger notre adoration et notre louange dans le silence de toutes nos facultés (2) et l’anéantissement complet de tout notre être ? L’origine du Sacerdoce de Jésus est aussi l’origine de notre propre Sacerdoce. Pauvres néants, créatures fragiles et éphémères, être d’un jour, nous sommes les fils d'un amour perpétuel, les élus d’un choix divin, les prédestinés d’un appel éternel (3). La voix du Père qui disait à son Verbe dans les profondeurs de l’éternité : Ego liodie genui te (4)... tu es Sacerdos in æternum (5), descendait jusqu’aux abîmes du rien pour nous convier à devenir les créatures, les amis, les ministres, les Prêtres, les successeurs de Jésus, le Verbe sans commencement et sans fin, de Jésus, le Prêtre éternel.
N’est-ce pas à nous surtout que s’adresse cette exhortation du pieux et savant P. Faber : « Oh ! si nous pouvions avoir une dévotion spéciale à la Personne du Verbe éternel, si nous pouvions lire toutes les merveilles que l’Eglise nous apporte à son sujet, et ensuite méditer et faire des actes d’amour sur ce que nous avons lu ! C’est la véritable méthode pour augmenter notre dévotion envers sa sainte Humanité, pour apprendre à veiller auprès de sa crèche, à pleurer au pied de sa croix, à prier devant son tabernacle, à se réfugier dans son Cœur sacré (6). »
Telle sera notre ambition, notre pratique notre récompense.
(1) Elévation sur les Mystères, loc. cit.
(2) Te decethymnus, Deus in Sion. On sait que la vraie traduction de l’hébreu est : Tibi silentium laus. (S. Jérome.)
(3) In charitate perpétua dilexi te : ideo attraxi te mihi, miserans. (Jer., XXI, 3).
(4) Ps. II, 7. — (5) Ps. CIX, 4.
(6) Tout pour Jésus, p. 226.
BULLETIN DE L’UNION SACERDOTALE
Fraternel et bienïeillant accueil fait à notre Rero
es deux premiers numéros de la Revue « Le Sacerdoce » sont allés aux quatre coins du monde saluer fraternellement les chers Associés de Y Union Sacerdotale et se présenter humblement à un certain nombre de Confrères inconnus. Nous ne pouvons savoir ce que tous en pensent; mais nous sommes heureux de constater que, dans toutes les lettres qui nous sont parvenues jusqu’ici, on nous exprime de la joie et de l’admiration d’une telle publication.
On serait tenté de croire, en lisant cette correspondance, qu’il y avait une lacune que notre Revue est venue combler, tant le but, l’esprit, le ton et le choix des sujets du « Sacerdoce » répondent aux sentiments et à la mentalité d’un grand nombre de Prêtres.
Quelques-uns nous expriment leur reconnaissance en des termes tellement touchants, que nous sommes confus de l’honneur qui nous est fait de pouvoir accomplir un si noble apostolat auprès de ceux que nous vénérons autant que nous les aimons.
Tout en reconnaissant notre indignité, nous avons néanmoins grandement à cœur de travailler et de nous dépenser pour le plus grand bien de nos vénérés Confrères dans le Sacerdoce. Puissions-nous concourir, dans une mesure si faible soit-elle, au salut et à la sanctification de ceux que Jésus aime plus que tous : ses Prêtres! Si nous avions le bonheur de faire grandir Jésus dans une seule âme sacerdotale, nous nous trouverions grandement récompensés.
Que nos chers Confrères, associés et abonnés, veuillent bien nous tenir compte de notre bonne volonté et nous aider de leurs ferventes prières, dans la douce mais grande tâche que nous nous sommes imposée pour l’amour et la gloire de Jésus dans les âmes sacerdotales.
Nous remercions de tout cœur ceux qui nous ont déjà si charitablement encouragés en nous exprimant leur joie, leur pleine satisfaction, leurs espérances et leurs vœux.
Pour l'édification de tous, nous tenons à citer quelques extraits pris dans la masse.
Un confrère nous écrit :
« C’est le Samedi Saint que m’est arrivé votre hommage du « Sacerdoce ». — Encore une nouvelle revue! fis-je avec ennui. J’en reçois tant et d’excellentes, que je n’ai pas le temps de lire ! Elles s’accumulent autour de mon bureau, gardant souvent pendant des semaines
leurs bandes intactes et leurs pages closes. Avec trois mille paroissiens, sans vicaire, je suis tout heureux quand j’ai pu faire mes exercices indispensables de piété. Conclusion : vite une carte de remerciements pour qui m’a adressé le « Sacerdoce » avec l’excuse banale que je ne puis m’y abonner. Et voilà une affaire réglée pour toujours.
