Ibid., xxxi
stérile et mourant et qui un jour s'avanceront avec joie portant leurs gerbes dans leurs mains (x).
Mais ces titres, bien qu'expressifs, ne sont que des images et des figures allégoriques ; il y en a d'autres plus simples et touchant de plus près à notre vie sacerdotale et à nos besoins. Les prêtres sont les coopérateurs de Dieu dans l'œuvre de l'édification de l'Église et dans l'érection du temple du Saint-Esprit sur l'unique fondement que le Christ, le Maître-Constructeur, a posé. Ils sont les pères de tous ceux qui renaissent de l'eau et de l'Esprit-Saint, mais, dans un sens spécial, et avec des liens plus intimes et plus éternels, ils sont les pères de tous ceux qu'ils ont baptisés. Saint Paul dit aux Corinthiens : « Quand vous auriez dix mille maîtres en JÉSUS-CHRIST, vous n'avez pas pour cela plusieurs pères, puisque c'est moi qui vous ai, par l'Évangile, engendrés en Jésus-Christ (2). » Ce titre de père est le plus simple et le plus intelligible pour tous, jeunes et vieux, savants et ignorants. La relation de père à fils est un lien universel dans l'ordre de la nature et elle est devenue comme un spirituel instinct dans l'ordre de la grâce. Le titre de père est le premier, le plus élevé, le plus puissant, le plus touchant, le plus honorable de tous les titres d'un prêtre. Il peut recevoir du monde et de ces fontaines élevées d'où se déversent les honneurs bien des noms et des titres honorifiques ; il peut ceindre son front de palmes académiques et se voir comblé de dignités ecclésiastiques ; mais aucun titre n'a pour lui un sens si profond et si élevé que le titre de père, et il n'emportera dans