Ezech., xxxiii
si ce n'est Dieu qui seul peut dire : « Toutes les âmes m'appartiennent (J) »? Il y a dès lors, de par l'institution divine, une mutuelle relation d'autorité et de sujétion entre le prêtre et les âmes. Quel homme a, de par la loi naturelle, autorité sur un autre homme? Il ne l'a, cette autorité, que s'il l'a reçue de la loi surnaturelle de la grâce. Là où il n'y a pas d'autorité, il n'y a pas devoir de se soumettre.
< Tout homme portera son propre fardeau » (2), dit saint Paul aux Galates, mais les fardeaux de plusieurs sont, par l'ordre de Dieu, réunis sur les épaules du pasteur des âmes. Lui aussi n'est point responsable de l'effet du signal d'alarme qu'il donne aux âmes en veilleur fidèle ; il n'est responsable que de sa fidélité à remplir sa mission. Lorsqu'il a donné son cœur, ses forces, son temps, sa vie et, à l'occasion,, tout son sang, au service et au salut de son troupeau, il peut se reposer plein d'espérance. Le sang de ceux qui périssent ne lui sera pas imputé. Mais quel zèle, quelle abnégation de lui-même, quelle générosité et quelle patience, quelle humilité et quelle charité sont nécessaires pour supporter avec indulgence la perversité des méchants et la légèreté des bons ! Le pasteur doit en toutes choses marcher en avant du troupeau^ sinon le troupeau ne peut le suivre en réalité. Il doit d'abord avoir appris lui-même, parla pratique, ce qu'il doit enseigner aux autres, et son enseignement a bien moins de valeur par ce qu'il dit que par ce qu'il est. C'est la parole vivante qui convertit, soutient et sanctifie le cœur des hommes. Summa dicere et ima faccre est,
i. Ezech., xvm, 4.