« Deux jours après, le lundi de Pâques, un confrère voisin m’arrive tenant en main le « Sacerdoce ». — « Avez-vous reçu, dit-il, la nouvelle revue? Elle est remarquablement faite et avec un programme qui promet beaucoup pour l’édification des Prêtres. Ce n’est pas du tout banal. » Et nous voilà tous les deux à parcourir ce numéro prospectus. Du coup, je suis éclairé et converti.
« Vous avez reçu, depuis, mes félicitations et... mon abonnement ad perpetuum. Je lirai chaque mois le « Sacerdoce » pour ma lecture spirituelle et devant le Saint Sacrement. C’est déjà fait pour les deux premiers numéros. Quelles lumières ils jettent sur le Sacerdoce de Jésus, sur notre vocation sacerdotale, sur la charité fraternelle, particulièrement envers les confrères malheureux î
« Maintenant je voudrais que tous les prêtres fissent comme moi. Dans tous les cas, à notre prochaine réunion cantonale, je me ferai l’apôtre et le propagateur du « Sacerdoce » et de « l’Union Sacerdotale ». Malgré les temps malheureux et difficiles que nous traversons, votre revue vivra et sera appréciée du Clergé. Elle lui parle au cœur et l’arrache aux mesquins horizons terrestres pour le mettre dans la lumière splendide de sa vocation et de sa mission.
« Et puis cette « Fraternité Sacerdotale » dont je ne connaissais même pas l'existence, dont le but est si élevé et que Léon XIII et Pie X ont comblée de leurs bénédictions, n’est-elle pas une œuvre vraiment providentielle ! Son opportunité n’est pas discutable et son programme ne peut manquer de ravir le cœur de tous les prêtres fervents. Ces maisons de retraite pour les prêtres vieillards et infirmes, ces asiles pour les confrères malheureux et trop souvent hélas ! abandonnés, ces hôtels ecclésiastiques dans les grandes villes où les prêtres en voyage sont exposés à tant de dangers, oui, tout cela est inspiré par l’amour vrai du Prêtre et la connaissance intelligente et pratique de ses besoins.
« ... Et voilà comment celui qui ne voulait pas même lire le premier numéro du « Sacerdoce » est devenu un enthousiaste et un reconnaissant. Il ira vous le dire personnellement et voir de près vos Œuvres Sacerdotales à son prochain passage à Paris en juillet. »
Un confrère que vous avez à jamais gagné.
Un Supérieur de Grand Séminaire, dans un article — trop élogieux pour nous et que nous voudrions pouvoir mériter — paru dans la Semaine Religieuse, fait en faveur de notre Revue un appel qui, nous l’espérons, sera entendu.
Qu’il nous permette de lui en exprimer publiquement ici notre gratitude.
BULLETIN DE l’uNION SACERDOTALE
« On devine aisément avec quel désir de propagande je recommande cette nouvelle Revue « Le Sacerdoce ». Les rédacteurs (je connais le directeur) sont des personnages de haut mérite.
« Nous avons besoin, tous, de nous sentir en communion d'idées, d'actions, d’attraits avec des âmes élevées qui secondent nos désirs et nos projets. Il ne suffit pas d’admirer les desseins de Dieu sur nous dans notre sublime vocation, il faut les réaliser, et ce n’est pas trop pour cela d’être en contact avec des cœurs qui aiment ce que nous aimons et veulent ce que nous ambitionnons. Cette Revue me semble donc appelée à faire beaucoup de bien.
(<On trouvera dans ses pages une grande variété de sujets doctrinaux et pratiques, une science théologique et ascétique sûre, des directions sages pour le ministère. Je ne parle pas des joies intimes qu’elle peut nous donner au milieu de nos épreuves et de nos difficultés, ni des élans de courage, de force dont elle peut devenir la source. Dans tous les cas, elle répond à un certain idéal que je m’étais fait au sujet de publications possibles au service du sacerdoce. »
G. André,
Sup. du Grand Séminaire d'Avignon.
PAPOUES D’ÉVÊQUE
Visite de S. G. JVI BRUCftESI, Archevêque de Montréal
a Grandeur M§r Bruchési, archevêque de Montréal, a daigné nous honorer de sa bienveillante visite, s’intéresser à l’OEuvre et présider une réunion de Confrères en retraite. Reçue avec une grande joie et une pieuse vénération dans la chapelle toute fleurie de roses printanières, Sa Grandeur a daigné nous adresser une allocution pleine de doctrine et d’onction. Les idées émises sont tellement élevées et si vraiment sacerdotales que nous voulons en reproduire ici la substance, tout en regrettant de ne pouvoir leur donner le relief, la délicatesse de forme, la sobre et digne éloquence dont l’Archevêque de Montréal sait décorer tous ses discours.
