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seille d'acheter de moi l'or éprouvé au feu, afin de t'enrichir et de te vêtir d'habits blancs, de peur que la honte de ta nudité ne paraissejapplique aussi un collyre sur tes yeux, afin que tu voies.»
Si dans le tableau que nous allons tracer de la mort du prêtre, nous supposons plusieurs cas de morts funestes c'est que ces morts se présentent sous d.fferents aspects qu'n importe de décrire. Toutes les morts des âmes pénitentes et ferventes sont de bonnes morts et un seul exemple suffira pour les fane connaître toutes.
I Et d'abord s'offre à nous la mort d'un prêtre coupable, - mort que n'a point précédée peut-être a réception des derniers sacrements: c'est la fin dur, misérable auquel la mort enlève avec just.ee la dernière ressource qui semblait lui rester ;- ou, ce qui est plus effrayant encore, mort précédée de la réception des derniers sacrements, mais reçus sacrilegement. A la perversité incarnée de Satan, on ne peut comparer que l'endurcissement d'un prêtre impénitent. Les prêtres qui tombent.s'ils ne reviennent pas a Dieu avec plus de facilité et de promptitude que les autres hommes, peuvent en arriver à un aveuglement et à un endurcissement du cœur dont les autres pécheurs "offrent pas d'exempleC).Hs ont été si longtemps en contact .familier avec toutes les vérités éternelles, ils les ont Pochées s souvent, ils ont mis la main dans le sanctuaire a tant de choses saintes, ils ont eu à leur disposition une
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rint inemeniMUs fiunt. »- S. Bonav. Phare»*, l.b. I, C. xxn.
telle profusion de lumières, ils ont entendu tant d'avertissements et tant d'appels au repentir, ils ont eu des grâces d'état (gratta status) si abondantes, et tout cela en vain, que leur fin ressemble à celle d'un moribond pour lequel on a épuisé tous les remèdes, tous les traitements et toutes les ressources de l'art et auquel la mort se cramponne avec tant de force qu'il ne lui reste plus qu'à mourir. Que de fois il a prêché, ce prêtre, les vérités qui ont converti et sanctifié les humbles, les cœurs purs, les âmes innocentes! Mais c'était un mort qui prêchait aux vivants. Que de fois il a célébré la sainte Messe en commettant le triple sacrilège — de consacrer, de se communier lui-même et de communier les autres! Le jugement prononcé contre lui était écrit et au dedans et au dehors de toute sa vie, vie qui ne fut qu'un enchaînement de profanations sacrilèges. Sancta non sancte.sed perverse, turpiter et ad mortem. Alors arrive la fin. Un de ses confrères est à son chevet ; mais dans quelle disposition est son âme? Y a-t-il encore en lui un souffle de vie, un battement du cœur, un rayon qui l'éclairé sur son état, une volonté réfléchie de se repentir? Ce fut jadis, peut-être, un enfant innocent, un jeune homme de grande espérance, un étudiant intelligent, un séminariste plein de promesses, un prêtre aux précoces aspirations, aux intentions sincères et aux résolutions pleines de droiture. Mais, — soit péché de la chair ou de l'esprit, soit passion coupable, soit orgueil, — une brèche se fit soudain dans son cœur. Peut-être connut-il cette passion, peutêtre y résista-t-il et la maîtrisa-t-il longtemps, mais à une heure fatale où l'occasion se présenta à lui comme d'elle-même en lui aplanissant les obstacles, où la fas-
ci nation des sens endormit sa vigilance, à une heure de faiblesse et de tentation violente, l'ennemi aux aguets dompta sa volonté et fit de ce prêtre un esclave. Bien des années s'écoulèrent qui furent témoins de ses chutes, de ses retours et de ses rechutes, années qui lui offrirent bien des occasions et des moyens de conversion, occasions et moyens qu'il perdit par sa faute ou par l'imprudence des autres ; et la racine du mal finit par s'enfoncer si avant dans son cœur qu'elle devint inextirpable; et la conscience cessa de faire entendre sa voix. Arriva alors la fin. Recordare, Jesu pie, quod sum causa Uiœ vice, ?ie me perdus Ma die!
