‹ Le sacerdoce eternalChapitre 11 sur 110 · I Cor., vi · texte numérisé non relu

I Cor., vi

ses yeux qui fixentla divine Présence,voilée mais àpeine cachée, et ses lèvres qui disent: « ceci est mon corps »,et ses oreilles qui entendent sa propre voix articuler les mots de la nouvelle création de Dieu? Et si telle doit être la pureté de son corps, quelle doit être la pureté de son âme, de son intelligence avec toutes ses puissances et facultés, avec sa mémoire et son imagination, de son cœur avec toutes ses affections et ses désirs, de sa conscience avec ses discernements et ses ordres souverains, de sa volonté avec son empire constant sur tous les actes de la vie extérieure et de la vie intérieure ?

Il n'y a donc pas à en douter, le sacerdoce, par sa propre nature, ses exigences et les obligations qu'il impose, est essentiellement une règle de vie et le plus haut état de perfection divinement institué par Notre- Seigneur lui-même.

Mais ce n'est pas tout. Le prêtre exerce aussi une juridiction sur le corps mystique du Christ, c'est-àdire sur les âmes de ceux qui ont été régénérés par l'eau et par l'Esprit-Saint Saint Paul dit : « Nous sommes en face de Dieu la bonne odeur de JÉSUS- CHRIST à l'égard de ceux qui sont sauvés et à l'égard de ceux qui périssent : à l'égard de ceux-ci une odeur mortelle qui leur cause la mort ; et à l'égard de ceuxlà une odeur vivifiante qui leur donne la vie. Et qui est apte à de si grandes choses (x) ? » C'est-à-dire, qui ne tremblera de se charger d'un tel ministère ? Quoi de plus formidable que d'être placé ainsi entre la vie et la mort et d'être chargé, en vertu même de notre office sacerdotal, de rendre compte des âmes qui sont confiées à notre garde ? Les Pères de l'Église disent

i. II Cor., ir, 15, 16.

que c'est là un ministère dont les anges eux-mêmes redouteraient de se charger. Gouverner un peuple, ou commander à une armée, et tenir ainsi entre ses mains la vie terrestre de milliers d'hommes, c'est une charge redoutable. Mais combien est-il plus redoutable d'être investi d'une autorité dont les actes ont des conséquences éternelles ? Quelle sainteté, quelle charité, quelle humilité, quelle patience, quelle sagesse, quelle fermeté, quelle équité seront à la hauteur d'une pareille fonction ?

Si les rapports qui unissent le prêtre au divin Maître dans le saint Sacrifice de la messe exigent en lui la perfection spirituelle, les rapports qui unissent le prêtre au Sauveur, comme docteur, guide et juge des hommes, ne l'exigent pas moins. Le prêtre est établi pour exercere perfectionem, c'est-à-dire pour être luimême un exemple de perfection, pour modeler les âmes sur le type de la perfection qu'il doit reproduire en lui et les former à sa ressemblance. Il est donc requis avant tout qu'il soit parfait lui-même.

Ils sont nombreux les titres qui font ressortir avec éclat l'importance de ce dernier rapport du prêtre avec le Sauveur et nous montrent en même temps les multiples devoirs qui lui sont imposés. Sous l'Ancienne Loi déjà, les prêtres typiques étaient dépeints comme pêcheurs ('), chasseurs (2) et bergers (3). Sous la Nouvelle Loi, ils sontappelés pêcheurs d'hommes (4) etpasteurs (5) du troupeau. Mais ils sont plus que cela. Ils sont des

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