Vos autem dixi amicos. Bien que mon diocèse soit très éloigné de celui que vous habitez, vous avez sans doute entendu parler de Montréal, de ses œuvres et spécialement de son Congrès Eucharistique qui a été, Dieu en soit béni ! l’une des plus gran-
dioses manifestation de foi et d’amour envers Jésus au Très Saint Sacrement.
Vous connaissez maintenant son archevêque qui est heureux de venir visiter cette maison de prière et de retraite et de passer une heure avec vous au pied du Tabernacle. Mais vous connaissez mieux encore le Prêtre venu lui aussi de mon diocèse et à qui Dieu a inspiré cette OEuvre si méritoire, belle et grande entre toutes, et qu’il a daigné bénir et féconder d'une manière qui tient presque du prodige. Que les bénédictions et les grâces du Seigneur continuent à soutenir le zèle du fondateur et des compagnons qui se sont unis à lui pour se dévouer au plus grand bien de la tribu sacerdotale.
Aussi bien, si je ne vous suis pas complètement inconnu, je puis vous dire que vous ne me l’êtes pas davantage, et, en cherchant la parole que je devais tout d’abord vous adresser, je n’en ai pas trouvé de plus vraie et qui traduise mieux les sentiments de mon cœur à votre égard que celle-ci : Vos autem dixi amicos.
Cette parole, oh ! qu'elle me semble adorablement belle quand elle sort du cœur et des lèvres de Jésus au soir de la Cène ? A qui l’a-t-Il adressée ? Ce n’est pas aux riches de la terre ni aux grands du monde ; ce n’est pas aux disciples généreux et fidèles qui le suivaient, ni aux malades qu’il avait guéris, ni aux âmes d’élite qu’il avait sans doute rencontrées. Non. C’est à ses Prêtres, à ses premiers Prêtres, à tous ses Prêtres que Jésus l’a dite cette parole suave et bienfaisante entre toutes : Vos autem dixi amicos . C’est une parole sacerdotale, exclusivement sacerdotale.
Un ami ! Oh ! la douce et précieuse chose ! Les païens en vantaient la rareté et le prix. Mieux qu’eux le Saint-Esprit a proclamé bienheureux celui qui a rencontré un véritable ami, ajoutant qu’il a trouvé un trésor, un remède de vie, un frère qui le rend fort comme une tour inexpugnable.
Un ami ! quel appui, quel secours, quel réconfort à travers les difficultés et les traverses de la vie !...
Un ami! Mais quand cet ami s’appelle et est Jésus, oh ! qui donc peut mesurer la grandeur, l’étendue, la valeur de cette amitié divine ?...
Et avec quelle générosité, quelle sincérité, quelle vérité Jésus réalise ce titre si aimable et si doux envers ses Apôtres, envers tous ses Prêtres, envers nous-mêmes, chers et vénérés frères !
L’amitié appelle la confiance mutuelle, les confidences, les secours, les dons généreux et réciproques. A ses amis, Jésus n’at-il pas tout dit? Omnia quæcumque audivi a Pâtre meo nota feci vobis. N’a-t-il pas tout donné? Son éternel sacerdoce, son Corps, son Sang, son Eglise, les âmes... Hoc est corpus meum... Hoc facite
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in mearn commemoralionem. La mission qu’il a reçue de son Père ne la leur a t-il pas confiée ? Sicut misit me Pater et ego mitto vos.
Ah ! l’amitié de Jésus pour ses Prêtres a été si loin et les a élevés si haut qu’ils sont devenus, eux, pauvres mortels, comme les •égaux du Fils de Dieu. Le mot du philosophe païen, si rarement réalisé dans les amitiés humaines, s’est accompli à la lettre à l’égard des amis de Jésus : amicitia aul 'pares invenit aut facit.
A son tour, le Prêtre ne doit-il pas être le véritable ami de Jésus?
11 ne peut l’être que par un retour généreux et le don complet de tout lui-même à l’Ami divin. Il ne peut l’être que pat* une confiance sans bornes que rien n’altère ni ne décourage, que rien ne puisse détruire. Ni sa faiblesse native, ni ses défaillances, ni ses fautes même ne doivent diminuer cette confiance qui honore par-dessus tout le Cœur de Jésus et à laquelle II tient plus qu’à tout le reste.
