Luc, i
caractère de JÉSUS-CHRIST dans l'âme du prêtre et la ressemblance du prêtre au divin Maître dont il est la parfaite image, on ne puisse concevoir d'autres rapports entre le prêtre et le Sauveur. Et cependant il y a encore deux autres rapports dont il nous faut parler. Le premier, c'est la société incessante et quotidienne du disciple avec son Maître et du serviteur avec son Seigneur. Le prêtre est serviteur, compagnon et ami. De même que Pierre, Jacques et Jean étaient, de tous les disciples, ceux qui suivaient de plus près notre Sauveur pendant sa vie mortelle, de même ses prêtres sont parmi le peuple fidèle ceux qui le suivent de plus près. Toute la journée ils sont près de lui et leur vie tout entière Ta pour unique objectif. C'est lui qu'ils quittent le matin et c'est auprès de lui qu'ils reviennent le soir.
Ensuite, il y a entre le prêtre et le Sauveur,à la sainte messe, un contact vrai, substantiel et vivant, aussi réel que le contact de saint Jean avec le divin Maître, lorsque, à la dernière Cène, il reposait sur la poitrine du Fils de Dieu ; aussi réel que le contact de saint Pierre avec JÉSUS-CHRIST lorsque le Sauveur lui lavait les pieds. Quand nous tenons le Saint-Sacrement dans nos mains nous sommes en contact avec Dieu, avec Dieu incarné, avec le Créateur, le Rédempteur et le Sanctificateur. La présence du Verbe incarné qui ne passera pas est plus réelle que la terre que nous foulons aux pieds et qui passera. Nous sommes en contact avec sa substance. « Celui qui est uni au Seigneur, dit le Prophète, est un même esprit avec lui. » Mais nous nous sommes unis de plus à la substance de son corps, nous sommes les membres de ce corps par une
réelle et substantielle participation. Saint Paul dit que nous sommes « les membres de son corps, de sa chair et de ses os» (l),et il nous ordonne de porter Dieu « dans notre corps (2) ». Ce contact et cette union, c'est la vie éternelle. Si, lorsque nous tenons le Saint-Sacrement dans nos mains, nos yeux étaient ouverts comme le furent les yeux de Cléophas à Emmaiis, nous reconnaîtrions qu'après le contact sacramentel et substantiel il n'y a d'union plus intime avec JÉSUS-CHRIST que l'union des bienheureux avec lui dans la lumière de la gloire.
Ce sont là les raisons qui ont éclairé l'esprit des docteurs de l'Église et les ont amenés à se convaincre qu'on ne peut concevoir de dignité plus élevée, de pouvoir plus grand que la dignité et le pouvoir sacerdotaux.
Dans l'ordre des actions divines, cette dignité, en ce qui regarde le pouvoir de la consécration, place le prêtre immédiatement après la sainte Vierge, le vivant tabernacle du Verbe incarné ; et, en ce qui regarde l'intendance qui est confiée au prêtre sur le Saint- Sacrement, immédiatement après saint Joseph, le père adoptif et le gardien du Fils de Dieu. Quel plus grand honneur le prêtre pourrait-il recevoir ? Mais aussi quelle obligation à la perfection peut égaler celle que crée pour le prêtre un tel pouvoir, une telle dignité et un contact aussi vivant avec le Verbe fait chair ? Saint Jean Chrysostome dit que les mains qui consacrent devraient être plus pures que la lumière du soleil. Et si les mains du prêtre doivent être telles,que doivent être
i. Ephes. , v, 30.