I. Ps., XIII
terre, il les aima jusqu'à la fin » et que « pour qu'il pût toujours demeurer avec les siens, il nous donna, par un conseil inexplicable de sa sagesse, un gage de son amour qu'il plaça au-dessus de Tordre et des lois de la nature (*) », c'est-à-dire sa présence perpétuelle et personnelle voilée à nos regards. Lorque l'archange Raphaël quitta Tobie et son fils en leur annonçant qu'ils ne le reverraient plus désormais sur la terre, ils demeurèrent « trois heures entières prosternés la face contre terre (2) ». Quelle doit donc être notre action de grâces après la sainte messe !
Je ne parle pas de la communion parce que je crois inutile d'insister sur ce point. Tout prêtre sait à ce sujet ce qu'aucune parole ne peut exprimer. La couleur et la douceur d'une chose ne peuvent être perçues ou goûtées par l'intelligence seule. Il faut, pour les apprécier, la vue et le toucher. C'est pourquoi le Saint- Esprit dit : « Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux (3). » Nous pouvons goûter d'abord et voir ensuite, mais par une vue intérieure qui n'a pas besoin de la lumière du jour et qui n'est pas limitée par les sens. Dans chaque communion nous devenons la chair de sa chair et les os de ses os et, si nos cœurs sont purs, nous devenons aussi le cœur de son cœur, la pensée de sa pensée, la volonté de sa volonté, l'esprit de son esprit. Nous ne sommes pas rétrécis en lui, mais nous le sommes en nous-mêmes. Si nos cœurs étaient disposés, comme ils peuvent et doivent l'être, par la contrition et la ferveur, la grâce sacramentelle d'une
i. Catech. Trid. ad Par., p. II, c. IV. 2.