Ami de Jésus, le Prêtre doit l’être en s’identifiant avec l’Ami divin par des idées, des sentiments, des habitudes, des mœurs, des vertus conformes aux idées, aux sentiments, aux mœurs, aux vertus de Jésus. Appuyé sur la grâce de sa vocation, de son élection divine, de l’amitié sacrosainte dont l’honore le Prêtre éternel, il doit Le reproduire si bien en lui et dans toute sa conduite, qu’en le voyant le peuple puisse dire en vérité : Sacerdos, aller Christus.
En voilà plus qu’il n’en faut pour m’autoriser à vous redire moimême : Vos autem dixi amicos. Oui, si Jésus est l’ami du Prêtre, au point de ne faire qu’un avec lui, les Prêtres entre eux sont donc et doivent toujours être les uns pour les autres des amis : ut sint unum , sicut et nos unum surnus.
C’est la première fois que nous nous rencontrons. Je viens d’un pays lointain et j’y retourne. Il peut se faire que nous ne nous revoyions jamais ; et cependant je puis vous répéter : Vos dixi amicos. Le lien très véritable et infrangible de notre amitié, c’est notre Sacerdoce. Vous êtes Prêtres et pour l’éternité, je suis Evêque mais Prêtre comme vous. A un moment béni de notre existence, s’est levée dans notre âme la lumière de notre éternelle vocation : et de stercore erigens pauperem, et Jésus nous a fait monter jusqu’à son sanctuaire et jusqu’àson autel : utcollocet eum h cum principibus populi sui.
Et nous avons le même sacerdoce, les mêmes pouvoirs, les • mêmes privilèges, les mêmes privautés de Jésus. C’est son amitié pour chacun de ses Prêtres qui est le lien doux et fort de notre amitié.
C’est ainsi que l’amitié des Prêtres entre eux, comme le caractère sacerdotal imprimé par l’Ordination au fond de leurs âmes, a quelque chose d’auguste, de sacré et d’éternel. Elle les fait plus que des amis, elle en fait des frères.
Et voila pourquoi je sens dans mon cœur pour les vôtres des sentiments très profonds et très vrais d’amitié sacerdotale. Je ne suis ici que l'hôte d'une heure, mais je suis sûr que si je prolongeais mon séjour au milieu de vous, nos âmes se comprendraient bien vite, nos cœurs se fondraient les uns dans les autres, les confidences jailliraient spontanément, une amitié réciproque se révélerait par une confiance mutuelle, entière et fraternelle.
Cette vie d’amitié, je la mène là-bas avec les Prêtres dont Dieu m’a confié la garde. Je sens qu’il me serait doux delà mener avec vous.
C’en est assez pour m'autoriser, en ce moment rapide qui nous réunit près du Saint Tabernacle, à vous parler comme on parle à des amis, à vous souhaiter ce que l’on souhaite à ses amis. Que vous dirai-je donc et que vous souhaiterai-je sinon de rester, de devenir de plus en plus les amis de Jésus, de L’honorerpar la pratique des vertus chrétiennes et sacerdotales, par une confiance absolue et une fidélité inébranlable.
Vos amici mei estis si feceritis quæ ego prœcipio vobis. Oui, observer les préceptes de l’Ami divin, être doux et humbles de cœur comme Lui, charitables et purs comme Lui, zélés pour la gloire de Dieu et le salut de nos frères comme Lui : voilà les preuves d’amitié que Jésus est en droit d’attendre de ses Prêtres.
Mais par-dessus tout, j’insiste sur cette confiance amoureuse par laquelle vous devez sans cesse réjouir et conquérir le Cœur de Jésus. Rien ne blesse plus cruellement le cœur d'un ami qu’un défaut de confiance. Le plus sanglant affront, la peine la plus cuisante qu’un Prêtre puisse faire à Jésus, c’est de douter de son Cœur, de sa fidélité, de sa miséricorde, de son amour.
Et combien cette confiance amicale nous est nécessaire à nous qui portons, même avec notre Sacerdoce, le fardeau de nos misères et de nos fautes quotidiennes !
Mais si l’humilité doit nous tenir toujours abaissés devant la divine Majesté, la confiance en la miséricorde de notre divin ami Jésus doit nous préserver du découragement. Ah ! nos négligences et nos péchés, l’Eglise ne les ignore pas, elle qui nous prosterne chaque matin au pied des degrés de l’autel et nous fait redire en face du Tabernacle et de tout le peuple chrétien : Confiteor... quia peccavi nimis... mea maxima culpa ; mais elle nous relève bientôt dans l’espérance du pardon et de l’absolution : Indulgentiam , abso lutionem... Sperain Deo. Que l’humilité demeure, mais que la confiance triomphe !
