‹ Le sacerdoce eternalChapitre 30 sur 110 · S. Greg. Nyss., Orat. iv. § 124, tom. 1, p · texte numérisé non relu

S. Greg. Nyss., Orat. iv. § 124, tom. 1, p

3. S. Greg. Nyss., Orat. de Perfect. Christ., tom, 1, p. 298.

à une frêle échelle, comme il n'est pas possible de rester immobile sans monter ni descendre dans cette vie mortelle si incertaine et si fragile. Nous n'avons pas icibas, ajoute-t-il, une cité permanente, mais nous tendons vers la cité à venir. Vous devez monter ou descendre. Personne ne peut se rendre le témoignage qu'il est bon s'il n'a le désir de devenir meilleur, et dès que vous commencez à ne plus vouloir devenir meilleur, vous commencez alors à cesser d'être bon. » Et si cet avertissement s'adresse avec raison à tous les chrétiens, combien à plus juste titre s'adresse-t-il à tous les prêtres ! Saint Bernard ajoute encore : « Solus Dens melior se ipso esse non vult, quia non valet (*). »

Si telle est notre prédestination, demandons-nous quel est en réalité notre état actuel.

I. D'un prêtre pécheur, nous n'avons rien à dire ; depuis la chute des anges, rien ne fut si horrible que la chute de Judas, et depuis la chute de Judas, rien n'est plus effrayant que la chute d'un prêtre. « Marie eras Stella rutilans : vespere conversus es in carbonem.l> Le matin, brillant comme l'étoile dans tout l'éclat de sa pureté, et le soir noir et mort comme du charbon. Et cette chute peut être provoquée non seulement par les péchés de la chair — qui étaient impossibles à la nature angélique — mais par les péchés de l'esprit, tels que les péchés contre la charité, la piété et l'humilité. Le péché de Judas était, autant qu'on peut en juger par le texte sacré, un péché intérieur, qui finit par l'amener à vendre et à trahir son divin Maître. Nous ne sommes pas à l'abri du péché mortel, si nous ne sommes

i. S. Bern., Epist. xci, 2, 3, tom. i, p. 265.

que chastes et purs. Saint Jérôme dit : perfidus Judœus, perfidus christianus, ille de latere, iste de calice sanguine m Christi fundit.

II. D'un prêtre mondain, nous n'avons que peu de choses à dire. Si l'amour du Père ne peut, au témoignage de l'Evangile, exister dans le cœur de celui qui aime le monde, la chasteté et la pureté ne nous sauveront pas si nous aimons le monde ; car si «la concupiscence des yeux » et « l'orgueil de la vie » sont en nous, nous sommes déjà morts ; nondum apparuit judiciutn et jamfactum est judicium f1). Le signe des derniers jours, c'est que les hommes seront, dit l'Ecriture, « amis d'eux-mêmes » et « amis des plaisirs plutôt qu'amis de Dieu (2) ». De tels prêtres peuvent extérieurement paraître ne mériter aucun blâme, mais ils sont ceux dont parle saint Paul qui « aiment mieux leurs propres intérêts que les intérêts de JÉSUS- Christ (3) ».

III. D'un prêtre relâché que peut-on dire? Les principaux signes du relâchement,c'est de vivre sans règlement de vie, de dire la sainte messe par habitude avec une courte préparation et une courte action de grâces, de prendre en dégoût le confessionnal et de s'en exempter autant qu'on peut ; d'être sans ponctualité et sans ordre dans le service divin. Un tel prêtre en arrive vite à se trouver plus à son aise dans les réunions mondaines que dans la société de ses confrères. Les habitudes, le ton, la conversation et la vie facile du monde vont mieux à ses goûts. Il habite la maison de mission

i. S. Aug. , Tract. XII, in Joan.

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