II. Après la mort d'un prêtre coupable, s'offre immédiatement à nous le tableau de la mort d'un prêtre négligent. Il n'a eu dans toute sa vie qu'un seul et unique ennemi ; mais le pire de tous les ennemis, un ennemi traître, un vrai Protée toujours acharné à sa perte — et cet ennemi, c'est lui-même, c'est sa volonté complaisante, accommodante et sans énergie. îl ne s'est pas créé d'autre ennemi parce qu'il n'a pas eu assez de zèle en quoi que ce soit pour blesser quelqu'un. Tous parlent de lui en termes favorables ; mais le caractère sacerdotal n'est plus visible en sa personne et il en a perdu tous les traits distinctifs. C'est un visiteur qu'on reçoit avec plaisir, un joyeux compagnon, un hôte empressé et amusant, très au courant de ce que disent les journaux et lui-même une chronique vivante. Il est ce qu'on appelle vulgairement un homme populaire, qui ne blesse personne sauf lui-même et le mal qu'il se fait nul ne le connaît que Dieu, que son ange gardien, que son confesseur et quelque ami inconnu, peut-être, qui s'intéresse à lui et a l'œil ouvert
sur sa conduite. Lui ne voit rien, ou n'ouvre que difficilement les yeux sur son état. Il n'omet jamais tout à fait sa préparation à la Messe, mais il l'abrège et la précipite ; il expédie sa Messe en vingt minutes au plus et accomplit les cérémonies sans esprit intérieur, à la façon d'un automate. Quant à son action de grâces, il l'écourte et en a vite fini avec elle. Son office, il le récite sans aucune ponctualité, en courant, sans esprit intérieur et sans s'occuper des mots qu'il prononce. Minuit le surprend lorsqu'il n'a pas encore récité prime et, s'il use volontiers du privilège accordé aux missionnaires quand ils sont en mission, de remplacer l'office par le rosaire, il ne se dispense pas moins volontiers du travail de la mission. Il se rendra auprès des malades toutes les fois qu'il y sera appelé, mais il négligera de les visiter et parfois il arrivera trop tard. Au chevet des mourants,sa conscience lui dit intérieurement qu'il est là à sa place comme prêtre, mais elle lui dit aussi qu'il n'y est pas à sa place comme homme. Il administre les derniers sacrements et récite les prières du Rituel, et puis il se tait ; il n'a plus rien à dire. Et que pourrait-il dire ? Les habitudes de sa vie et le cours de ses pensées sont si éloignés de tout ce qui rappelle la mort et l'éternité ! L'âme du mourant est frustrée et les amis qui l'entourent à sa dernière heure sont attristés et froissés. Lorsque la mort surprend un tel prêtre, elle le trouve naturellement peu préparé. Il n'a pas eu peut-être assez de prévoyance pour réclamer d'avance le ministère d'un confrère, et comme tout à coup le danger devient pressant, les derniers sacrements arrivent trop tard. Comment ce prêtre pourra-t-il échapper à cette sentence du Seigneur : « Mon peuple s'est
trouvé sans parole » et pour la prière et pour la louange, « parce qu'il a été destitué de science >> par la négligence de ses pasteurs ? « Parce que vous avez rejeté la science, je vous rejetterai à mon tour et vous n'accomplirez plus désormais les fonctions de mon sacerdoce (l). »
III. Vient ensuite la mort d'un prêtre qui a été durant sa vie trop large pour lui-même et pour les autres. Il y a cette différence entre le relâchement et la négligence : un prêtre négligent peut se former dans l'esprit un haut objectif de perfection et se tracer à lui-même théoriquement les règles précises du devoir, mais, à cause de sa négligence, il reste dans la théorie et ne met pas en pratique les principes qu'il connaît parfaitement. Un prêtre trop large pour lui-même tend, lui, à abaisser son objectif et à diminuer théoriquement ses obligations. Il défend toutes les opinions qui favorisent la liberté humaine et est porté à taxer de rigorisme et de jansénisme ceux qui s'en tiennent strictement aux principes. Il use largement de la première partie du texte de saint Paul : omnia mihi licent ; mais il passe à pieds joints sur le reste : <( sed non omnia œdificant. » Il soutient qu'il n'y a que deux états de vie en ce monde: l'un où on conserve sa liberté et l'autre où on enchaîne sa liberté par les trois vœux de religion ; que l'état de liberté convient aux âmes qui n'aspirent pas à la perfection et que l'autre, où on s'engage par un triple vœu, convient à tous ceux qui veulent arriver à la vie parfaite. A ceux qui se mettent sous sa conduite spirituelle, il apprend à éviter deux choses : le péché et la stricte