Il y a dans les psaumes une parole qui m’a toujours profondément touché : Misericordia tua super vitas. J’aime à la traduire ainsi : La miséricorde de Jésus plane sur toutes les vies, elle les
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couvre, elle les enveloppe, elle les pénètre jusqu’en leur fond le plus intime. Si triste qu’ait pu être le passé, si coupables que se soient rendues les âmes, si chargées et si ingrates qu’aient été les vies, si menaçante que soit l’éternelle justice, dont les droits sont aussi rigoureux qu’imprescriptibles, je vois avec ravissement la miséricorde de Jésus qui s’étend sur toutes les vies comme un manteau protecteur, pour dérober et cacher leurs prévarications aux regards du juge irrité, qui suspend ses arrêts et prévient ses foudres, afin de laisser au Cœur de Jésus le temps de reconquérir, à force de patience et d’amour, ces âmes très chères et de renouveler l’allégresse du vrai Père des prodigues se réjouissant plus de la conversion d’un seul pécheur que de la persévérance de quatre vingt-dix-neuf justes.
Cette miséricorde que rien ne lasse, a pour les Prêtres des secrets d’inépuisable tendresse, des délicatesses que peut seule expliquer une divine amitié.
Ah ! vivez donc de cette pensée, pour redire éternellement avec le même Psalmiste : Misericordias Dominiin ælernum cantabo.
Je causais un jour avec une sainte religieuse qui me fit cette belle confidence : « Je pensais ce matin à mes péchés passés et mon âme saisie d’effroi allait se décourager en face de la divine justice, mais vite je me suis rappelé la miséricorde de Jésus et ma crainte a disparu. »
Voilà bien le sentiment qui doit dominer votre vie dans ce Cénacle.
Hier vous étiez dans la plaine combattant pour le Seigneur et pour les âmes ; que de consolants souvenirs vous a laissés le saint ministère!... Vous avez donné des enfants à l’Eglise et des élus au Ciel, vous avez fait descendre les divins pardons sur des têtes coupables et sur des cœurs repentants, vous avez annoncé les vérités du salut et éclairé devant vos frères la route qui mène au Paradis, vous avez relevé et consolé bien des affligés. Il y a des âmes qui vous doivent leur éternel bonheur et qui prient pour vous là-haut.
Autant de motifs de reconnaissance envers l’Ami divin et de confiance en ses miséricordes.
Aujourd’hui, c’est l’heure de la prière, du recueillement, de la réfection spirituelle dans ce Cénacle où le Divin Maître vous a providentiellement réunis. Profitez bien de ces heures de repos et de silence. Elles sont si précieuses ! Sanctifiez-les par une piété sincère et soutenue, par une obéissance délicate et fidèle, par une régularité édifiante et parfaite, par une charité mutuelle qui vous unisse comme des frères, par un esprit surnaturel qui inspire toutes vos pensées, toutes vos paroles et tous vos actes. Que cette chapelle soit vraiment le centre de votre vie sacerdotale, que le
Tabernacle en soit le foyer mais aussi la consolation, la force, l’espérance et la perfection. Vos autern dixi amicos : là est l’Ami éternel dont le Cœur est toujours ouvert à son Prêtre.
En cette semaine bénie de la Pentecôte, l’Eglise met souvent sur nos lèvres cette prose sublime qui est un des plus riches joyaux de sa liturgie : Veni scinde spiritus. Deux mots m’y frappent surtout: Veni Pater pauperum , veni lumen cordium.
Pauvres, nous le sommes de toutes manières et cette misère suffirait à nous décourager si le divin riche n’était vraiment notre Père, si nous n’étions ses héritiers et ses enfants. Que l’Esprit saint vous enrichisse de ses dons !
Enfants de ténèbres par nature, même après la grâce, nous ne voyons pas, hélas ! les choses sous leur vrai jour. La route où nous cheminons à travers la vallée des larmes est obscurcie par des brouillards malsains. Posé tout entier dans l’iniquité, le monde hait la lumière. La lumière était dans le monde et le monde ne l’a pas connue. Oh ! qu’il est difficile, même pour les âmes consacrées, d’avoir toujours ces yeux éclairés de la foi qui, fermés aux vanités et aux bagatelles du temps, fixent sans défaillance les horizons éternels!... Et voilà pourquoi nous devons tant implorer Celui que l’Eglise appelle : Lumen cordium,.
Il y a près de trente ans, tout jeune Prêtre à Paris, j’entendis citer la parole d’un homme du monde converti à sa dernière heure, après une vie ennoblie par toutes les vertus naturelles mais que la foi et la pratique chrétiennes n’avaient pas vivifiées. Grand admirateur des missionnaires, il disait d’eux : « Ce sont des âmes remplies d’éternité. » Ce mot n’est jamais sorti ni de ma mémoire, ni de mon cœur et volontiers je vous le répète et vous le laisse comme conclusion de ce familier entretien.
Des âmes remplies d'éternité ! Certes, voilà bien ce que doivent être les âmes sacerdotales, les âmes des amis de Jésus. Et de quoi donc, mon Dieu, seraient-elles remplies, si elles ne l’étaient pas d’éternité?... Del’amourdu monde... de la soif de ses plaisirs mensongers et passagers... du désir des honneurs fragiles et inconstants... du besoin des affections humaines changeantes et capricieuses... du feu des passions qui dévorent mais ne satisfont jamais?... Absit. Nos âmes sont trop grandes pour les choses qu finissent. Seraient-elles pleines du monde entier qu’elles seraient encore vides. Seuls, Dieu, Jésus, l’Eglise, les âmes peuvent les satisfaire et les remplir. Oui, ce que je vous souhaite, ce que je demande pour vous, ce que nous allons demander les uns pour les autres pendant cette bénédiction du Saint-Sacrement, ce sont des « âmes remplies d’éternité ». Elles seront dignes alors du divin
Prêtre qui nous a dit en nous faisant ses Prêtres : Vos dixi amicos.
Un cantique au Sacré-Cœur, composé pour la circonstance, fut ensuite chanté avec entrain; c'était une véritable prière pour « la Nouvelle France », pour « Ville-Marie (1) », pour « l’Evêque dévot au Sacré-Cœur ». Après le Salut solennel et la Bénédiction du Saint-Sacrement donnée par Sa Grandeur, le Supérieur qui, heureuse coïncidence, célébrait ce jour-là son anniversaire de Sacerdoce, invita l’assemblée à prier pour « tous les Prêtres de l’univers, en particulier pour les Ordinands de cette semaine, pour la France et le Canada, pour Montréal et son premier Pasteur. »
La réunion prit fin sous un beau soleil couchant qui éclairait les grands arbres du parc, les oriflammes, les écussons, les banderolles festivales : décoration hâtive mais fort réussie en l’hon-» neur de l’auguste visiteur. Si ses regards se sont fixés au départ sur l’arc de triomphe dressé dans l'avenue, ils ont pu lire en lettres d’or sur fond rouge le nom qui est au-dessus de tout nom, le nom du Souverain Prêtre et de l’Ami divin : Jésus. Il est toute la raison d’être de nos œuvres sacerdotales, notre seule consolation, notre unique force et toute notre récompense. C’est Lui sans doute qui a inspiré au vénéré Prélat, et cette visite pleine de délicate charité et ces paroles « remplies d’éternité » qui ont laissé dans tous les cœurs un parfum tout céleste et une dette de reconnaissance que seul le divin Ami pourra payer.
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Retraite du mois de Juillet
La retraite du mois, au centre de Ylnion Sacerdotale , à Paris, est fixée au mardi , 7 juillet. L’exercice du matin aura lieu à 10 heures, et celui du soir à 4 heures.
Les confrères de Paris et des environs, ainsi que tous ceux de passage à Paris ce jour-là, sont fraternellement invités à y assister.
Les Prêtres qui désirent y taire leur retraite annuelle, ou y passer quelques jours dans le repos et la prière, y sont reçus avec joie et une affection toute fraternelle.
(1) C’était le beau nom primitif de Montréal.
Jésus Prêtre et ïietime
souree et grâce du Saeerdoee
ous les êtres créés ont la même origine : ils sont sortis des mains de Dieu. Toutes les âmes puisent la vie à la même source : en Jésus. Toutes les œuvres ne sont stables et vraiment fécondes que dans la mesure où elles sont vivifiées par Jésus. Pour descendre du ciel comme pour y monter, il faut l’action puissante et sanctificatrice de Celui « per quem omnia facta sunl » et en qui seul nous existons et nous mouvons, « in Ipso vivimus, movemur et sumus ».
Ce qui est vrai de l’existence des êtres et de la vie de la grâce dans les âmes, l’est également de toute œuvre humaine qui réflète quelque chose de la beauté de Dieu, de sa grandeur, de sa puissance, de sa sainteté ou de quelqu’autre de ses perfections. Il est des génies qui étonnent l’humanité, comme il est des œuvres qui font l’admiration des siècles. Ces chefs-d’œuvre toutefois ne peuvent être comparés à ceux qui sont directement l’effet de la puissance et de la bonté de Dieu dans les âmes.
Jésus ne nous paraît jamais plus grand et plus adorable que quand 11 opère dans les âmes de ces transformations sublimes qui les élèvent et les unissent étroitement à la divinité. Une âme en état de grâce réflète davantage Jésus que la création des mondes, car ce n’est plus simplement un acte extérieur de toute puissance qu’elle proclame, mais c’est la vie même de Dieu, dont elle est animée, qu’elle manifeste et fait admirer. D’un autre côté, un seul acte d’amour, dans une âme pure, livre plus l’être à Dieu et établit, dès lors, des rapports plus intimes entre l’effet et la cause, entre l’âme elle principe d’où elle émane, que ne le pourra jamais faire tout le reste de la création.
Rien n’est beau et grand, sublime et divin, comme cette dépendance absolue d’une âme vivant de la vie même de son Dieu et cet amour tout puissant de Dieu communiquant sans cesse à l’âme quelque chose de sa plénitude et de son infinie vitalité.
Et quand cette âme est une âme de Prêtre, ces rapports sont inévitablement plus profonds et plus intimes. Jésus se donne plus surabondamment à l’âme de son Prêtre, parce qu’il l’aime plus ardemment, parce qu’il l’a faite plus vaste, capable de contenir davantage et apte à répandre à profusion les grâces et la vie qu’il a déposées en elle et dont II demeure la source intarissable et toujours féconde.
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Mais il est une autre raison pour laquelle Jésus se communique plus intimement à l'âme sacerdotale, et que le Prêtre ne doit jamais perdre de vue, s’il veut être fidèle à la grâce de son Ordination et donner à sa vie tout entière le cachet surnaturel et divin qu'elle doit avoir : c’est le caractère indélébile dont elle a été divinement marquée.
Par le seul fait de Ponction sacerdotale dont il a été oint, le Prêtre a été constitué un être à part dans l’humanité, un être qui tient plus de l'ange que de l'homme, qui parle plus du ciel que de la terre, qui, par ses fonctions, semble plutôt un Dieu qu’un simple mortel. Il a reçu alors une empreinte spéciale de la divinité, qui le sépare du reste des hommes : « segregalus a populo », et qui l'introduit dans une tribu sacro-sainte où ne doivent plus retentir que des chants sacrés et des louanges divines : « Et vos eritis mihiin regnum sacerdotale, et gens sancta » (I).
N’appartenant plus au monde : « de mundo non estis », mais ayant été l’objet d’un choix divin : « Ego elegi vos », et faisant désormais partie de l'héritage du Seigneur : « Ego tuli levitas... meisunt... » (2), le Prêtre n'a de vie et de fécondité, comme de raison d'être, que par Jésus, mais Jésus souverain Prêtre. En s'imprimant dans l’âme sacerdotale, Jésus y a gravé en caractères ineffaçables son propre Sacerdoce, avec tout ce qu’il a de souverainement beau et de divinement puissant.
Ce qu’est Jésus, il l’est éternellement. Prêtre éternel, Il n’a pu exercer que dans le temps les fonctions de son Sacerdoce. Sa mission ici-bas étant accomplie, et, Prêtre unique, ne pouvant plus cependant s’immoler Lui-mème, Il a voulu se constituer des Ministres qui continuassent ses immolations et appliquassent les mérites infinis de sa vie, de sa Passion et de sa mort. Pour accomplir une œuvre aussi sublime, Jésus a déversé pour ainsi parler, tout son Sacerdoce dans l’âme de son Prêtre. Il l’en a inondée, imprégnée, imbibée, au point de la transformer en un autre Luimême. Et cette communication de son propre Sacerdoce a été faite à chaque âme sacerdotale en particulier, et avec une telle plénitude, qu’aucune d’elles n’est plus Prêtre qu’une autre, et que chacune reflète parfaitement le même et unique Sacerdoce du Souverain Prêtre.
En contemplant un Prêtre, le Père reconnaît le Fils de ses divines complaisances, dont le Sacerdoce, éternel dans sa source, se multiplie et se prolonge dans les âmes sacerdotales de tous les lieux et de tous les temps. Jésus, par ses Prêtres, non seulement revit dans l'humanité, mais encore II y continue, en la
(1) Ex., XIX, 6.
(2) Num., III. 12,13.
renouvelant sans cesse, la mission qu’il avait reçue de son divin Père et qu’il légua en mourant à ceux qu’il daigna appeler « ses amis » parce qu’il les avait faits ses Prêtres.
Pendant qu’il vit d’une vie éternellement glorifiée dans les splendeurs du Ciel, sur la terre, les « privilégiés » qu’lia honorés de la sublime dignité de son Sacerdoce, continuent l’œuvre rédemptrice de leur Maître. Mais c’est encore et toujours le seul et unique souverain Prêtre agissant, purifiant, sanctifiant, sauvant et transformant.
Se peut-il concevoir une union plus étroite et une identité plus parfaite? Dans ces hauteurs presque inaccessibles, où nous transportent le caractère sacré de Pâme sacerdotale et les relations essentielles avec le Souverain Prêtre qui en découlent, on se sent comme dans le voisinage immédiat de la divinité. La contemplation du Verbe, en tant qu’Image parfaite et substantielle du Père, nous fait mieux saisir la grandeur de l’âme sacerdotale devenue le reflet du Prêtre éternel.
Impossible de considérer le Prêtre sans voir Jésus, et d’en avoir l’intelligence sans comprendre qu’il n’y a et ne peut y avoir en lui que Jésus. En méditant sur le caractère sacerdotal, c’est une étude de Jésus Prêtre que l’on fait; en approfondissant le Sacerdoce dans le Prêtre, on en arrive à une compréhension plus grande du Sacerdoce de Jésus ; en vivant de sa grâce sacerdotale, le Prêtre se plonge en plein dans la vie divine dont Jésus est la source et son Sacerdoce un rayonnement.
Et lors même que nous n’y réfléchirions pas, cette vérité demeure. Le Prêtre, en tant que Prêtre, est inséparable de Jésus, il n’a de réalité qu’en Jésus, il ne trouvera de vitalité, de sainteté et de fécondité qu’en se tenant étroitement uni à Jésus. Le caractère sacré dont son âme porte le sceau indélébile, l’oblige à recourir sans cesse à Jésus, à dépendre totalement de Lui, à s’exposer à son action divine sacerdotale, à se livrer sans restriction à son amour et à se vouer à toutes ses volontés saintes, comme Lui, Jésus, l’était aux volontés de son divin Père.
Oh ! comme l’on comprend la grande et sublime prière sacerdotale de Jésus, lorsqu’au soir de la Cène, Il suppliait son divin Père d’unir en Eux tous ses Prêtres, dans une union étroite et indissoluble comme celle qu’il a avec lui ! Le Prêtre appartient si étroitement à Jésus et Jésus est tellement dans son Prêtre, que l’union qui les confond dans un même Sacerdoce ne peut être comparée qu’à l’union ineffable qui existe, dans laTrinité Sainte, entre le Père et le Fils. « Pro eis rogo ut omnes unum sint, sicut
BULLETIX DE l’üNIOX SACERDOTALE
tu, Pater , in me, et ego in te, ut et ipsi in nobis unum sint... Ego in eis, et tu in me, ut sint consummati in unum » (1).
Le vrai centre de vie du Prêtre est dans le Cœur même de Jésus le Prêtre éternel; il doit y tendre de toutes ses forces, comme par une conséquence nécessaire et quasi irrésistible' de son Sacerdoce. Dès lors, sa première occupation doit être de se sanctifier, pour l’honneur du Souverain Prêtre, dont il est le ministre et auquel il est lié par des liens si étroits, que rien ici-bas ni dans l’éternité ne pourra jamais porter atteinte au caractère dont son âme est divinement marquée : Tu es Sacerdos in æternum.
Nous pouvons donc dire, en toute vérité, que si le Prêtre n’est pas saint, il est en contradiction formelle avec le caractère qu’il porte ; s’il ne travaille pas à devenir un Prêtre selon le Cœur de Dieu, il renie en quelque sorte son Sacerdoce qui le fait alter Chris tus ; s’il ne vit d’une vie toute surnaturelle et divine, évitant jusqu’à l’ombre du péché et aspirant sans cesse, par une pureté de vie plus parfaite, à une union toujours plus intime avec Jésus, il paralyse en son âme l’action transformatrice du Souverain Prêtre, qui, en l’appelant à l’honneur de partager son Sacerdoce, a prétendu l’élever et le conduire jusqu’à la sainteté.
Tout est saint dans ce que Jésus lui communique de son Sacerdoce, et il n’est pas au pouvoir du Prêtre de rien changer de cette sainteté essentielle qui découle du Souverain Prêtre et dans laquelle son âme sacerdotale est comme baignée. Tant qu’il est en contact avec Jésus — et son caractère sacerdotal l’y maintient constamment — il doit heureusement subir le voisinage et comme la compénétration de la sainteté. Ce qui oblige le Prêtre, de son côté, à rendre à Jésus un peu de ce qu’il reçoit si abondamment de Lui. A son tour, il doit s’efforcer de L’honorer et de Le remercier, en mettant son âme à l’unisson de tous les desseins d’amour et de miséricorde de Jésus sur lui, et en faisant resplendir son Sacerdoce dans la pureté et la sainteté de sa vie.
O Jésus, vivez et régnez dans l’âme de vos Prêtres ! O Prêtres de Jésus, vivez, grandissez et devenez des saints sous les fortes influences et les divines efficacités du Sacerdoce du Prêtre éternel !